Festival Coatirock : le rock underground à l’honneur en Estrie

Partagez

Écoutez cet article en version audio :
0:00
0:00

La première édition du Coatirock, festival de rock émergent, se déroulera le 18 avril prochain de midi à minuit à Coaticook. Entrevue avec Maxime Fortin, musicien énergique et organisateur de l’évènement.

Une idée née sur scène

Tout a commencé lors d’un spectacle donné au Pavillon des arts et de la culture de Coaticook, il y a environ deux ans. Maxime Fortin y jouait avec son groupe, Pas d’panique, et c’est à ce moment que l’idée d’organiser un festival en région lui est venue. Il voyait un manque criant. « Je trouvais qu’il manquait de place pour les bands underground à se présenter sur scène dans un contexte de style festival. »

LOGO DU FESTIVAL TIRÉ DE LA PAGE FACEBOOK DU COATIROCK / PAVILLON DES ARTS ET DE LA CULTURE DE COATICOOK
LOGO DU FESTIVAL TIRÉ DE LA PAGE FACEBOOK DU COATIROCK / PAVILLON DES ARTS ET DE LA CULTURE DE COATICOOK

C’est en discutant avec Daphnée Le Brun, directrice du Pavillon, que le projet a commencé à prendre forme. « On a brainstormé et commencé ce projet un peu fou », raconte-t-il. Pour lui, le choix du lieu s’imposait naturellement : il connait la salle depuis son adolescence et son emplacement en plein cœur de la ville s’avérait des plus stratégiques. Il souhaitait ainsi proposer une programmation adaptée à une clientèle dans laquelle il se reconnait, tout en offrant aux groupes émergents un environnement de qualité, autant pour le son que pour la scène.

Deux ans de boulot et d’apprentissage

De l’idée à la concrétisation du projet, il lui aura fallu environ deux ans. Maxime Fortin le dit lui-même : il s’agit de son premier grand projet d’organisation, mené sans aucune formation officielle dans le domaine. Pourtant, le besoin qu’il avait cerné était bel et bien fondé. Pour les 11 places réservées aux groupes de la région, le festival a reçu plus de 130 offres. Le résultat: une programmation en continu de midi à minuit, mettant à l’honneur 13 groupes différents styles de rock.

Deux formations occupent la tête d’affiche, soit Kamakazi et Mononc’ Serge alors que le groupe DayDream s’inscrit dans la programmation comme représentant de la relève. The Townships, Spectrum Shift, Kraken Sawnd, Oddoband, Hostage Eyes, Morsure, El Gros Char, Musitric et Dekora promettent quant à eux de faire vibrer le pavillon au rythme de leur musique. Soulignons la participation de Daft 222 qui se produira bénévolement afin de redistribuer son cachet aux autres formations. « C’était symbolique de lancer ce projet avec mon propre groupe, comme quand on était des jeunes ados, » confie-t-il.

LE GROUPE KAMAKAZI PARTAGE LA TÊTE D'AFFICHE AVEC MONONC' SERGE
IMAGE TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE KAMAKAZI
LE GROUPE KAMAKAZI PARTAGE LA TÊTE D’AFFICHE AVEC MONONC’ SERGE
IMAGE TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE KAMAKAZI

Un festival « band first »

Étant lui-même musicien depuis plusieurs années, il connait bien la scène punk rock locale. Son vécu lui a permis de tirer un portrait très lucide sur les attentes et les besoins réels d’un groupe musical lors d’une prestation.

« Les expériences que j’ai eues en show ont clairement influencé la façon dont j’organise et traite les bands. J’aime penser qu’on est un festival « band first». J’essaie d’offrir un lieu sécuritaire et professionnel, où personne n’est payé uniquement en visibilité. »

La sélection des artistes lui a aussi posé un défi personnel : ne pas uniquement mettre à l’affiche des groupes qu’il connait personnellement. Ainsi, un comité impartial a été mis en place afin d’évaluer chaque candidature soumise. « Aujourd’hui, je peux dire que je considère chacun de ces bands comme des amis, mais au moment de la sélection, ça devait rester équitable. »

Diffusion de la musique locale : un problème mondial?

Selon l’organisateur, le manque de vitrines pour les groupes émergents n’est pas un problème qui se limite à l’Estrie. Il le voit plutôt comme un enjeu mondial. « On n’a jamais eu autant accès à de la musique, mais la compétition n’a jamais été aussi féroce non plus. En région, le problème se double d’un manque de salles et d’une baisse des subventions gouvernementales, ce qui fait grimper les coûts pour tout le monde. »

Il observe particulièrement une pénurie d’établissements mettant de l’avant la musique rock pour tous les âges. Le Coatirock se fait ainsi un mandat de créer de nouvelles connexions entre artistes, spectateurs et médias, dans un cadre peu habituel pour le style musical proposé.

« C’est une belle vitrine pour jouer devant un public qui ne se serait pas déplacé dans des bars plus trash, disons. »

Et pour la suite?

MAXIME FORTIN, FONDATEUR DU COATIROCK / GRACIEUSETÉ MAXIME FORTIN
MAXIME FORTIN, FONDATEUR DU COATIROCK / GRACIEUSETÉ MAXIME FORTIN

Maxime Fortin se montre humble quant à sa façon d’évaluer la réussite de cette première édition. « Juste le fait que personne ne pogne en feu, je vais déjà considérer ça comme un succès, » dit-il à la blague. Sur une note plus sérieuse, il souhaite que les gens se déplacent nombreux pour profiter de cette nouvelle initiative appelée à rester.

Ambitieux, il envisage déjà une deuxième édition. « J’aimerais le faire sur deux jours, avoir des bands de partout au Québec et peut-être même une scène extérieure. » Il espère également trouver des sources de financement qui lui permettrait de rendre l’évènement gratuit pour tous.

Soulignons la participation de l’entreprise Big Bill et de la Ville de Coaticook en tant que soutien à la réalisation de ce festival.

Pour se procurer des billets:

Réservation par téléphone: 819 849-6371

Billetterie:

https://pavillondesarts.tuxedobillet.com/main/coatirock

Ouverture des portes à 11h.

Nouvelles

Actualités