La Coalition Avenir Québec a choisi de miser sur un visage bien connu du milieu juridique pour tenter de conserver la circonscription de Richmond. Le professeur de droit Guillaume Rousseau portera les couleurs du parti lors de la prochaine élection provinciale, succédant ainsi au député André Bachand, qui a annoncé son retrait de la vie politique.
Pour plusieurs Québécois, son nom est déjà familier. Depuis de nombreuses années, Guillaume Rousseau intervient régulièrement dans les médias pour expliquer des questions touchant la Constitution canadienne, la langue française, la laïcité ou encore les pouvoirs du Québec. Cette fois, le professeur de l’Université de Sherbrooke ne commentera plus l’actualité politique de l’extérieur. Il sollicitera lui-même la confiance des électeurs.
Son arrivée sous la bannière caquiste représente un choix stratégique pour le parti. Dans une circonscription où la course s’annonce disputée, la CAQ mise sur un candidat reconnu pour son expertise et déjà bien établi en Estrie.
Du milieu universitaire à la politique active
Professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, Guillaume Rousseau a consacré l’essentiel de sa carrière à l’enseignement, à la recherche et à la vulgarisation du droit.
Après des études à l’Université de Sherbrooke, il a poursuivi une maîtrise à l’Université McGill avant de compléter un doctorat réalisé en collaboration avec l’Université Laval et l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Ses recherches portent principalement sur le droit constitutionnel, la protection du français, les institutions publiques et la laïcité. Au fil des années, il est devenu une référence dans ces domaines, publiant plusieurs ouvrages et participant à de nombreuses conférences au Québec comme à l’international.
Son expertise l’a également amené à intervenir fréquemment dans les médias. Chaque fois que des débats surgissaient autour de la Loi sur la laïcité de l’État, de la Charte de la langue française ou des relations entre Québec et Ottawa, son analyse figurait parmi celles recherchées pour aider le public à mieux comprendre les enjeux.
Son engagement dépasse toutefois le cadre universitaire. En Estrie, il a contribué à la création de Juripop, un organisme qui facilite l’accès à la justice en offrant des services juridiques à coût abordable. Une implication qui reflète sa volonté de rendre le droit plus accessible et plus concret pour les citoyens.
La politique n’est pas non plus un univers inconnu pour Guillaume Rousseau. En 2018, il avait été candidat du Parti québécois dans Sherbrooke. Sans réussir à se faire élire, cette campagne lui avait permis d’acquérir une première expérience sur le terrain.
Depuis, ses travaux et son expertise l’ont amené à collaborer sur différents dossiers liés notamment à la langue française, à la laïcité et au droit constitutionnel. Au fil des années, son rapprochement avec le gouvernement de François Legault est devenu de plus en plus évident, jusqu’à l’annonce de sa candidature sous les couleurs de la Coalition Avenir Québec.
Un défi de taille dans Richmond
Cette candidature retiendra certainement l’attention pendant la campagne électorale. Guillaume Rousseau devra notamment expliquer son passage du Parti québécois à la Coalition Avenir Québec, deux formations qui partagent certaines priorités, notamment en matière de défense du français et d’affirmation nationale, mais qui proposent aussi des approches différentes sur plusieurs dossiers.
Pour la CAQ, le pari semble clair. Le parti présente un candidat dont la réputation s’est construite bien avant son arrivée en politique. Son profil universitaire, sa connaissance des institutions québécoises et sa présence régulière dans l’espace public en font un candidat différent de ceux que l’on retrouve habituellement sur la scène politique.
Reste maintenant à convaincre les électeurs de Richmond.
Une campagne électorale ne se gagne pas uniquement grâce à un parcours impressionnant. Les citoyens voudront connaître ses engagements pour la région, sa vision du développement économique, des services publics et des priorités locales.
Une chose ressort néanmoins de cette candidature : après avoir consacré une bonne partie de sa carrière à expliquer les lois et les décisions gouvernementales, Guillaume Rousseau souhaite désormais participer directement à leur élaboration.
Les prochains mois permettront de voir si les électeurs de Richmond choisiront de confier ce mandat à l’un des juristes les plus connus du Québec.
Sources : Université de Sherbrooke, Presses de l’Université Laval, Le Collectif

