Québec – Le gouvernement du Québec annonce un investissement de 2 millions de dollars afin de renforcer la lutte contre le crime organisé dans les communautés autochtones. L’argent provient d’une entente conclue avec le gouvernement fédéral et servira à mettre sur pied des équipes mixtes d’enquête regroupant la Sûreté du Québec (SQ), des corps policiers autochtones et, dans certains cas, la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
Selon le ministre de la Sécurité intérieure et ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, Ian Lafrenière, cette initiative vise notamment à améliorer le partage de renseignements entre les différents services policiers et à accroître leur capacité à mener des enquêtes ciblant les réseaux criminels.
Le financement couvrira l’année financière 2026-2027. Québec prévoit intégrer jusqu’à huit corps de police autochtones à diverses équipes d’enquête et de renseignement de la SQ. Un policier de la SQ sera également affecté à l’Akwesasne Mohawk Police Service afin de soutenir les opérations déjà en place et de faciliter les échanges d’information.
Les autorités souhaitent concentrer leurs efforts sur plusieurs phénomènes criminels jugés préoccupants, notamment le trafic d’armes à feu, le trafic de stupéfiants et le blanchiment d’argent. Le gouvernement estime que ces activités touchent autant les communautés autochtones que les régions voisines.
Plusieurs secteurs du Québec ont été identifiés comme prioritaires. L’Abitibi est notamment visée en raison du trafic interprovincial d’opioïdes en provenance de l’Ontario. Sur la Côte-Nord, les autorités surveillent des conflits liés au contrôle de territoires de vente de stupéfiants. Les régions de Québec et du Saguenay figurent également parmi les secteurs ciblés en raison de tensions associées aux redevances du trafic de drogue.
La rive-sud de Montréal retient aussi l’attention des enquêteurs en raison de sa proximité avec la frontière américaine, tandis que la Gaspésie demeure vulnérable aux trafics transfrontaliers en raison de sa position stratégique près du Nouveau-Brunswick et des voies maritimes.
La directrice générale de la Sûreté du Québec, Johanne Beausoleil, a souligné que la lutte contre le crime organisé repose sur une meilleure coordination entre les différents corps policiers. Du côté autochtone, le président de l’Association des directeurs de police des Premières Nations et Inuit du Québec, Jean Duchesneau, a accueilli favorablement la création de ces équipes mixtes, tout en rappelant l’importance que les services policiers autochtones soient pleinement impliqués dans leur gouvernance et leurs opérations.
Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Francis Verreault-Paul, estime pour sa part que la connaissance du territoire et des réalités locales par les policiers autochtones constitue un atout important pour lutter efficacement contre les réseaux criminels.
Québec n’exclut pas d’étendre éventuellement l’initiative à d’autres régions selon l’évolution de la situation et les besoins opérationnels identifiés sur le terrain.

