Québec lance sa première politique en médecine génomique

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MONTRÉAL – Le gouvernement du Québec souhaite accélérer l’intégration de la médecine génomique dans le réseau de la santé. La ministre de la Santé et ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Sonia Bélanger, a annoncé lundi le lancement de la première Politique québécoise en médecine génomique, accompagnée d’un investissement initial de 2,5 millions de dollars.

Cette politique vise à développer des soins plus précis, plus personnalisés et mieux adaptés au profil de chaque patient. La médecine génomique utilise les informations contenues dans l’ADN afin de mieux comprendre certaines maladies, d’améliorer les diagnostics et d’orienter les patients vers les traitements les plus efficaces.

Le gouvernement soutient que cette approche est appelée à jouer un rôle croissant dans plusieurs domaines, notamment en cancérologie, dans le traitement des maladies rares et en médecine préventive. L’objectif est d’offrir « le bon traitement, au bon moment », en fonction des caractéristiques propres à chaque personne.

Des investissements ciblés

Le financement annoncé servira à appuyer plusieurs initiatives déjà identifiées. Une somme de 200 000 $ sera consacrée au développement du profilage génomique large en cancérologie, une approche permettant de repérer davantage d’altérations génétiques afin de mieux orienter les traitements.

Le gouvernement prévoit aussi 1,2 million de dollars pour le financement des tests compagnons. Ces tests permettent de déterminer si un patient est susceptible de bien répondre à une thérapie donnée, ce qui peut faciliter l’accès à certains traitements innovants.

Une enveloppe de 253 800 $ servira à la création d’un programme de bourses destiné aux généticiens et généticiennes de laboratoire clinique certifiés. Québec souhaite ainsi renforcer l’expertise dans le réseau public.

La politique prévoit également 160 000 $ pour développer l’offre de prélèvement buccal, une méthode moins invasive et plus accessible pour les patients. Une autre somme de 750 000 $ sera investie dans l’exploitation des données génomiques au Québec, notamment pour accélérer le développement d’outils permettant d’analyser et d’interpréter les données issues du séquençage de l’ADN.

Une vision sur dix ans

Selon Québec, cette politique servira de feuille de route pour les dix prochaines années. Elle doit permettre de structurer le développement de la médecine génomique dans l’ensemble du réseau de la santé, tout en assurant un accès plus équitable à ces nouvelles approches, peu importe la région où vivent les patients.

Le gouvernement souhaite aussi rapatrier au Québec certaines analyses actuellement réalisées à l’extérieur de la province. Cette mesure pourrait, selon lui, générer des gains d’efficacité et permettre de réinvestir dans les capacités du réseau public.

Près de 40 000 analyses sont déjà effectuées chaque année dans les laboratoires publics québécois grâce au Réseau québécois de diagnostic moléculaire. La nouvelle politique vise à consolider ces acquis et à mieux encadrer les prochaines étapes.

Parmi les projets appelés à prendre de l’ampleur, Québec mentionne notamment le déploiement des biopsies liquides en cancérologie et la participation à un projet pancanadien de séquençage du génome complet.

Données sensibles et accès aux soins

L’intégration de la génomique dans le réseau de la santé soulève aussi des enjeux importants, notamment en matière de protection des données, de sécurité de l’information et d’utilisation des données cliniques. Le gouvernement affirme vouloir mettre en place une infrastructure intégrée de données génomiques afin d’assurer leur qualité, leur sécurité et leur utilisation optimale.

Un plan d’action ministériel doit être élaboré en collaboration avec Santé Québec afin de préciser les étapes de mise en œuvre de la politique et les priorités des prochaines années.

Pour la ministre Sonia Bélanger, cette première politique marque une étape importante vers une nouvelle génération de soins. Elle estime que la médecine génomique permettra de mieux prévenir certaines maladies, de poser des diagnostics plus rapidement et d’offrir des traitements mieux ciblés.

Avec cette annonce, Québec dit vouloir placer l’innovation médicale au service des patients, tout en préparant le réseau de la santé à une transformation appelée à prendre de plus en plus de place dans les prochaines années.

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