SHERBROOKE – La première impression compte. Pour une personne qui visite une ville pour la première fois, une simple affiche peut devenir une carte de visite. Elle annonce l’endroit, donne le ton et témoigne, d’une certaine façon, de la fierté que les citoyens et les autorités portent à leur municipalité.
À l’une des entrées de Sherbrooke, le message envoyé aux visiteurs est cependant loin d’être reluisant.
Sur une photo publiée dans le groupe Facebook Sherbrooke | Discussion de politique municipale et d’actualité, on peut voir une affiche annonçant l’arrivée sur le territoire sherbrookois partiellement cachée par la végétation. Le nom de la ville est difficilement lisible, alors que des branches, des fleurs et de hautes herbes semblent avoir progressivement pris possession des lieux.
L’auteur de la publication, Mathieu Chenard, compare cette entrée négligée à celle de Waterville. Dans cette municipalité voisine, l’affiche est propre, moderne et entourée d’un aménagement paysager soigneusement entretenu.
« La différence entre une ville qui est fière et une ville qui a un règlement où tu n’es pas obligé de tondre ton gazon », écrit-il avec ironie.
La comparaison fait mal. D’un côté, une petite municipalité qui accueille ses visiteurs avec une entrée fleurie et visiblement entretenue. De l’autre, Sherbrooke, sixième ville en importance au Québec, dont le nom disparaît presque derrière la végétation.
Une négligence qui devient symbolique
Il serait facile de réduire la situation à quelques branches qui devraient être coupées. Pourtant, cette affiche représente quelque chose de plus grand. Elle donne l’impression d’une ville qui ne porte plus attention à son apparence et qui ne semble pas préoccupée par l’image qu’elle projette.
Sherbrooke possède pourtant de nombreux atouts. La ville est entourée de montagnes et de plans d’eau. Elle compte deux universités, une vie culturelle dynamique, des quartiers historiques et un centre-ville qui tente de se revitaliser. Elle accueille chaque année des visiteurs venus assister à des événements sportifs, culturels et touristiques.
Pourquoi, alors, ne pas être en mesure de présenter une entrée digne de ce nom?
Une affiche municipale ne nécessite pas des investissements de plusieurs millions de dollars. Il ne s’agit pas de construire un nouveau centre sportif, de refaire une rue complète ou d’entreprendre un vaste chantier. Quelques heures d’entretien, un aménagement paysager simple et une inspection régulière permettraient déjà de transformer considérablement l’apparence des lieux.
Le contraste avec Waterville démontre d’ailleurs qu’une municipalité n’a pas besoin de disposer d’un budget immense pour prendre soin de son image. Elle doit surtout en faire une priorité.
Une ville doit aussi savoir accueillir
Lorsqu’un visiteur entre à Sherbrooke, il devrait immédiatement sentir qu’il arrive dans une ville fière de son histoire, de ses institutions et de ses citoyens. L’affiche devrait être visible, propre et accueillante. Elle pourrait être accompagnée de fleurs, de végétaux choisis avec soin ou même d’un rappel de l’identité sherbrookoise.
Au lieu de cela, l’installation actuelle donne presque l’impression d’avoir été abandonnée.
Cette négligence est d’autant plus regrettable que Sherbrooke cherche depuis plusieurs années à attirer de nouveaux résidents, des étudiants, des travailleurs, des touristes et des investisseurs. L’image d’une ville ne repose évidemment pas uniquement sur une affiche. Mais une municipalité qui souhaite se démarquer doit porter attention aux détails.
Une entrée de ville mal entretenue peut sembler anodine aux yeux de ceux qui la croisent chaque jour. Pour un visiteur, elle peut toutefois devenir l’une des premières images associées à Sherbrooke.
Retrouver la fierté sherbrookoise
La publication de Mathieu Chenard a suscité des centaines de réactions et de commentaires. Cela démontre que la question touche une corde sensible. De nombreux Sherbrookois aiment leur ville, mais souhaitent aussi la voir mieux entretenue et davantage mise en valeur.
La fierté municipale ne se décrète pas dans un slogan. Elle se manifeste dans l’entretien des parcs, dans la propreté des rues, dans la conservation du patrimoine et dans la manière d’accueillir les visiteurs.
Sherbrooke n’a pas besoin de copier Waterville. Elle doit simplement démontrer qu’elle est consciente de sa propre valeur.
Couper quelques branches ne réglera évidemment pas tous les problèmes de la ville. Mais ce serait déjà une façon simple de rappeler que Sherbrooke mérite d’être vue, reconnue et présentée avec fierté.

