Depuis longtemps, l’alcool fait partie du quotidien au Québec. Un verre le soir. Une bière entre amis. Une bouteille pour décrocher, pour fêter une bonne nouvelle ou même en digérer une mauvaise. Disons les vraies choses: toutes les raisons sont bonnes. Certains boivent pour célébrer. D’autres pour oublier. On boit par habitude et souvent même simplement, parce que tout le monde le fait. L’alcool a ses charmes, c’est indéniable.
Depuis quelques années, quelque chose change. Et cette fois, ce ne sont pas des impressions. Ce sont des chiffres. Le Québec boit moins.
Ce qui frappe aussi, c’est la vitesse à laquelle les habitudes évoluent. Moins de bière. Plus de produits sans alcool. Une société qui commence à revoir ce qu’elle considérait normal.
Une baisse mesurable au Canada
Au Canada, les ventes d’alcool ont atteint 26,2 milliards de dollars entre avril 2023 et mars 2024. Derrière ces statistiques, le signal le plus fort est ailleurs. Le volume acheté recule. Étonnamment, la bière encaisse le choc, malgré l’essor fulgurant et la diversité grandissante de la culture des microbrasseries.
Selon Statistique Canada, le volume de bière vendu a chuté de 4,5 pour cent en 2023-2024. Il s’agit d’une huitième baisse annuelle de suite. C’est aussi la plus forte diminution depuis 1949.
Ce n’est plus une simple fluctuation. C’est une tendance.
Québec : 20 litres de moins qu’avant par habitant
Le Québec illustre très bien ce basculement. La consommation par habitant est passée d’environ 122 litres en 2009 à 102 litres en 2022-2023. La baisse s’explique surtout par le recul continu des ventes de bière.
Autrement dit, le Québec consomme environ 20 litres de boissons alcoolisées de moins par personne qu’il y a quinze ans.
Estrie : moins d’alcool mais encore des excès
L’Estrie suit le mouvement. Mais elle montre aussi un paradoxe important. Le recul global ne fait pas disparaître les épisodes d’excès. Selon des indicateurs régionaux de santé publique, environ 31,8 pour cent des adultes en Estrie rapportaient un épisode mensuel de consommation excessive d’alcool. Cela représente près d’un adulte sur trois. La consommation totale baisse. Les excès restent présents.
Le sans alcool explose
Pendant que l’alcool recule, une autre industrie grimpe rapidement. Le sans alcool. Au Canada, le marché des boissons sans alcool a atteint environ 199 millions de dollars sur une période d’un an. Cela représente une hausse d’environ 24 pour cent. Les bières sans alcool dominent largement ce segment. Le virage est aussi visible dans les ventes.
En janvier 2024, la SAQ a enregistré une hausse de 83 pour cent des produits sans alcool. En Ontario, la LCBO a rapporté une progression de 69 pour cent des ventes de bières sans alcool sur la même période. Ce détail est essentiel. Beaucoup de gens ne font pas que réduire l’alcool. Ils le remplacent.
Pourquoi le Québec change maintenant
Plusieurs raisons expliquent ce virage. La santé pèse plus lourd qu’avant. Le sommeil. L’énergie. L’anxiété. Le poids. La récupération. Beaucoup réalisent que l’alcool coûte plus cher qu’il ne rapporte.
Il y a aussi un changement social. La sobriété devient un choix normal. Les produits sans alcool sont meilleurs. Ils sont plus accessibles. Ils ne donnent plus l’impression d’une punition.
Un Québec différent se dessine
Le Québec change. Les chiffres montrent une baisse réelle. La bière recule. Le sans alcool progresse rapidement. Ce mouvement ne vient pas de nulle part. Il vient d’un réveil collectif. Santé. sommeil. énergie. équilibre.
Mais le problème n’a pas disparu. En Estrie comme ailleurs, les épisodes d’excès restent fréquents. La consommation totale diminue. La relation à l’alcool demeure fragile pour une partie de la population.
Le Québec boit moins. La vraie question est maintenant plus simple. Boit-on mieux. Et surtout. Boit-on vraiment pour les bonnes raisons.
Ressources et aide en cas de consommation problématique
Si vous sentez que l’alcool prend trop de place dans votre vie, ou dans celle d’un proche, sachez qu’il existe de l’aide gratuite et confidentielle au Québec.
- Alcochoix+ (Gouvernement du Québec)
Outil d’aide, information et accompagnement pour réduire sa consommation.
https://msss.gouv.qc.ca/repertoires/dependances/liste_etab.php?noregion=5 - Info-Santé 811
Pour parler à une infirmière ou obtenir une orientation vers les bonnes ressources.
Téléphone : 811
https://www.quebec.ca/sante/trouver-une-ressource/info-sante-811 - Alcooliques Anonymes (AA) Québec
Réunions partout au Québec et soutien pour les personnes qui souhaitent arrêter.
https://aa-quebec.org/ - Al-Anon / Alateen
Aide pour les proches et familles de personnes ayant une consommation problématique.
https://www.alanonalateenqcouest.org/ - Portage (prévention et traitement)
Services et programmes de soutien en dépendances.
https://portage.ca/
Sources:
- Portage. Sobriété volontaire. Un mouvement qui gagne du terrain. Portage, publié le 20 mai 2025.
- Statistique Canada. Contrôle et vente des boissons alcoolisées et de cannabis, 1er avril 2023 au 31 mars 2024. Ottawa, Gouvernement du Canada, publié le 7 mars 2025.
- Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Consommation d’alcool chez la population générale au Québec. Indicateurs et tendances. Québec, INSPQ, mise à jour 2025.
- CIUSSS de l’Estrie – CHUS. Direction de santé publique. Portrait de santé. Indicateurs régionaux sur la consommation d’alcool et la consommation excessive chez les adultes.
- NielsenIQ. Rapport sur le marché canadien des boissons sans alcool. Tendances de consommation et croissance du segment. Canada, données 2023-2024 publiées 2024-2025.

