Deux ambassadrices à bord du cargo-voilier de Café William

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SHERBROOKE — Des grains de café cultivés en Colombie et au Honduras sont présentement en route vers le Québec d’une manière plutôt inhabituelle. Plutôt que de traverser la mer à bord d’un porte-conteneurs conventionnel, une importante cargaison de Café William voyage principalement grâce au vent, à bord du Neoliner Origin. Et pour raconter cette traversée, l’entreprise sherbrookoise a fait monter à bord deux ambassadrices qui ont déjà fait de l’environnement leur terrain de jeu : Karishma Porwal et Macaila Wagner.

Ce voyage constitue la quatrième expérience de transport maritime à voile de Café William, mais il se déroule cette fois-ci à une tout autre échelle. Environ 1 000 tonnes de café vert provenant de coopératives biologiques et équitables de Colombie et du Honduras doivent rejoindre Montréal, avant de prendre la route de Sherbrooke pour y être torréfiées. Plus de 60 conteneurs sont concernés par l’opération.

Du café porté par le vent

L’idée de Café William ne date pas d’hier. Dès décembre 2023, l’entreprise avait fait transporter quatre conteneurs de café vert, soit environ 160 000 livres, à bord d’un voilier cargo depuis Santa Marta, en Colombie. L’objectif était alors de démontrer qu’il était possible de réduire considérablement l’utilisation des combustibles fossiles dans une chaîne d’approvisionnement qui, par définition, doit traverser des milliers de kilomètres. Le café ne poussant évidemment pas au Québec, le transport demeure incontournable.

Le projet a depuis pris de l’ampleur. Café William affirme vouloir intégrer le transport à voile à sa croissance, en complément d’autres changements apportés à ses installations de Sherbrooke, notamment la torréfaction industrielle à l’électricité.

Le Neoliner Origin est lui-même un drôle de géant des mers. Long de 136 mètres, il possède deux mâts et environ 3 000 mètres carrés de voilure. Contrairement à ce que l’expression « cargo à voile » pourrait laisser croire, le navire n’est toutefois pas complètement dépourvu de moteur. Le vent représente sa principale source de propulsion, mais un système diesel-électrique auxiliaire peut prendre le relais lorsque nécessaire, notamment pour respecter les horaires ou effectuer certaines manœuvres. Neoline vise ainsi une réduction de plus de 80 % de la consommation de carburant par rapport à un navire conventionnel comparable.

Pour cette expédition exceptionnelle, le navire a quitté son itinéraire transatlantique habituel afin de descendre jusqu’à Puerto Cortés, au Honduras, et Santa Marta, en Colombie, avant de remonter vers Montréal. Café William estime à une vingtaine de jours la portion maritime de l’aventure.

IMAGE TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK / CAFÉ WILLIAM

Karishma Porwal, raconter le climat autrement

Parmi les personnes qui accompagnent les grains durant une partie de leur voyage se trouve Karishma Porwal, mieux connue sur les réseaux sociaux sous le nom de « Climate Girl ».

La Torontoise s’est fait connaître en vulgarisant les questions liées aux changements climatiques et à l’environnement, avec une approche qui cherche généralement à s’éloigner du discours catastrophiste. Sur ses plateformes, elle s’intéresse autant aux habitudes de consommation qu’à la politique climatique, à la culture populaire ou à notre rapport avec la nature.

Son travail a d’ailleurs attiré l’attention du Center for Climate, Health, and the Global Environment de la Harvard T.H. Chan School of Public Health et de l’organisme Pique Action. En 2025, elle figurait parmi leurs « Climate Creators to Watch », une sélection de créateurs utilisant les réseaux sociaux pour rendre les changements climatiques plus compréhensibles et mettre davantage l’accent sur les solutions. Dans le cas de Porwal, les organisateurs soulignaient précisément sa capacité à utiliser la narration pour aborder autant la vie durable que notre fascination pour le monde naturel.

Ce profil explique assez naturellement sa présence sur le Neoliner Origin. L’enjeu n’est plus simplement de dire aux consommateurs qu’un café est transporté différemment, mais de montrer concrètement ce que signifie une traversée reposant largement sur l’énergie du vent. Karishma Porwal doit notamment documenter sur Instagram la portion caribéenne du trajet.

Macaila Wagner, de la conservation à la mer

Macaila Wagner arrive de son côté avec un profil davantage tourné vers la faune, les écosystèmes et l’aventure. Installée à Whistler, en Colombie-Britannique, elle se présente comme éducatrice environnementale et travaille à faire connaître au grand public différents projets de conservation.

Son travail repose beaucoup sur la vulgarisation. L’idée est de prendre des connaissances scientifiques parfois difficiles d’accès et d’en faire des histoires capables de susciter la curiosité du public plutôt qu’un simple défilement de données.

Cette approche lui a récemment valu une reconnaissance importante. En février 2026, Wagner a été choisie pour faire partie de la toute première cohorte de créateurs de National Geographic. Elle y est présentée comme une éducatrice environnementale et une narratrice spécialisée en conservation qui collabore avec des fondations et des organisations non gouvernementales. Sa spécialité : transformer des données scientifiques complexes en récits donnant envie au public d’apprendre, de s’intéresser à la nature et, éventuellement, d’agir.

Sur Instagram, où elle rassemble aujourd’hui plus de 300 000 abonnés, son univers tourne principalement autour de la conservation, des animaux sauvages, de la nature et du voyage. La traversée du café de Café William ajoute donc un nouvel élément à ce travail : celui du transport maritime et de son empreinte environnementale.

Une cargaison qui doit terminer son voyage à Sherbrooke

Derrière les voiles, les vidéos et les paysages des Caraïbes, la destination finale demeure bien terre à terre : Sherbrooke.

Après son arrivée à Montréal, le café vert prendra la direction de l’usine de Café William sur la rue Robert-Boyd. Les grains y seront ensuite torréfiés à l’électricité avant d’entreprendre la dernière partie, beaucoup plus conventionnelle, de leur parcours vers les consommateurs.

Pour Café William, cette traversée sert donc autant d’expérience logistique que de vitrine. En faisant monter Karishma Porwal et Macaila Wagner à bord, l’entreprise ne cherche manifestement pas seulement à transporter 1 000 tonnes de café : elle veut aussi raconter comment ces tonnes de café arrivent jusqu’à Sherbrooke.

Et, pour une fois, une partie de l’histoire s’écrit au rythme du vent.

Sources :

  • Café William — « Porté par le vent : de la ferme à la tasse », journal de bord et présentation de l’expédition 2026.
  • Café William — Annonce de la cargaison de 1 000 tonnes à bord du Neoliner Origin, 18 juin 2026.
  • Café William — Historique du premier transport de café par voilier cargo et présentation des initiatives environnementales.
  • Neoline — Présentation technique du Neoliner Origin et itinéraire spécial de l’expédition Café William.
  • Pique Action et Harvard Chan C-CHANGE — « Climate Creators to Watch 2025 », profil de Karishma Porwal.
  • Comptes publics et profil professionnel de Karishma Porwal, « Climate Girl ».
  • National Geographic — Présentation de Macaila Wagner dans la première Creator Cohort, février 2026.
  • Comptes publics et profil professionnel de Macaila Wagner.

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