SHERBROOKE – Le nombre de plaintes déposées aux normes du travail par les jeunes de 15 à 24 ans a augmenté de façon marquée entre 2020 et 2024 pour plusieurs des principaux motifs recensés par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).
C’est ce qui ressort du Portrait des jeunes travailleuses et travailleurs de 24 ans et moins – 2024, un document officiel de la CNESST publié en décembre 2025. Les chiffres diffusés récemment par l’organisme estrien Illusion Emploi-Estrie proviennent du tableau 7.1 de ce rapport, consacré aux plaintes déposées aux Normes du travail.
Les plaintes pécuniaires demeurent les plus nombreuses
Les plaintes de nature pécuniaire constituent toujours, parmi les catégories présentées, le principal motif de recours chez les 15 à 24 ans.
La CNESST en comptabilisait 1 887 en 2020, contre 2 158 en 2024. Il s’agit d’une augmentation de 271 plaintes, ou 14,4 %, en quatre ans. Elles représentaient 40,5 % de l’ensemble des plaintes déposées par les jeunes auprès des Normes du travail en 2024.
Une hausse de 42 % pour les pratiques interdites
Les plaintes associées à une pratique interdite sont pour leur part passées de 641 en 2020 à 912 en 2024.
Cela représente également 271 plaintes supplémentaires, mais, puisque leur nombre initial était beaucoup moins élevé, l’augmentation atteint 42,3 %.
Les congédiements sans cause juste en forte progression
La progression est encore plus importante du côté des plaintes pour congédiement sans cause juste et suffisante.
Leur nombre est passé de 737 en 2020 à 1 184 en 2024, une augmentation de 447 plaintes. En proportion, il s’agit d’une hausse de 60,7 % en quatre ans.
Cette catégorie représentait ainsi 22,2 % des plaintes déposées par les 15 à 24 ans en 2024, contre 18,3 % en 2020.
Les plaintes pour harcèlement ont plus que doublé
C’est toutefois dans la catégorie du harcèlement psychologique ou sexuel que l’augmentation est la plus spectaculaire.
La CNESST recensait 326 plaintes en 2020 chez les 15 à 24 ans. Quatre ans plus tard, leur nombre atteignait 670.
Il s’agit de 344 plaintes supplémentaires, pour une augmentation de 105,5 %. Autrement dit, le nombre de plaintes de jeunes pour harcèlement psychologique ou sexuel a plus que doublé entre 2020 et 2024.
Évolution des quatre catégories présentées
| Type de plainte | 2020 | 2024 | Variation |
|---|---|---|---|
| Pécuniaire | 1 887 | 2 158 | +14,4 % |
| Pratique interdite | 641 | 912 | +42,3 % |
| Congédiement sans cause juste et suffisante | 737 | 1 184 | +60,7 % |
| Harcèlement psychologique ou sexuel | 326 | 670 | +105,5 % |
Ces données montrent donc une augmentation dans chacune des quatre catégories mises de l’avant par Illusion Emploi-Estrie, avec une progression particulièrement prononcée pour le harcèlement et les congédiements sans cause juste et suffisante.
D’où viennent ces chiffres?
La source originale n’est pas un sondage réalisé par Illusion Emploi-Estrie. Les chiffres proviennent directement de la CNESST, plus précisément du rapport Portrait des jeunes travailleuses et travailleurs de 24 ans et moins – 2024. Le tableau 7.1 du document présente le nombre de plaintes déposées aux Normes du travail selon l’âge de la personne plaignante et le type de demande, pour 2020 et 2024.
La CNESST précise par ailleurs que les données concernant les demandes déposées aux Normes du travail proviennent de ses propres banques de données administratives. Elles ne reposent donc pas sur une estimation ou sur un échantillon de répondants.
Source
Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), Portrait des jeunes travailleuses et travailleurs de 24 ans et moins – 2024, tableau 7.1, publié en décembre 2025.

