Déficience intellectuelle et autisme en prison : le PLQ dénonce l’inaction de la CAQ

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QUÉBEC — Les personnes vivant avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme sont-elles en train de tomber entre les mailles du filet social québécois pour ensuite se retrouver devant les tribunaux et derrière les barreaux? C’est la question soulevée cette semaine par le Parti libéral du Québec.

Les députées Elisabeth Prass, porte-parole du PLQ pour les personnes vivant avec un handicap ou avec le spectre de l’autisme, et Jennifer Maccarone, porte-parole en matière de sécurité publique, dénoncent ce qu’elles qualifient d’inaction du gouvernement caquiste dans ce dossier.

Selon les données citées par le parti, les personnes vivant avec une déficience intellectuelle représentent environ 1 % de la population générale, mais elles sont largement surreprésentées dans les établissements de détention du Québec. Une situation qui inquiète plusieurs intervenants du milieu depuis des années.

À la fin du mois de mai, le Protecteur du citoyen publiait d’ailleurs un rapport critiquant la gestion de certains dossiers impliquant des personnes vulnérables en milieu carcéral. Le rapport faisait notamment état d’un manque de services adaptés ainsi que de difficultés importantes dans la prise en charge de détenus présentant des besoins particuliers.

Pour le PLQ, le problème trouve sa source bien avant l’incarcération. Faute de ressources suffisantes en santé, en services sociaux et en accompagnement spécialisé, certaines personnes vivant avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme se retrouvent judiciarisées alors qu’elles auraient eu besoin d’un soutien adapté à leur réalité.

Les libéraux rappellent également un cas récent qui a marqué l’actualité. Un détenu en crise s’était enfui nu à l’extérieur en plein hiver, subissant de graves engelures qui ont finalement mené à l’amputation de plusieurs phalanges. Pour les critiques du gouvernement, cet événement illustre les conséquences bien réelles des lacunes du système.

« Lorsqu’on sait qu’un problème existe, l’inaction devient un choix », a déclaré Elisabeth Prass dans un communiqué, estimant que le gouvernement est au courant de la situation depuis plus d’un an sans avoir mis en place les correctifs nécessaires.

De son côté, Jennifer Maccarone souligne que les agents correctionnels se retrouvent souvent à gérer des situations complexes qui relèvent davantage de spécialistes en santé mentale, en intervention psychosociale ou en déficience intellectuelle que du personnel carcéral.

« Les agents des services correctionnels ne sont ni des psychologues, ni des spécialistes en déficience intellectuelle », rappelle-t-elle.

Au-delà des échanges partisans, le dossier soulève une question plus large : celle de la place accordée aux personnes les plus vulnérables dans le système québécois. Plusieurs experts soutiennent depuis longtemps que la prison est rarement un environnement adapté aux personnes vivant avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme, particulièrement lorsque leurs démêlés avec la justice découlent d’un manque d’accompagnement ou d’une situation de crise.

Au moment d’écrire ces lignes, le gouvernement n’avait pas réagi publiquement aux critiques formulées par l’opposition officielle.

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