SHERBROOKE — On se promène partout à Sherbrooke, dans le nord de la ville, dans l’est, dans le secteur de l’Université, et une constante frappe lorsqu’on circule : la quantité effarante de nids-de-poule. Les routes semblent pires chaque année. Comment remédier à la situation ? Comment faire de Sherbrooke un endroit où l’on aime vivre, sans forcément imposer un trop gros fardeau fiscal ?
Parfois, il suffit de prendre des rues secondaires pour constater à quel point la mauvaise qualité de notre réseau routier municipal est généralisée. Par exemple, lorsqu’on emprunte la 7e Avenue pour se diriger vers King Est, on remarque que cette rue, que l’on pourrait qualifier d’artère secondaire, est particulièrement abîmée. Les nids-de-poule y sont nombreux. Ils représentent un danger pour les pneus, les jantes, la suspension, l’alignement et, plus généralement, pour l’état des véhicules.
Sur les grandes artères, comme dans la côte de King Ouest, face au cénotaphe, on est surpris par la taille des sillons causés par des années de passage de milliers de voitures chaque jour. Jusqu’à récemment, entrer aux Terrasses 777, où l’on trouve notamment le marché végétarien, représentait tout un défi pour quiconque voulait éviter d’endommager sa voiture.
Pourquoi diable la Ville est-elle incapable de répondre adéquatement aux demandes des citoyens ? Les contribuables ont subi, comme ailleurs au Québec, des hausses de taxes. Ils doivent aussi payer plus cher pour leurs assurances, leurs réparations automobiles et l’entretien général de leur véhicule. On nous répète que les villes et le gouvernement n’ont pas les moyens d’entretenir le réseau. L’Ordre des ingénieurs du Québec a même affirmé, sans ironie, qu’il faudrait peut-être songer au retour de certaines routes en « garnotte », donc non pavées.
Sont-ils tombés sur la tête ? Ont-ils déjà roulé sur des chemins de campagne dans la région, particulièrement après la pluie ? Ce que l’on aimerait, pour commencer, c’est améliorer le réseau que l’on a déjà, et le remettre aux normes. Installer des péages ? Pourquoi nous forcer à payer deux fois pour le même service, alors qu’en France, par exemple, les seuls à vraiment bénéficier de la privatisation des autoroutes semblent être les entreprises privées qui ont obtenu les droits d’exploitation ?
On en vient presque à se demander si les citoyens ne devraient pas régler le problème eux-mêmes, un peu comme l’a fait « Monsieur Nid-de-poule », surnom donné à Saâd Tekiout, un entrepreneur en paysagement de la région de Montréal devenu viral sur les réseaux sociaux après avoir réparé lui-même des nids-de-poule dans les rues de la ville.
Vraiment, on attend des élus et des gestionnaires publics qu’ils affrontent ce problème à bras-le-corps et qu’ils mettent de l’ordre dans cette industrie. L’excuse de la taille du réseau routier québécois par rapport à celui de l’Ontario ne pourra pas tenir éternellement. Nous sommes en droit d’obtenir des réponses claires à nos préoccupations. Lorsque des citoyens en viennent à hésiter à sortir à cause des nids-de-poule, il est temps d’interroger sérieusement nos décideurs publics.
Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

