Test rapide du cancer de la vessie bientôt commercialisé

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Un test urinaire sherbrookois pourrait simplifier le dépistage du cancer de la vessie


Portrait du Dr Claudio Jeldres, urologue
Dr Claudio Jeldres — Photo : Mathieu Lanthier, UdeS

Après plusieurs années de recherche et plus de 3 millions de dollars investis, une équipe de l’Université de Sherbrooke annonce un test urinaire rapide qui pourrait réduire la dépendance à la cystoscopie — un examen invasif souvent répété — pour le dépistage et le suivi du cancer de la vessie.

Un test d’urine pour remplacer la cystoscopie

La cystoscopie, procédure de référence pour visualiser la vessie, nécessite souvent une anesthésie locale ou générale, peut provoquer douleur et anxiété et doit être répétée en raison du taux élevé de récidive des tumeurs non infiltrantes. Le nouveau test développé à Sherbrooke identifie quatre biomarqueurs présents dans l’urine, une approche qui vise à offrir une alternative moins intrusive pour détecter précocement la maladie et limiter le nombre d’examens invasifs nécessaires au suivi.

De la découverte au marché : partenariat et calendrier

Après des validations conduites en collaboration avec des équipes internationales, les chercheurs de l’Institut de recherche sur le cancer de l’Université de Sherbrooke (IRCUS) et du Centre de recherche du CHUS (CRCHUS) ont conclu une entente de commercialisation avec la société RYND Biotech. Selon la direction de l’entreprise, le financement est en voie d’être finalisé et le développement d’un prototype devrait débuter d’ici la fin de l’année, avec une commercialisation envisagée autour de 2028-2029.


Portrait du professeur François-Michel Boisvert
Pr François‑Michel Boisvert — Photo : Mathieu Lanthier, UdeS

Validation internationale et portée clinique

Le projet a bénéficié d’études de validation menées dans plusieurs populations, démarche qui a renforcé la robustesse des résultats et suscité l’intérêt d’organismes internationaux. Les porteurs du projet affirment que la méthode pourrait s’adapter à d’autres diagnostics urologiques, notamment le cancer de la prostate, et permettre ainsi d’élargir l’impact clinique de la technologie. Ces résultats restent à confirmer par des essais cliniques de grande ampleur avant intégration aux lignes directrices.

Financement, transfert technologique et retombées régionales

Le développement a été soutenu dès ses débuts par la Fondation du CHUS, qui a servi de levier pour mobiliser d’autres sources de financement et obtenir des subventions. Le Bureau de la valorisation et des partenariats de la Faculté de médecine et des sciences de la santé a encadré le transfert technologique en coordination avec des acteurs locaux comme TransferTech Sherbrooke. Pour consolider la relation entre recherche et industrie, deux des chercheurs principaux, le Dr Claudio Jeldres et le Pr François‑Michel Boisvert, ont intégré la direction de RYND Biotech aux postes respectifs de directeur médical (CMO) et directeur technologique (CTO).

Si ce test tient ses promesses à l’échelle clinique et réglementaire, il pourrait diminuer le fardeau des procédures invasives pour des milliers de personnes, alléger certains coûts de suivi et renforcer l’écosystème d’innovation biomédicale en Estrie.


Équipe de recherche en laboratoire
Photo : Mathieu Lanthier — UdeS

À propos des intervenants cités

François‑Michel Boisvert — Professeur au Département d’immunologie et de biologie cellulaire de la Faculté de médecine et des sciences de la santé (Université de Sherbrooke), directeur scientifique de l’IRCUS et chercheur au CRCHUS.

Claudio Jeldres — Professeur au Département de chirurgie (Université de Sherbrooke), chercheur à l’IRCUS, urologue au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS).

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