L’Université de Sherbrooke et l’Université Queen’s franchissent une nouvelle étape dans le développement des technologies de pointe au pays en annonçant un partenariat stratégique en sciences quantiques et en intelligence artificielle. L’objectif est de contribuer à la création d’un écosystème canadien de calcul avancé capable de soutenir la recherche, l’innovation et la croissance de l’économie numérique tout en renforçant la souveraineté technologique du Canada.
L’entente repose sur la mise en commun d’expertises reconnues à l’échelle nationale et internationale. D’un côté, l’Université de Sherbrooke apporte son leadership dans le domaine quantique, développé notamment grâce aux travaux de son Institut quantique. De l’autre, l’Université Queen’s met de l’avant son expertise en supercalcul et en infrastructures informatiques de très haute performance.
Les deux établissements souhaitent contribuer à la création d’une infrastructure nationale capable de marier les technologies quantiques émergentes aux capacités de calcul intensif nécessaires au développement de l’intelligence artificielle moderne.
Une alliance autour de technologies stratégiques
Dans un contexte où les capacités de calcul deviennent un enjeu économique et technologique majeur, les deux universités estiment que la collaboration entre les établissements de recherche canadiens sera essentielle pour permettre au pays de demeurer compétitif.
Le partenariat vise notamment à accélérer le développement d’un écosystème national de calcul capable de soutenir autant la recherche fondamentale que l’innovation industrielle. Les retombées potentielles touchent plusieurs secteurs stratégiques, dont la santé, l’énergie propre, la sécurité, la fabrication avancée, les technologies à double usage ainsi que la sécurité publique.
« Le développement des capacités de calcul du Canada repose sur la collaboration entre établissements et disciplines. Nous sommes heureux de travailler avec l’UdeS, un leader mondial en recherche et technologies quantiques, afin de faire progresser et de pérenniser un écosystème canadien souverain en matière de calcul. Cette collaboration s’inscrit dans la lancée de notre partenariat avec l’Université Simon Fraser pour renforcer l’infrastructure nationale de supercalcul en IA. En réunissant des expertises de pointe en supercalcul et en technologies quantiques, nous contribuons à la création d’un écosystème national qui accélérera les découvertes, renforcera la souveraineté numérique du Canada et soutiendra l’innovation au bénéfice des chercheurs, de l’industrie et du secteur public. »
– Nancy Ross, vice-principale à la recherche, Université Queen’s
Sherbrooke mise sur son expertise en quantique
Pour l’Université de Sherbrooke, cette collaboration vient confirmer le rôle grandissant qu’elle joue dans un secteur considéré comme stratégique pour les prochaines décennies. Depuis plusieurs années, l’établissement sherbrookois s’est imposé comme l’un des principaux centres de recherche quantique au Canada, attirant chercheurs, étudiants et partenaires industriels provenant d’ici et d’ailleurs.
L’Institut quantique de l’UdeS est aujourd’hui reconnu comme un pôle d’excellence consacré au développement des sciences et technologies quantiques. Les travaux qui y sont réalisés touchent notamment les communications sécurisées, les technologies de cryptographie de nouvelle génération et le développement d’algorithmes quantiques capables de repousser les limites des systèmes informatiques actuels.
Dans le cadre de cette nouvelle collaboration, l’Université de Sherbrooke pilotera notamment le développement d’algorithmes quantiques, de solutions de communications sécurisées et de cryptographie post-quantique. Ces technologies sont appelées à jouer un rôle central dans les infrastructures numériques du futur.
Des infrastructures conçues pour l’avenir
L’établissement sherbrookois mettra également à profit une expertise qui le distingue déjà à l’échelle canadienne c’est à dire la conception et l’exploitation de centres de données hybrides quantiques reconnus pour leur efficacité énergétique.
Cette approche prend une importance particulière alors que les besoins énergétiques liés à l’intelligence artificielle augmentent rapidement partout dans le monde. Les partenaires souhaitent ainsi développer des architectures de calcul performantes tout en réduisant leur consommation énergétique.
« Cette collaboration consolide le positionnement international de l’UdeS comme pôle d’excellence en technologies quantiques et en innovation numérique. L’UdeS mettra à profit son expertise en gestion de l’énergie, récupération de chaleur et résilience des infrastructures numériques afin de favoriser des centres de données plus durables et plus efficaces pour la souveraineté numérique du Canada. »
– Professeur Vincent Aimez, vice-recteur aux partenariats, à la valorisation et au développement durable, UdeS
Un superordinateur parmi les plus puissants au monde?
Le partenariat s’appuie également sur un projet d’envergure porté par l’Université Queen’s. L’établissement souhaite accueillir un superordinateur en intelligence artificielle qui pourrait figurer parmi les dix plus performants au monde dans sa catégorie.
Le projet est actuellement proposé dans le cadre du Programme d’infrastructure de calcul souverain en IA du gouvernement fédéral. Les résultats du processus de sélection sont attendus vers la fin de l’année 2026.
Les superordinateurs en intelligence artificielle permettent de traiter d’immenses quantités de données et de soutenir l’entraînement des modèles les plus avancés. Ils constituent aujourd’hui des outils essentiels dans plusieurs secteurs de recherche et d’innovation.
L’informatique quantique pourrait quant à elle transformer la façon dont certains problèmes complexes sont abordés. En traitant simultanément un très grand nombre de variables, ces systèmes ont le potentiel de résoudre certaines problématiques beaucoup plus efficacement que les ordinateurs conventionnels.
Une occasion de consolider le leadership canadien
L’annonce s’inscrit dans un mouvement plus large visant à renforcer les capacités canadiennes dans des secteurs technologiques jugés stratégiques. Plus tôt cette année, l’Université Queen’s avait déjà annoncé une collaboration avec l’Université Simon Fraser afin de développer une capacité nationale de supercalcul.
L’ajout de l’Université de Sherbrooke à cet écosystème permet désormais de réunir certaines des expertises les plus avancées du pays en intelligence artificielle, en technologies quantiques, en calcul haute performance et en efficacité énergétique.
Pour Sherbrooke, cette entente représente également une reconnaissance du travail accompli au cours des dernières années dans le domaine quantique. Alors que plusieurs pays investissent massivement dans l’intelligence artificielle et les technologies de prochaine génération, l’Université de Sherbrooke se retrouve une fois de plus au cœur d’un projet qui pourrait contribuer à façonner l’avenir numérique du Canada.
Source : Université de Sherbrooke

