Décès d’un travailleur forestier à Melbourne : la CNESST pointe des méthodes d’abattage déficientes

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SHERBROOKE – La CNESST a rendu publiques, le 19 mai 2026, les conclusions de son enquête concernant le décès d’un travailleur forestier de Les Entreprises E. Jacques inc., survenu le 9 octobre 2025 sur un lot privé situé près du chemin Champigny, à Melbourne, en Estrie.

Selon l’enquête de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, le travailleur est décédé après avoir été heurté et écrasé par un arbre qu’il avait coupé, mais qui était demeuré debout en équilibre instable. La CNESST estime que cet accident aurait pu être évité si les arbres coupés et laissés debout avaient été amenés au sol de façon sécuritaire, notamment à l’aide d’un débardeur, ou si une zone de danger avait été clairement délimitée.

Un arbre coupé, mais laissé debout

Le jour de l’accident, le travailleur forestier s’affairait à abattre des arbres à l’aide d’une scie à chaîne. Il se déplaçait à pied sur le terrain et procédait à l’abattage manuel. Or, certains arbres coupés n’étaient pas amenés complètement au sol et demeuraient debout, créant une situation dangereuse.

C’est dans ce contexte que l’un des arbres coupés et laissés en équilibre a amorcé sa descente. Le travailleur se trouvait alors dans la trajectoire de chute de l’arbre. Il a été heurté, puis écrasé au sol. Les secours ont été appelés sur les lieux et l’homme a été transporté au centre hospitalier.

Deux causes retenues par la CNESST

Dans son rapport, la CNESST retient deux causes principales pour expliquer l’accident. D’abord, les techniques d’abattage manuel utilisées étaient déficientes. L’accumulation d’arbres coupés et laissés debout a permis à l’un d’eux de tomber et de heurter le travailleur qui se trouvait dans sa trajectoire.

La Commission souligne également que la supervision du travailleur était inadéquate. Selon l’enquête, celui-ci utilisait des méthodes de travail qui n’étaient pas conformes aux règles de l’art et qui n’avaient pas été déterminées par l’employeur.

Des mesures de prévention connues

Pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise, la CNESST rappelle que les travailleurs forestiers qui effectuent des travaux d’abattage manuel avec une scie mécanique doivent recevoir une formation théorique et pratique en santé et sécurité du travail, notamment en lien avec le cours Santé et sécurité en abattage manuel du ministère de l’Éducation.

Les travailleurs doivent aussi préparer un plan d’abattage sécuritaire de leur zone de travail, en utilisant le code de sécurité de l’abatteur, connu sous l’acronyme D.I.S.Ec.P. L’employeur doit pour sa part s’assurer que les compétences en abattage manuel sont maîtrisées, notamment à l’aide de la Fiche de suivi – Abattage manuel de la CNESST.

La CNESST diffusera ses conclusions

La CNESST transmettra les conclusions de son enquête aux associations d’employeurs et de travailleurs, à ses partenaires concernés ainsi qu’au ministère de l’Éducation, qui pourra ensuite les diffuser dans les établissements scolaires visés.

Ce décès rappelle à quel point le travail forestier demeure un métier dangereux, où la formation, la supervision et le respect rigoureux des méthodes de sécurité peuvent faire la différence entre une journée de travail normale et un drame irréversible.

Source : Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, communiqué publié le 19 mai 2026.

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