L’opposition au projet de méga centre de données prend de l’ampleur à Sherbrooke

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SHERBROOKE – Le projet de méga centre de données envisagé à Sherbrooke continue de faire réagir. Depuis son annonce, la contestation prend de l’ampleur et s’organise sur plusieurs groupes Facebook, pages citoyennes et forums de discussion, où des résidents partagent des informations, des analyses et des appels à la mobilisation.

Parmi les initiatives lancées, une pétition sur Change.org, créée par David Letendre, connaît une forte progression. À l’heure d’écrire ces lignes, elle avait recueilli 1402 signatures, signe que le dossier suscite un intérêt grandissant auprès de la population sherbrookoise.

Les opposants soulèvent plusieurs préoccupations. Ils s’inquiètent notamment de la consommation d’électricité qu’exigerait une telle installation, des impacts environnementaux, des nuisances sonores, de l’utilisation d’un vaste terrain industriel ainsi que du faible nombre d’emplois permanents qui seraient créés une fois le centre en activité. Plusieurs réclament également une plus grande transparence de la part des autorités, notamment la publication des études d’impact et la tenue d’une consultation publique.

Des enjeux environnementaux et énergétiques

Le débat s’inscrit également dans un contexte énergétique bien particulier. Pendant des décennies, le Québec a bénéficié d’importants surplus d’électricité grâce à son vaste parc hydroélectrique. Or, cette situation a beaucoup évolué au cours des dernières années. L’électrification des transports, la décarbonation des industries, la croissance de la population ainsi que l’arrivée de nouveaux projets industriels augmentent considérablement la demande en électricité. Dans ce contexte, l’attribution de blocs d’énergie à des centres de données soulève des questions sur les priorités énergétiques de la province.

En parallèle, le Québec souhaite se positionner comme un chef de file de l’intelligence artificielle. Les gouvernements et les entreprises misent sur le développement de nouvelles infrastructures numériques afin d’attirer des investissements dans ce secteur en pleine croissance. Pour les partisans du projet, les centres de données sont devenus indispensables au développement de cette économie du savoir. À l’inverse, leurs détracteurs estiment que cette ambition ne doit pas se faire au détriment de l’environnement, de la transparence ou de l’acceptabilité sociale.

Les échanges sont particulièrement animés sur les réseaux sociaux. Certains citoyens appuient la pétition et estiment que Sherbrooke mérite un véritable débat sur l’acceptabilité sociale d’une infrastructure de cette ampleur. D’autres rappellent que les centres de données modernes sont beaucoup plus performants sur le plan énergétique qu’auparavant, qu’ils sont soumis à des normes environnementales strictes et qu’ils représentent une occasion de développement économique pour la région.

Un débat partout dans le monde

Le phénomène dépasse d’ailleurs largement Sherbrooke. Partout en Amérique du Nord et en Europe, la multiplication des centres de données, alimentée par la croissance fulgurante de l’intelligence artificielle et de l’infonuagique, suscite des débats similaires. Si certains y voient une infrastructure essentielle pour l’économie numérique de demain, d’autres s’interrogent sur leur consommation énergétique, leur empreinte environnementale et les bénéfices réels qu’ils apportent aux collectivités qui les accueillent.

À Sherbrooke, le dossier est donc loin d’être clos. Alors que les promoteurs mettent de l’avant les investissements et le potentiel économique du projet, la mobilisation citoyenne continue de prendre de l’ampleur et plusieurs résidents demandent que l’ensemble des informations entourant le projet soient rendues publiques avant que les prochaines étapes ne soient franchies.

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