Collèges privés : quand le rêve vendu par le business de l’immigration tourne au cauchemar

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SHERBROOKE – On a appris aujourd’hui que deux collèges destinés à des aspirants candidats à l’immigration vont fermer, dont celui de Sherbrooke, le Collège supérieur de Sherbrooke, situé sur la rue Wellington Nord. Qu’est-ce que cela signifie pour les étudiants, qui s’estiment floués à juste titre ? Et pour notre société, où différents points de vue sur l’immigration s’affrontent sans qu’il n’y ait de vainqueur ?

Le Collège supérieur de Sherbrooke ne dira pas grand-chose à la plupart des habitants de la ville. En effet, ce n’est ni le centre de formation professionnelle 24-Juin, ni le Cégep de Sherbrooke, ni l’Université de Sherbrooke, qui sont des institutions reconnues possédant chacune leur campus et leurs installations depuis des décennies.

Le Collège supérieur fait partie de ces établissements délivrant des diplômes dont la valeur est douteuse à des aspirants candidats à l’immigration. Une immigration provenant essentiellement de l’Inde, de l’Algérie, du Maroc et de l’Afrique subsaharienne. Sur son site, le collège offre des diplômes de formation professionnelle en comptabilité, en infographie ou encore des attestations d’études en secrétariat médical.

Les coûts oscillent entre 6 000 $ et 18 000 $ pour une année complète. Or, selon leur situation personnelle, les étudiants peuvent obtenir au Centre 24-Juin des formations semblables à des tarifs variant entre 0 $ et 800 $ par année.

Or, le problème, ce ne sont pas les étudiants en soi, qui espéraient trouver ici une filière d’immigration plus facile, plus simple que l’obtention d’un permis de travail postdiplôme après une maîtrise universitaire. Ou encore travailler dans un domaine où la pénurie de personnel permet d’obtenir un visa.

Lorsqu’on dit qu’une chose est trop belle pour être vraie, c’est probablement le cas. Malheureusement, ces étudiants font les frais de politiques gouvernementales qui ont échoué à réguler les flux migratoires à des niveaux soutenables. Maintenant que le problème est en train d’éclater au visage de nos élus, ceux-ci jouent aux pompiers pyromanes.

Pourquoi avoir autorisé, dès le départ, l’établissement de collèges privés offrant une formation questionnable dans des bâtiments qui ne sont pas, à la base, des institutions d’enseignement ? Pourquoi avoir permis que des candidats à l’immigration s’embourbent dans un cauchemar administratif dès le départ ?

Depuis plusieurs années, les étudiants étrangers sont vus comme une vache à lait intarissable par toutes sortes de gestionnaires à l’éthique douteuse. Qu’il s’agisse des cégeps, des universités, des commissions scolaires anglophones ou de ces collèges qui ne disent rien à personne, plusieurs acteurs ont exploité les failles de notre système d’immigration afin de créer une filière simplifiée vers un permis de résidence.

Or, étudier à l’étranger n’est pas un droit, mais un privilège. Pour autant, on ne peut pas arnaquer des gens qui pensaient agir de bonne foi. Le gouvernement du Québec a eu raison de fermer ces deux établissements, mais il ne fallait pas en arriver là. Cela n’aurait jamais dû être permis au départ que des entrepreneurs à la morale ambivalente puissent profiter des failles de notre système d’immigration.

Si plusieurs acteurs sont en tort dans cette histoire, le gouvernement de la CAQ ne fait que prouver une fois de plus qu’il n’est capable d’agir qu’en réaction. Il ne construit pas le Québec. C’est de la gestion comptable au gré des sondages. Ce qui demeure profondément minable.

Espérons que les électeurs s’en souviendront en octobre prochain. Que l’on soit favorable ou plus critique à l’égard des politiques d’immigration, l’amateurisme de la CAQ a assez duré.

Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

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