La Saint-Jean Baptiste : une fête nationale à taille humaine

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SHERBROOKE – Le 24 juin marque la Fête nationale du Québec. Pas une date issue d’une bataille victorieuse, d’une guerre ou encore d’une déclaration d’indépendance, mais celle où l’on célébrait jadis un saint, soit Jean le Baptiste. C’est en 1834, lors d’un banquet organisé par ce qui est devenu la Société Saint-Jean-Baptiste que l’on connaît aujourd’hui, que Ludger Duvernay et ses hôtes ont décrété cette date, qui continue d’être célébrée malgré tout ce temps.

La fête est célébrée chaque année depuis bientôt 200 ans. Certaines traditions subsistent, même si elles ont changé en intensité au cours des dernières années. On se souvient tous des célèbres feux de la Saint-Jean-Baptiste lorsque nous étions jeunes. On se souvient aussi de ces fous qui mettaient carrément des pneus pour nourrir le feu en question. Heureusement, cela n’est plus possible en raison des règlements visant à protéger l’environnement.

Mais ces feux sont allumés depuis une époque très lointaine, avant même que le Québec n’existe sur la carte. Car en effet, allumer des feux au solstice d’été, lors des journées les plus longues de l’année, remonterait à l’époque païenne. De nombreux peuples ont pour tradition d’allumer des feux pour la Saint-Jean, notamment les Suédois et les Catalans. Cette tradition n’est qu’une parmi d’autres.

On a aussi le célèbre défilé avec ses chars allégoriques. Chaque année se produit cet inévitable événement, avec ses chars thématiques et la représentation géante de figures historiques, politiques et artistiques. Évidemment, chaque défilé est commenté, décortiqué, et même placé sous le feu des projecteurs en raison d’une polémique.

Parlons-en, de la polémique. Chaque année, le spectacle de la Saint-Jean est scruté, à la manière du Bye Bye, pour y trouver ce qu’on ne voit pas, ou ce qu’on veut bien y voir. Cependant, c’est le spectacle sur les plaines qui est commenté dans les médias, et non pas l’une des centaines de fêtes de quartier animées par des groupes locaux et des bénévoles.

Ces célébrations de quartier, qui rassemblent petits et grands, sont l’un des grands événements festifs qu’un voisinage organisera. Des hot-dogs et de la bière seront servis, et tous les classiques de la musique québécoise seront joués par des groupes, allant du plus célèbre au groupe local de chums qui se réunit pour l’occasion.

En 2026, les célébrations prendront un air particulier, alors que l’on saluera la mémoire de Serge Fiori, parti l’année dernière lors de notre fête nationale. Le chanteur et son groupe Harmonium auront donné au Québec quelques-unes des plus belles chansons d’un répertoire qui continue de se perpétuer.

La Saint-Jean-Baptiste, ou Fête nationale des Québécois dans sa version laïque, est aussi l’occasion de montrer une partie de notre culture et ce qui fait la cohésion du peuple québécois à l’ère de l’atomisation sociale, à tous ceux qui viennent d’ici ou d’ailleurs. Elle est aussi l’occasion de faire flotter notre fleurdelisé, l’un des symboles les plus reconnaissables de notre présence collective en Amérique, et classé parmi les plus beaux drapeaux provinciaux et étatiques du continent par l’Association nord-américaine de vexillologie, l’étude des drapeaux.

Même si le Québec continue de vivre des difficultés, soyons fiers du chemin parcouru, et souhaitons à tous une bonne fête nationale. Profitez-en pour aller voir les petites fêtes de quartier à Sherbrooke, notamment celles de Rock Forest et de Brompton. Ou bien profitez de celle de la rue Wellington Nord. C’est gratuit.

Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

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