Quatre Sherbrookoises se mobilisent pour améliorer le sort des chats errants

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SHERBROOKE – Maryse, Marie-Pier, Manon et Michèle ont décidé de faire de la situation des chats errants une affaire citoyenne. Issues de parcours différents dans le sauvetage, l’accueil et les soins aux animaux, les quatre Sherbrookoises sont aujourd’hui réunies au sein de l’Alliance pour nos chats communautaires Sherbrooke, un regroupement qui souhaite notamment agir en amont sur la surpopulation féline.

Leur engagement a récemment été souligné dans un « portrait de citoyennes engagées » publié dans le groupe public Mobilisation citoyenne pour la protection animale au Québec. Leur histoire est celle d’une mobilisation qui, au départ, ne devait pas nécessairement mener à la création d’un mouvement structuré.

D’une marche à une alliance citoyenne

Maryse, Marie-Pier, Manon et Michèle se sont d’abord réunies autour de l’organisation de la Grande marche pour les chats errants, une mobilisation qui s’est tenue le 4 avril dernier dans plusieurs villes du Québec, dont Sherbrooke.

De cette expérience est née l’Alliance pour nos chats communautaires Sherbrooke. Le regroupement cherche aujourd’hui à réunir citoyens, organismes et acteurs du milieu autour de différentes pistes de solution : la stérilisation, l’identification des animaux, la sensibilisation du public et une meilleure prise en considération des chats dits « communautaires ».

Cette dernière expression sert généralement à désigner des chats qui vivent sans propriétaire clairement identifié et qui fréquentent un secteur, une colonie ou un voisinage où des citoyens peuvent notamment les nourrir ou veiller sur eux. Pour les personnes engagées dans cette cause, intervenir seulement lorsqu’une portée de chatons est découverte ne suffit pas : il faut également limiter les naissances et les abandons.

Des interventions jusqu’au conseil municipal

Depuis la création de l’Alliance, les quatre femmes ont multiplié les démarches. Selon le portrait publié à leur sujet, elles sont notamment intervenues devant le conseil municipal de Sherbrooke, ont participé au Salon national des animaux de compagnie (SNAC) et à différentes activités de sensibilisation.

Elles accompagnent également des citoyens qui découvrent un chat errant ou une portée de chatons et qui ne savent pas nécessairement vers quelles ressources se tourner.

Toujours selon cette publication, des recommandations formulées par le regroupement seraient maintenant étudiées par la Ville de Sherbrooke. L’objectif est d’aller au-delà du sauvetage individuel des animaux pour favoriser une approche davantage axée sur la prévention et la collaboration.

Sherbrooke possède déjà une réglementation concernant les animaux domestiques. La Ville indique notamment que les chats gardés dans une habitation doivent être stérilisés, à l’exception d’un seul. Les chiens et les chats confiés à l’adoption par la SPA de l’Estrie, un refuge ou une animalerie doivent également être stérilisés. Une licence est aussi exigée pour les chats ayant un gardien, sauf notamment pour ceux vivant sur une exploitation agricole.

Une problématique qui dépasse Sherbrooke

La mobilisation sherbrookoise s’inscrit dans un mouvement qui dépasse largement les frontières de la ville. Une pétition présentée à l’Assemblée nationale du Québec ce printemps demandait au gouvernement d’intervenir contre la surpopulation féline.

Les signataires réclamaient notamment la stérilisation des chats ayant un propriétaire à coût réduit, la stérilisation gratuite des chats errants, une aide financière aux municipalités, l’identification obligatoire par micropuce ainsi qu’une campagne québécoise de sensibilisation à l’adoption responsable. La pétition a recueilli 8 614 signatures avant sa fermeture et a été déposée à l’Assemblée nationale le 7 mai.

Le problème n’est d’ailleurs pas nouveau. Une autre pétition déposée en 2018 demandait déjà au gouvernement québécois de reconnaître les chats errants comme des « chats de la communauté » et de reconnaître le rôle des citoyens qui leur fournissent nourriture, eau et abri. Elle avait recueilli 5 101 signatures.

Prévenir plutôt que toujours intervenir en urgence

Pour Maryse, Marie-Pier, Manon et Michèle, l’expérience acquise sur le terrain leur a surtout montré que la compassion envers les animaux doit être accompagnée de mesures concrètes. La stérilisation permet notamment d’intervenir à la source en empêchant la naissance de nouvelles portées qui risquent à leur tour de se retrouver sans foyer.

Leur démarche repose également sur la sensibilisation. Une personne qui trouve des chatons peut être tentée de simplement les recueillir ou de les faire adopter. Or, si la chatte qui leur a donné naissance demeure dans le secteur sans être stérilisée, le problème peut rapidement recommencer.

Les quatre citoyennes insistent donc sur la nécessité de documenter les situations, de proposer des solutions réalistes et de créer des liens entre les personnes qui interviennent sur le terrain.

« Ce sont souvent les réalités humaines et animales qui permettent de sensibiliser et de mobiliser les communautés », peut-on lire dans le portrait qui leur est consacré.

Pour elles, une communauté qui prend soin de ses animaux contribue également à faire vivre des valeurs « de solidarité, de responsabilité et de respect du vivant ».

À Sherbrooke, ce qui avait commencé par l’engagement de quelques citoyennes est ainsi devenu une démarche organisée qui cherche désormais à faire évoluer les pratiques entourant les chats errants — un animal à la fois, mais aussi en tentant d’agir sur les causes du problème.

Sources :

  • Publication publique de Mobilisation citoyenne pour la protection animale au Québec, « Portrait de citoyennes engagées : Alliance chats errants Sherbrooke », août 2026.
  • Ville de Sherbrooke, réglementation municipale concernant la garde, les licences et la stérilisation des animaux.
  • Assemblée nationale du Québec, pétition « Demande visant à mettre fin à la surpopulation féline au Québec », 2026.
  • Assemblée nationale du Québec, dépôt de la pétition de 8 614 signatures, 7 mai 2026.
  • Assemblée nationale du Québec, pétition « Protection des chats errants », 2018.

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