Plus du quart des Québécois sont proches aidants

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SHERBROOKE – Au Québec, plus d’une personne sur quatre âgée de 15 ans et plus agit comme proche aidante. Selon les premiers résultats de l’Enquête québécoise sur la santé et le bien-être des personnes proches aidantes 2024-2025, menée par l’Institut de la statistique du Québec, 27 % des Québécois et Québécoises offrent de l’aide ou du soutien à une personne de leur entourage. Cela représente environ 2 076 000 personnes.

La proche aidance est donc loin d’être un phénomène marginal. Elle touche des familles, des travailleurs, des retraités, des jeunes adultes et des personnes âgées, souvent dans un contexte où les besoins augmentent avec le vieillissement de la population.

Une aide surtout destinée aux personnes âgées

La majorité des personnes proches aidantes soutiennent une personne âgée de 65 ans et plus. C’est le cas de 71 % d’entre elles. Ce constat illustre l’importance grandissante de la proche aidance dans une société où les besoins liés au vieillissement, à la perte d’autonomie et aux maladies chroniques deviennent de plus en plus présents.

Une personne proche aidante peut accomplir plusieurs tâches : accompagner un proche à ses rendez-vous, faire les courses, aider dans les démarches administratives, préparer des repas, entretenir la maison ou encore offrir une présence et un soutien moral. Il ne s’agit ni d’un travail rémunéré ni d’une activité bénévole encadrée, mais bien d’un soutien offert à une personne de son entourage.

Les femmes davantage concernées

L’enquête révèle aussi que les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à agir comme proches aidantes. Au Québec, 30 % des femmes de 15 ans et plus occupent ce rôle, comparativement à 25 % des hommes.

L’écart n’est pas négligeable. Il rappelle que la responsabilité du soin, de l’accompagnement et du soutien familial repose encore souvent davantage sur les femmes, même si les hommes sont eux aussi nombreux à jouer ce rôle.

Les 45 à 64 ans au cœur de la proche aidance

Les personnes âgées de 45 à 64 ans représentent la plus grande part des proches aidants, soit environ 40 %. Cette tranche d’âge est souvent prise entre plusieurs responsabilités : emploi, famille, enfants plus jeunes ou devenus adultes, parents vieillissants, et parfois petits-enfants.

La répartition des proches aidants selon l’âge montre toutefois que toutes les générations sont touchées. Les 15 à 29 ans représentent 13 % des personnes proches aidantes, les 30 à 44 ans en représentent 21 %, tandis que les 65 ans et plus comptent pour 25 %.

La majorité des proches aidants travaillent

Contrairement à l’image parfois associée à la proche aidance, la plupart des personnes proches aidantes ne sont pas à la retraite. L’Institut de la statistique du Québec indique que 59 % d’entre elles ont le travail comme occupation principale.

Cette donnée met en lumière un défi important : concilier les responsabilités professionnelles avec l’aide offerte à un proche. Pour plusieurs, la proche aidance s’ajoute à un horaire déjà chargé. Elle peut exiger des déplacements, des appels, de la planification, des absences ponctuelles au travail ou une charge mentale constante.

Des heures nombreuses, parfois très exigeantes

Pour une majorité de proches aidants, l’aide offerte représente entre une et quatre heures par semaine. C’est le cas d’environ 61 % d’entre eux. Mais pour une part significative, l’engagement est beaucoup plus lourd : 10 % des personnes proches aidantes consacrent 20 heures ou plus par semaine à ce rôle.

Une telle implication peut avoir des conséquences importantes sur la santé, la vie sociale, le repos et l’équilibre personnel. Lorsqu’une personne doit accompagner un proche plusieurs fois par semaine, assurer des soins, faire des démarches ou demeurer disponible en cas d’urgence, la proche aidance peut rapidement devenir une responsabilité centrale dans sa vie.

Le soutien émotionnel au premier plan

Les formes d’aide offertes sont très variées. Le soutien émotionnel et psychologique arrive en tête : près de 84 % des personnes proches aidantes en offrent à la personne aidée. Cela montre que la proche aidance ne se limite pas aux gestes pratiques ou aux soins physiques. Elle comprend aussi l’écoute, la présence, le réconfort et l’accompagnement dans les moments d’inquiétude ou de vulnérabilité.

Le transport occupe aussi une place importante, puisque 70 % des proches aidants aident une personne à se déplacer. L’entretien de la maison concerne 58 % d’entre eux, tandis que 50 % apportent de l’aide pour les repas.

Un impact sur la santé et la vie sociale

L’enquête s’intéresse également à la façon dont les personnes proches aidantes perçoivent leur propre santé. Les résultats indiquent que celles qui cohabitent avec la personne aidée sont moins susceptibles de considérer leur santé globale et leur santé mentale comme excellentes ou très bonnes.

Elles sont aussi proportionnellement moins nombreuses à estimer avoir une vie sociale très satisfaisante. Ce constat n’a rien d’étonnant : vivre avec une personne aidée peut rendre la frontière entre la vie personnelle et le rôle d’aidant beaucoup plus difficile à tracer. La disponibilité devient souvent permanente, même lorsque l’aide n’est pas toujours visible de l’extérieur.

Un rôle essentiel, mais souvent invisible

Ces données rappellent l’importance sociale et humaine des proches aidants au Québec. Leur contribution permet à des personnes âgées, malades, en perte d’autonomie ou vulnérables de demeurer dans leur milieu de vie, de recevoir de l’aide concrète et de maintenir des liens affectifs essentiels.

Mais cette réalité vient aussi avec une charge considérable. Derrière les chiffres se trouvent des millions de gestes posés chaque semaine : conduire un parent à l’hôpital, préparer des repas, remplir des formulaires, rassurer un proche inquiet, faire l’épicerie, vérifier la médication ou simplement être présent.

La proche aidance constitue ainsi un véritable pilier du filet social québécois. Un pilier souvent discret, mais indispensable.

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