« On veut un gouvernement orange, pas un ciel orange. » : pourquoi le discours solidaire peine à convaincre

Partagez

Écoutez cet article en version audio :
0:00
0:00

SHERBROOKE – Québec solidaire ne sait pas trop à quel saint se vouer pour tenter de sauver les meubles. L’irrédentisme des militants a eu raison de l’aile pragmatique, celle qui aspirait à prendre le contrôle du gouvernement. Mais qu’à cela ne tienne. Ils auront toujours des arguments en béton pour vous convaincre.

Récemment, Sol Zanetti a fait parler de lui en raison d’une publication qui n’est pas passée inaperçue.

Le slogan, sur fond orange : « On veut un gouvernement orange, pas un ciel orange. »

Cela pourrait passer pour un slogan politique un peu simpliste. Et pourtant. À écouter les ténors du parti et ses militants, Québec solidaire a toutes les solutions clés en main pour régler à la fois l’itinérance, la crise du logement et les enjeux environnementaux. Sur ces derniers, on se souvient des tentatives de grèves pour le climat il y a quelques années.

Pourtant, il faut bien plus qu’un simple gouvernement où Ruba Ghazal serait première ministre pour régler un enjeu civilisationnel. Le Québec fait figure de bon élève en matière d’environnement, et certains enjeux sont occultés par cette forme de gauche « orange ».

Une liste d’épicerie pour militants solidaires

Chaque crise environnementale, sociale ou culturelle est un prétexte pour certains militants solidaires de dire : « On vous l’avait dit ! Il faut voter Québec solidaire ! »

Il y a des inondations lors de la crue du printemps en Beauce ? Votez pour nous !

L’eau d’un village sur la rive sud est contaminée ? Votez solidaire !

Quelqu’un a émis un commentaire transphobe sur Facebook ? Vous savez quoi faire.

À chaque fois, on nous présente la partisanerie comme une solution miracle à tous les problèmes. Même ceux sur lesquels nous n’avons aucune emprise, nous, habitants du Québec. Quand on sait que l’essentiel des gaz à effet de serre est produit en Asie, on se demande bien ce que Ruba Ghazal et Sol Zanetti au pouvoir pourraient y changer.

Les causes sociales sont des modes qui passent

L’affaire avec l’environnement, ou la lutte contre les changements climatiques, c’est que nous sommes passés à autre chose.

Vous vous souvenez de cette adolescente suédoise qui est venue manifester pour le climat dans notre métropole ? Greta Thunberg était l’idole des médias. Une vedette fabriquée sur mesure par les médias de masse et les faiseurs d’opinion.

Mais Greta a grandi. Elle s’est mise à militer pour la Palestine et contre les exactions commises par Israël dans la bande de Gaza. Comme une bonne partie des jeunes gens de sa génération, le climat n’était pas une lutte passionnelle, charnelle, destinée à durer.

Malheureusement, c’est comme les modes. Elles arrivent et disparaissent aussitôt.

Québec solidaire ne semble pas spécialement en phase avec la jeunesse et ses préoccupations actuelles. Notamment la difficulté à trouver un emploi, la pertinence des études à l’ère de l’intelligence artificielle et la crise du logement dans presque toutes les villes.

On aura donc droit au moralisme d’une clique d’urbains déconnectés des nouvelles générations et de la réalité. Et ce ne sont pas des slogans creux, que l’on peut à souhait tourner en dérision, qui y changeront quoi que ce soit. Dommage.

Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

Nouvelles

Actualités