Insolite : un héritage montréalais cachait un trésor archéologique péruvien vieux de 2 000 ans

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MONTRÉAL — Il devait être vendu avec deux autres bols dans une maison de vente aux enchères de Montréal. À première vue, rien ne laissait nécessairement présager que l’un des trois objets allait attirer l’attention d’un gouvernement étranger et finalement faire intervenir la Gendarmerie royale du Canada. Pourtant, le petit bol en question aurait environ 2 000 ans et appartient au patrimoine préhispanique du Pérou.

L’histoire, rendue publique lundi par la GRC, a commencé à la fin du mois de juin. Un lot comprenant trois bols avait été placé en vente dans une maison d’enchères montréalaise. Deux d’entre eux auraient eu relativement peu de valeur, mais le troisième était d’une tout autre nature : les autorités péruviennes l’ont identifié comme un bol de style Nasca présentant une importance culturelle et historique.

IMAGE TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK / ROYAL CANADIAN MOUNTED POLICE

Un héritage qui cachait une pièce archéologique

Le propriétaire montréalais n’avait apparemment pas acquis lui-même l’objet au Pérou. Selon la GRC, il l’avait plutôt reçu en héritage. Rien dans le dossier rendu public ne laisse croire qu’il savait nécessairement qu’il possédait un objet patrimonial d’une telle importance.

Lorsque les autorités péruviennes ont repéré le bol, des représentants de l’ambassade du Pérou au Canada ont transmis une note diplomatique à Affaires mondiales Canada afin d’en demander le rapatriement. La maison de vente aux enchères a alors accepté de suspendre la vente.

Après des discussions impliquant la GRC, le gouvernement péruvien et le propriétaire, ce dernier a volontairement renoncé à l’objet. Aucune compensation financière ne lui a été versée. Il a toutefois reçu une lettre de remerciement du gouvernement du Pérou. Surtout, aucune accusation criminelle n’a été déposée dans cette histoire.

Un petit témoin d’une civilisation ancienne

Si le bol semble plutôt modeste, son intérêt dépasse largement sa valeur comme simple objet décoratif. La culture Nasca s’est développée sur la côte sud du Pérou durant la période préhispanique. Elle est notamment reconnue pour la qualité de ses céramiques, caractérisées par leur finition soignée et l’utilisation de nombreuses couleurs. Le patrimoine Nasca est évidemment aussi connu mondialement grâce aux célèbres lignes et géoglyphes de Nasca et de Palpa.

C’est donc un fragment matériel de cette histoire qui s’était retrouvé, on ne sait depuis combien de temps, dans une collection privée à Montréal.

L’objet a finalement été remis à la GRC, puis officiellement présenté aux représentants du consulat du Pérou à Montréal. Son retour vers son pays d’origine a été organisé le 16 juillet dernier. L’affaire n’a toutefois été rendue publique par la GRC que le 17 août.

Des règles internationales pour protéger le patrimoine

La demande péruvienne reposait notamment sur la Convention de l’UNESCO de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels.

Cette convention vise notamment à favoriser la coopération entre les États pour lutter contre le trafic de biens culturels et faciliter, dans certaines circonstances, la récupération et le retour d’objets volés, illicitement excavés ou exportés.

La GRC possède d’ailleurs une initiative consacrée aux crimes liés aux œuvres d’art et au patrimoine culturel. Elle collabore avec des partenaires canadiens et étrangers afin de retracer des objets d’importance culturelle et de faciliter leur rapatriement.

« Le bol lui-même est peut-être petit, mais il fait partie d’une histoire beaucoup plus vaste qui informe l’histoire du Pérou et de son peuple », a expliqué l’inspectrice Dawn Morris-Little, directrice de la Criminalité financière à la GRC.

Un objet qui aurait pu simplement changer de propriétaire au terme d’une vente aux enchères montréalaise reprendra donc plutôt le chemin du Pérou, quelque 2 000 ans après sa fabrication.

Sources :

  • Gendarmerie royale du Canada — « La GRC contribue au retour en toute sécurité d’un artefact culturel péruvien vieux de 2 000 ans », 17 août 2026.
  • UNESCO — Convention de 1970 sur l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels.
  • Ministère de la Culture du Pérou — informations sur la culture Nasca, sa céramique et le patrimoine de Nasca et Palpa.

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