La CAQ sera-t-elle réélue?

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Pour une partie grandissante de la population, la politique québécoise ressemble à une pièce de théâtre dont on connaît déjà la fin. La CAQ, malgré huit ans de gouvernance contestée, semble bénéficier d’un réflexe de résignation collective.

L’arrivée de Christine Fréchette à la tête du parti n’a pas dissipé ce sentiment : elle l’a plutôt ravivé. Élue par environ 9 000 membres, elle a hérité du fauteuil de première ministre, sans véritable mandat populaire, et plusieurs estiment qu’elle s’est surtout appliquée à occuper la scène plutôt qu’à gouverner.

Ce qui frappe, ce n’est pas ce qu’elle fait, mais ce qu’elle ne fait pas. Les dossiers urgents s’empilent et les gestes concrets se font rares pour alléger le fardeau fiscal des citoyens. On a l’impression d’une cheffe qui joue le rôle de sa vie, qui récite les lignes partisanes, mais qui ne touche jamais au cœur du texte. L’abolition de la taxe carbone que tout le monde attend, en est l’exemple parfait : un levier politique puissant, soigneusement rangé dans un tiroir jusqu’à la prochaine campagne électorale.

Un simple changement de visage… ou une stratégie politique bien rodée ?

La CAQ remonte dans les sondages. Comme si le simple changement de visage suffisait à effacer les années de décisions impopulaires, de cafouillages administratifs et de promesses non tenues. Cette amnésie sélective alimente l’idée que la CAQ pourrait, encore une fois, capitaliser sur un électorat fatigué, désabusé, mais prêt à redonner les clés du pouvoir par réflexe plutôt que par conviction.

Le chèque de 500 $ : le moment où plusieurs ont compris la stratégie

Le précédent du chèque de 500 $ de François Legault plane toujours dans l’air. Pour plusieurs, ce geste a marqué un tournant : un gouvernement qui a su transformer une mesure ponctuelle en outil électoral redoutablement efficace. Le fait que cette stratégie ait été suivie d’une victoire majoritaire renforce l’idée que la CAQ a compris quelque chose de fondamental sur le comportement politique des Québécois. Les Québécois ont la mémoire d’un petit puceron. Et aujourd’hui, certains croient voir Fréchette et son entourage étudier avec attention les méthodes de figures influentes comme celle de Mark Carney, comme si la prochaine campagne se préparait déjà dans les coulisses.

Dans cette lecture, le Québec se retrouve prisonnier d’un cycle politique où l’apparence l’emporte sur l’action, où la communication supplante la gouvernance, et où un parti peut regagner du terrain sans avoir à démontrer qu’il a appris de ses erreurs. Une démocratie qui tourne en rond, non pas par manque d’alternatives, mais par manque d’exigence envers ceux qui aspirent à la diriger. Si les politiciens payaient réellement le prix de leurs erreurs, la politique cesserait d’être un terrain de jeu et deviendrait enfin un lieu de responsabilité.

En observant les tactiques électorales du Parti libéral fédéral, qui a réussi à se faire réélire malgré une décennie de turbulences, certains se demandent si la CAQ pourrait recycler les mêmes recettes pour se frayer un chemin vers une nouvelle victoire. Je serais prêt à parier que oui.

Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

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