La loi en veilleuse

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L’histoire de cet individu qui a insulté une policière en la traitant de tous les noms montre bien à quel point certains croient pouvoir tout se permettre. Personne, quelle que soit sa nationalité, sa couleur ou sa religion, n’a le droit de s’adresser ainsi à qui que ce soit, encore moins à une agente en devoir. Ce n’est pas de la liberté d’expression, c’est de l’injure pure et simple, et la loi existe précisément pour encadrer ce genre de débordements. Aucun policier ne devrait laisser passer une telle attitude, car elle encourage d’autres à faire la même chose.

Ce qui étonne, c’est que la policière n’a même pas appelé de renfort pour procéder à l’arrestation de cet homme. On est loin de l’époque où les policiers imposaient naturellement le respect, parfois trop, certes, mais où l’autorité avait au moins un poids réel. Aujourd’hui, on semble osciller entre l’abus d’autrefois et une forme de passivité qui laisse perplexe. Entre les deux, il existe pourtant un juste milieu : faire appliquer la loi, tout simplement. Quand un individu traite une policière de « sale pute » ou de « chienne », il franchit clairement les limites de l’acceptable, et cela n’a rien à voir avec la liberté d’expression.

Une autorité qui hésite à s’imposer

Pendant ce temps, le chef du SPVM préfère détourner le débat en invoquant des explications hasardeuses comme le masculinisme, plutôt que de rappeler un principe fondamental : une insulte grave envers un agent de la paix constitue une infraction sérieuse. Point. On peut se demander ce qui traverse l’esprit d’un chef de police lorsqu’il tolère que ses agents soient traités de cette manière sans réagir fermement.

Quel est l’objectif derrière cette attitude ? Comment peut‑on accepter que des policiers, censés représenter la loi, soient insultés en pleine rue sans que cela ne déclenche une intervention immédiate ? On se souvient d’ailleurs que Valérie Plante souhaitait désarmer les policiers et qu’elle a choisi M. Dagher comme chef du SPVM en 2023.

Une limite franchie sans conséquence

N’importe où ailleurs dans le monde, un individu qui s’adresserait ainsi à une policière, passerait un très mauvais quart d’heure. Ici, on a parfois l’impression que la crainte des réactions médiatiques paralyse l’intervention. Les policiers se retrouvent à observer des situations problématiques sans agir, comme si leur rôle se limitait désormais à distribuer des contraventions.

Il serait peut‑être temps de redonner aux agents les outils nécessaires pour faire leur travail correctement. Les caméras corporelles, par exemple, permettraient d’identifier plus rapidement l’individu dans cette affaire. Et soyons honnêtes : si un policier de deux mètres l’avait intercepté, l’homme n’aurait probablement pas eu le courage de jouer au plus fort.

On a l’impression que certaines tendances sociales récentes ont fragilisé les institutions à tous les niveaux, au point où l’autorité hésite désormais à s’affirmer, même lorsque la loi est clairement bafouée. Une situation qui, disons‑le, n’aide personne, sauf peut‑être ceux qui profitent de cette confusion pour tester les limites sans trop de conséquences.

Bref, si un citoyen peut insulter une policière en pleine rue sans qu’il ne se passe rien, on peut légitimement se demander à quoi servent encore les forces de l’ordre.

Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

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