SHERBROOKE – À l’approche de la haute saison des activités nautiques, Québec invite les plaisanciers, pêcheurs, kayakistes et amateurs de plein air à redoubler de prudence afin de limiter la propagation des espèces exotiques envahissantes dans les lacs et les cours d’eau.
Dans un communiqué publié le 15 juin, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs rappelle que le nettoyage des embarcations et des équipements nautiques demeure l’un des moyens les plus simples et les plus efficaces pour protéger les milieux aquatiques.
Le message s’adresse autant aux propriétaires de bateaux qu’aux utilisateurs de kayaks, canots, planches à pagaie, remorques, bottes de pêche ou tout autre équipement entrant en contact avec l’eau.
Un simple fragment peut suffire
Le Ministère rappelle qu’un seul fragment de plante peut parfois permettre à une espèce envahissante de coloniser un nouveau secteur. C’est pourquoi il est recommandé d’éviter, autant que possible, de naviguer dans les herbiers aquatiques. Les hélices et les déplacements d’embarcations peuvent fragmenter les plantes et contribuer à leur propagation.
À ce jour, 49 espèces exotiques envahissantes aquatiques sont présentes au Québec. Certaines ont des impacts importants sur la biodiversité, la qualité de l’eau, les habitats naturels et les activités récréatives. Une fois installées dans un milieu naturel, ces espèces sont souvent très difficiles, voire impossibles à éradiquer.
Le cas de la châtaigne d’eau illustre bien l’ampleur du problème. Selon le Ministère, près de 3 millions de dollars ont été consacrés, au cours des 25 dernières années, à des travaux de contrôle de cette plante au Québec.
L’Estrie n’est pas épargnée
Parmi les espèces préoccupantes, le myriophylle à épis a déjà été rapporté dans plus de 200 lacs et cours d’eau de la province. Cette plante aquatique envahissante peut former de vastes herbiers denses, nuire aux activités nautiques et modifier les écosystèmes.
La moule zébrée, de son côté, est présente dans le fleuve Saint-Laurent, le lac Champlain, la rivière Richelieu, ainsi que dans certains lacs de l’Estrie et du Bas-Saint-Laurent. Cette espèce est particulièrement redoutée en raison de sa capacité à se fixer aux surfaces, aux embarcations, aux quais et aux infrastructures.
Dans une région comme l’Estrie, où les lacs et rivières occupent une place importante dans les loisirs, le tourisme et la qualité de vie, la prévention devient essentielle.
Près de 200 stations de nettoyage
Québec indique que près de 200 stations de nettoyage d’embarcations sont disponibles sur le territoire québécois. Ces installations permettent aux plaisanciers de nettoyer leurs embarcations et équipements avant de changer de plan d’eau.
Depuis la création du programme d’aide financière Stations de nettoyage d’embarcations, en 2017, près de 200 projets ont été financés, pour un total de près de 3 millions de dollars. Depuis 2023, cette initiative est soutenue par le Fonds bleu, dans le cadre du Plan national de l’eau.
Les municipalités, organismes et gestionnaires de sites peuvent toujours déposer une demande d’aide financière d’ici le 31 juillet 2027.
Le Ministère rappelle également que les citoyens peuvent consulter l’Atlas de l’eau afin de localiser les stations de nettoyage et connaître les plans d’eau où des espèces exotiques envahissantes ont déjà été observées.
Un effort collectif
Cet appel à la vigilance est lancé en collaboration avec plusieurs partenaires, dont la Fédération des pourvoiries du Québec, la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, la Fédération québécoise de défense des lacs et cours d’eau, Nautisme Québec, la Sépaq et plusieurs regroupements environnementaux.
Le Ministère a aussi lancé, le 7 avril dernier, le mouvement Responsable de nature, qui encourage les citoyens à adopter des comportements respectueux des habitats fauniques et de la biodiversité.
Alors que l’été s’installe et que les sorties sur l’eau se multiplient, Québec rappelle que la prévention demeure le meilleur outil. Nettoyer, vider et sécher son embarcation et ses équipements peut sembler anodin, mais ce geste peut faire une réelle différence pour protéger les lacs et rivières du Québec.

