Il y a quelque chose de cassé au Québec, et ce n’est plus subtil. On dirait un peuple qu’on a habitué à avaler n’importe quoi, tant que ça vient avec un ton professoral et un air de supériorité morale. On lui dit quoi penser, quoi croire, qui admirer, qui détester, et surtout qui traiter de fou dès qu’il ose poser une question qui sort du script officiel.
Certains Québécois se permettent de souhaiter la mort de certaines personnes tout en se réjouissant de la disparition de ceux qu’ils n’aiment pas, tout en se présentant comme moralement supérieurs. Ils n’hésitent pas à traiter d’autres de nazis sans jamais être remis à leur place par la justice.
Le débat public sous tension
On a vu des sujets explosifs être balayés comme des délires, des inquiétudes être ridiculisées, des citoyens être infantilisés. Le réflexe est devenu automatique : tu doutes, tu questionnes, tu observes une incohérence, et immédiatement on te colle l’étiquette de complotiste. Pas besoin d’argumenter, pas besoin d’écouter. Le mépris suffit. C’est devenu la monnaie d’échange du débat public.
Pendant ce temps, les mêmes institutions qui exigent une confiance aveugle accumulent les contradictions, les demi-vérités, les volte-face. Et les Québécois, eux, continuent de payer, littéralement. Tout coûte plus cher, tout fonctionne moins bien, tout prend plus de temps. On dirait un pays riche géré comme un vieux dépanneur mal tenu. Et quand quelqu’un ose dire que ça ne marche pas, on lui répond qu’il exagère, qu’il dramatise, qu’il ne comprend pas la complexité des choses. Bref : tais-toi et paie!
Symptômes d’une dérive
La dérive québécoise, c’est ça : un peuple qui se fait sermonner par ceux qui échouent à livrer le minimum. Un peuple qu’on traite comme un junior, mais à qui on demande de payer comme un senior exécutif. Un peuple qu’on accuse d’être ‘’ radicalisé ‘’ dès qu’il refuse de se faire marcher dessus. Un peuple qui se fait dire qu’il hallucine alors qu’il voit très bien que tout se détériore.
Et le plus triste, c’est que cette dérive n’est même plus politique. Elle est culturelle. Elle est devenue un réflexe collectif : se méfier de ceux qui doutent, se soumettre à ceux qui parlent fort, se diviser pour des slogans pendant que les vrais problèmes s’enracinent. On a troqué la vigilance pour la docilité, la discussion pour la caricature, la lucidité pour la peur d’être jugé.
Le Québec mérite mieux que cette infantilisation permanente. Mieux vaut encore que cette élite qui se croit brillante simplement parce qu’elle parle fort, regarde les autres de haut et s’affiche fièrement avec l’écusson de l’Agenda 2030. Mieux que cette population qu’on tente de dresser plutôt que de respecter. Mieux que cette atmosphère où penser autrement est devenu un acte suspect.
La dérive québécoise, ce n’est pas un accident. C’est le résultat d’années à traiter les citoyens comme des élèves turbulents. Et tôt ou tard, un peuple finit par se lasser d’être pris pour un imbécile. Cette dérive, qui semble s’inscrire dans une stratégie réfléchie, vise selon certains à renforcer le contrôle sur la population. En démantelant les structures existantes, ils pourraient reconstruire le monde à leur manière, et il est possible que le résultat ne convienne pas à tout le monde.
Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

