Une nouvelle recherche révèle un lien entre la santé bucco-dentaire et les lésions cérébrales liées au vieillissement.
Une étude publiée le 22 octobre 2025 dans la revue Neurology Open Access de l’American Academy of Neurology suggère que les personnes atteintes de maladies des gencives présentent davantage de signes de dommages dans la substance blanche du cerveau — un tissu essentiel à la communication entre les différentes régions cérébrales.
Les chercheurs ont découvert que les adultes souffrant de maladie parodontale affichaient plus de “hyperintensités de la substance blanche”, des taches lumineuses visibles à l’imagerie cérébrale et associées à des micro-lésions du tissu nerveux. Ces altérations sont souvent liées à des troubles de la mémoire, de la coordination et à un risque accru d’accident vasculaire cérébral (AVC).
Des lésions cérébrales subtiles mais mesurables
L’étude a porté sur 1 143 adultes âgés en moyenne de 77 ans, dont 800 présentaient une maladie des gencives confirmée lors d’un examen dentaire. Tous ont subi des examens d’imagerie par résonance magnétique (IRM) afin d’évaluer la santé des petits vaisseaux sanguins du cerveau.
Les résultats sont frappants : les participants atteints de maladie parodontale présentaient en moyenne 2,83 % de leur volume cérébral affecté par des hyperintensités, contre 2,52 % chez ceux sans atteinte gingivale.
Après avoir pris en compte d’autres facteurs de risque comme l’âge, la pression artérielle, le diabète, le tabagisme et le sexe, les chercheurs ont constaté que les personnes ayant une maladie des gencives avaient 56 % plus de risque de se retrouver dans le groupe le plus touché par ces lésions cérébrales.
Une inflammation chronique qui pourrait remonter jusqu’au cerveau
Les scientifiques avancent l’hypothèse que l’inflammation chronique dans la bouche pourrait perturber la santé des vaisseaux sanguins du cerveau.
« Cette étude montre un lien entre la maladie parodontale et les dommages de la substance blanche, suggérant que la santé bucco-dentaire pourrait jouer un rôle dans la santé cérébrale que nous commençons à peine à comprendre », explique le Dr Souvik Sen, auteur principal et professeur à l’Université de Caroline du Sud.
Bien que l’étude ne démontre pas un lien de causalité directe, elle renforce l’idée qu’une inflammation persistante — même localisée dans la cavité buccale — pourrait avoir des effets systémiques sur le cerveau et le système vasculaire.
Une raison de plus pour soigner ses gencives
Selon les chercheurs, ces résultats ajoutent un argument supplémentaire en faveur d’une bonne hygiène dentaire : se brosser les dents deux fois par jour, passer la soie dentaire et effectuer des visites régulières chez le dentiste pourraient contribuer à préserver non seulement les dents, mais aussi les capacités cognitives à long terme.
« La maladie des gencives est évitable et traitable », souligne le Dr Sen.
« Si de futures études confirment ce lien, cibler l’inflammation buccale pourrait devenir une nouvelle stratégie pour réduire les maladies des petits vaisseaux cérébraux. »
Des implications majeures pour le vieillissement cérébral
Les hyperintensités de la substance blanche augmentent naturellement avec l’âge et sont considérées comme un marqueur de fragilité cérébrale. Elles ont été associées à la démence vasculaire, à la dépression tardive et à des troubles de la marche.
Cette étude ouvre donc une piste prometteuse : un simple soin des gencives pourrait, à long terme, faire partie des moyens de prévention du déclin cognitif.
Même si les chercheurs rappellent que leurs observations devront être confirmées par des études longitudinales, ils espèrent que cette découverte encouragera davantage la prévention dentaire comme mesure de santé publique.
🧠 En résumé :
- Les maladies des gencives sont associées à plus de lésions dans la substance blanche du cerveau.
- Ces micro-lésions sont liées à des troubles cognitifs et moteurs.
- L’inflammation buccale chronique pourrait jouer un rôle clé dans la santé des vaisseaux cérébraux.
- Maintenir une bonne hygiène dentaire pourrait donc aider à protéger le cerveau en vieillissant.
Source :
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American Academy of Neurology
Étude : “Periodontal Disease Independently Associated With White Matter Hyperintensity Volume” — Neurology Open Access, octobre 2025.
DOI : 10.1212/WN9.0000000000000037

