SHERBROOKE – La Société royale du Canada et plusieurs figures importantes du monde universitaire se mobilisent pour empêcher la disparition de l’Association internationale des études québécoises, mieux connue sous le sigle AIEQ.
Dans une déclaration commune rendue publique à la suite du 93e Congrès de l’Acfas, tenu à Trois-Rivières, des chercheurs, professeurs, responsables de centres universitaires et dirigeants d’institutions savantes demandent au gouvernement du Québec de maintenir et de refinancer l’organisme. Selon eux, la disparition de l’AIEQ affaiblirait directement la place du Québec dans la recherche internationale, la formation universitaire et la diffusion des savoirs scientifiques sur la société québécoise.
L’AIEQ œuvre depuis près de trois décennies à la promotion des études québécoises à l’étranger. Son réseau s’étend dans près de 40 pays, où elle contribue à faire circuler les travaux universitaires, les contenus culturels, médiatiques et scientifiques liés au Québec.
Une décision jugée brutale
Les signataires dénoncent les décisions successives du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, qui aurait d’abord coupé la moitié du budget de fonctionnement de l’AIEQ pour l’année 2025-2026, avant de résilier unilatéralement, le 13 avril 2026, la convention d’aide financière qui liait le ministère à l’organisme.
Cette entente tripartite, qui impliquait également le Fonds de recherche du Québec, devait pourtant s’inscrire dans une perspective triennale depuis juillet 2024. Pour les signataires, cette décision apparaît « brutale et incompréhensible », puisqu’elle mettrait pratiquement en péril l’existence même de l’association.
La déclaration souligne que la disparition de l’AIEQ pourrait entraîner l’abandon de programmes d’études, de bourses de recherche, de tournées d’auteurs et d’autrices, de chaires de recherche sur le Québec, ainsi qu’un affaiblissement général de la production et de la diffusion des travaux consacrés aux études québécoises.
Le Québec comme objet d’étude
Au-delà de l’organisme lui-même, les universitaires estiment que c’est la place du Québec comme sujet politique et comme objet d’étude qui se trouve menacée. Ils rappellent que les nations minoritaires doivent constamment lutter contre l’effacement, particulièrement dans un contexte où leur espace culturel et intellectuel peut rapidement se rétrécir.
Les signataires établissent aussi un contraste avec les propos récents de la première ministre Christine Fréchette, qui avait affirmé à l’UNESCO que la culture québécoise et francophone devait être bien présente sur la scène internationale.
Pour eux, couper les moyens d’un organisme qui contribue précisément à cette présence internationale du Québec enverrait un signal contradictoire.
Un appel au gouvernement
La déclaration, baptisée Déclaration de Trois-Rivières, demande au ministère des Relations internationales et de la Francophonie de revenir sur sa décision. Les signataires interpellent également la première ministre afin qu’elle prenne les mesures nécessaires pour assurer la poursuite des activités de l’AIEQ.
Ils souhaitent soit le renouvellement de la dernière entente conclue avec le ministère, soit la mise en place d’une nouvelle entente triennale, élaborée en concertation avec les dirigeants de l’AIEQ et ses principaux partenaires.
À leurs yeux, il ne s’agit pas seulement de sauver une structure administrative, mais bien de préserver un réseau international qui permet au Québec d’exister dans le monde universitaire, culturel et scientifique.
Source : Association internationale des études québécoises / CNW, 19 mai 2026.

