MONTRÉAL – Les nouveaux droits de douane de 50 % imposés par les États-Unis sur une vaste gamme de produits canadiens inquiètent sérieusement le secteur manufacturier québécois. Pour Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), cette nouvelle offensive commerciale risque de fragiliser des entreprises déjà confrontées à un contexte économique difficile.
Les nouvelles mesures américaines visent notamment des matériaux de construction, des meubles, des produits de papier, des appareils électroniques, des articles de sport et plusieurs autres biens de consommation. Comme une grande partie de la production manufacturière québécoise est destinée au marché américain, plusieurs entreprises pourraient voir leurs coûts augmenter et leur compétitivité diminuer.
« Les entreprises québécoises ne peuvent pas fonctionner dans un climat d’incertitude permanent. Lorsqu’il devient impossible de prévoir les coûts ou les conditions d’accès au principal marché d’exportation du Québec, les investissements sont souvent remis à plus tard et les projets de croissance ralentissent », estime Francis Prévost, directeur des affaires publiques et gouvernementales de MEQ.
Un secteur essentiel pour l’économie québécoise
Le manufacturier demeure l’un des moteurs de l’économie du Québec. Selon MEQ, il représente 12,4 % du produit intérieur brut (PIB) québécois et plus de 86 % des exportations de la province. En 2024, les ventes du secteur ont atteint plus de 219 milliards de dollars et celui-ci employait plus de 500 000 personnes réparties dans quelque 13 600 entreprises.
Dans ce contexte, une hausse aussi importante des tarifs douaniers pourrait avoir des répercussions bien au-delà des seules entreprises exportatrices. Les chaînes d’approvisionnement entre le Canada et les États-Unis sont fortement intégrées, ce qui signifie que des coûts supplémentaires peuvent rapidement se répercuter sur les fournisseurs, les sous-traitants et, ultimement, les consommateurs des deux côtés de la frontière.
Trois demandes aux gouvernements
Face à cette situation, MEQ demande aux gouvernements du Québec et du Canada d’intervenir rapidement.
L’organisation réclame d’abord que les intérêts canadiens soient défendus par tous les moyens diplomatiques, politiques et juridiques disponibles. Elle souhaite également la mise en place de mesures temporaires pour aider les entreprises touchées à maintenir leurs liquidités, poursuivre leurs investissements et accélérer la diversification de leurs marchés d’exportation.
Enfin, MEQ estime que cette crise doit servir de levier pour améliorer durablement la compétitivité du secteur manufacturier, notamment en favorisant l’innovation, l’automatisation, la réduction du fardeau réglementaire et un meilleur accès aux programmes d’aide destinés aux exportateurs.
Alors que les discussions entourant l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) doivent se poursuivre, l’organisation rappelle qu’un environnement commercial stable demeure essentiel pour préserver les investissements, les emplois et la compétitivité des entreprises manufacturières québécoises.
Sources
- Communiqué de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), 21 juillet 2026.
- Gouvernement du Canada – Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

