Laura Laune: L’art de l’élégante irrévérence

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Elle dérange. Elle choque. Elle fait rire, parfois jaune. Mais surtout, elle ne laisse personne indifférent.


Révélée au grand public en remportant La France a un incroyable talent en 2017, l’humoriste belge Laura Laune s’impose depuis avec une signature bien à elle : un humour noir, frontal, assumé, livré derrière une apparence à la fois innocente et déstabilisante.

Le 3 avril prochain, elle sera de passage au Théâtre Granada à Sherbrooke pour présenter son deuxième spectacle,Glory Alleluia. Entretien avec une artiste pleinement assumée.

Un paradoxe qui surprend


Ce qui frappe d’abord chez Laura Laune, c’est le contraste. Derrière son humour trash, sans filtre, se cache une grande timide. Lors d’une entrevue accordée au Journal de Sherbrooke, elle affirme :

« Quand j’étais petite, j’étais très introvertie. J’observais les gens autour de moi et je me suis rendu compte que le rire, c’était comme un lubrifiant social. Je me disais que si j’arrivais moi-même à être drôle, je pourrais créer des liens et partager des moments de complicité avec les autres », explique-t-elle.

Le paradoxe est frappant. Sur scène, elle affiche un aplomb déconcertant, porté par une aura presque candide, qui ne laisse rien présager des sujets qu’elle s’apprête à aborder. Armée de sa guitare ou en mode stand-up, elle livre ses observations avec une naïveté apparente, presque désarmante, mais toujours irrévérencieuse.

Rire de tout… mais pas n’importe comment

Si son premier spectacle a marqué les esprits, le second s’avère plus intime, plus frontal. Elle y aborde notamment une relation marquée par la violence conjugale, la découverte de son trouble du spectre de l’autisme et les mécanismes d’emprise, s’inscrivant dans une prise de parole assumée, teintée de féminisme.

Pour elle, aucun sujet n’est interdit.

« Il n’y a pas de sujet interdit. Il n’y a que des angles à trouver. »

Mais l’intention reste claire :

« Mon but n’est pas de choquer, c’est de faire rire. Si les gens sont choqués sans rire, la blague est ratée », confie-t-elle.

Son personnage de scène, très proche de sa personnalité réelle, repose davantage sur l’amplification que sur la fiction. Et quant à savoir si son propos s’adoucira avec le temps, sa réponse est sans détour.

« Je me laisse une totale liberté. L’important, c’est d’être sincère avec qui je suis.»


Le Québec : un public à part

Cette visite marquera son troisième passage dans la belle province. Elle se dit enthousiaste à l’idée de retrouver un public qu’elle connaît et apprécie particulièrement.

« Il y a un public vraiment dingue. Au Québec, les gens se permettent de rire. En France, ils se demandent s’ils en ont le droit. C’est très libérateur et ça crée quelque chose de fort dans la salle. »

Une liberté précieuse, qui promet une soirée surprenante, marquée de rires et de réflexions pertinentes.


Pour un aperçu:

Site officiel: https://lauralaune.com

Extrait suggéré : Les pingouins (sur ses réseaux), à La Semaine des 4 Julie
Informations et billetterie: https://theatregranada.com/evenement/laura-laune/

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