Un pékan aurait attaqué un chat près de Windsor : appel à la prudence en Estrie

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SAINT-FRANÇOIS-XAVIER-DE-BROMPTON — Un chat s’en est tiré avec des blessures après une attaque attribuée à un pékan dans un secteur rural de Saint-François-Xavier-de-Brompton, près de Windsor. L’incident a poussé une résidente à lancer un appel à la prudence aux propriétaires de chats de l’Estrie.

Dans une publication diffusée dans le groupe Facebook Animaux perdus / trouvés Sherbrooke et tout l’ESTRIE, Vicky Bouchard raconte que le chat de sa voisine aurait été attaqué en plein jour par un pékan.

Selon son témoignage, des traces de l’animal avaient déjà été observées dans le secteur et elle-même croyait en avoir aperçu un. La présence du pékan serait notamment remarquée près de la rue Goyette et du chemin de la Rivière.

Le chat a survécu à l’incident et a été examiné par un vétérinaire. Selon Mme Bouchard, l’animal se trouvait ensuite au repos à l’intérieur et demeurait « plein d’énergie malgré tout ».

Il faut toutefois préciser qu’aucune image ne montre le moment de l’attaque ni ne permet d’identifier indépendamment l’animal responsable des blessures. Un internaute a d’ailleurs soulevé cette question sous la publication. L’attribution de l’attaque à un pékan repose donc sur le témoignage de la résidente et sur les indices observés dans le secteur.

IMAGE TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK / VICKY BOUCHARD PERSO

Un animal bien présent dans le sud du Québec

Le pékan, aussi appelé martre de Pennant, n’est pas une nouvelle arrivée dans les Cantons-de-l’Est. Il s’agit d’une espèce indigène présente dans toute la partie sud du Québec.

Ce mammifère de la famille des mustélidés est notamment apparenté à la martre, au vison et aux belettes. Contrairement à ce que son nom anglais « fisher » pourrait laisser croire, le poisson ne constitue pas une partie importante de son alimentation.

Un mâle peut mesurer de 90 à 120 centimètres, queue comprise, et peser jusqu’à 6,3 kilos. Les femelles sont généralement beaucoup plus petites. L’animal possède un corps allongé, une longue queue touffue et des griffes qui lui permettent de grimper facilement aux arbres.

Le gouvernement du Québec indique que le pékan fréquente surtout les forêts mixtes et résineuses, mais également les territoires agroforestiers. Son domaine vital peut couvrir en moyenne de 10 à 60 kilomètres carrés, ce qui explique qu’un même individu puisse être aperçu à des endroits relativement éloignés les uns des autres.

La publication a d’ailleurs suscité d’autres témoignages. Une résidente affirme avoir aperçu un pékan sur son patio cet été à Lennoxville, tandis qu’une autre dit en avoir vu un traverser le chemin de la Rivière au début de l’été. Ces observations demeurent évidemment des témoignages individuels, mais la présence de l’espèce dans la région est tout à fait compatible avec son aire de répartition connue.

Les chats sont-ils réellement une proie du pékan?

Le pékan se nourrit principalement de lièvres, de petits mammifères et d’oiseaux. Il consomme également des carcasses et, durant l’été, des fruits et des insectes. Il est surtout connu pour être l’un des rares prédateurs capables de s’attaquer au porc-épic.

Un pékan est physiquement capable de s’attaquer à un chat domestique. Cela ne signifie cependant pas que les chats constituent une proie habituelle de l’espèce.

La Division of Fisheries and Wildlife du Massachusetts, où l’on retrouve également des populations de pékans, souligne que l’animal peut tuer un chat ou un petit chien, mais qu’il privilégie généralement des proies plus petites. L’organisme cite notamment une ancienne étude au cours de laquelle plus de 1000 contenus stomacaux de pékans avaient été examinés : un seul contenait des poils de chat.

Autrement dit, le risque existe, particulièrement pour un petit animal laissé sans surveillance, mais la réputation du pékan comme grand prédateur de chats semble dépasser la réalité documentée.

Un animal qui peut aussi circuler le jour

L’incident rapporté près de Windsor aurait eu lieu en plein jour. Ce détail n’exclut pas la présence d’un pékan.

Même si ces animaux peuvent être particulièrement actifs lorsque la luminosité diminue, ils ne sont pas strictement nocturnes. Les autorités fauniques du Massachusetts indiquent qu’ils peuvent être actifs aussi bien le jour que la nuit et qu’ils demeurent actifs toute l’année.

Le gouvernement québécois précise pour sa part que le pékan est un animal solitaire disposant d’un territoire considérable. Il peut également s’aventurer occasionnellement en milieu ouvert.

Le débat sur les chats laissés en liberté

La publication a rapidement dépassé la seule question du pékan pour relancer un débat récurrent : devrait-on laisser les chats domestiques circuler librement à l’extérieur?

Plusieurs internautes ont recommandé de les garder à l’intérieur, particulièrement la nuit. D’autres ont rappelé que les chats vivant en liberté sont eux-mêmes des prédateurs et peuvent tuer des oiseaux et de petits mammifères.

Une intervenante impliquée auprès d’un refuge a notamment suggéré différentes solutions permettant aux chats de profiter de l’extérieur sans circuler librement : un enclos extérieur de type « catio », le harnais, une cour sécurisée ou encore des sorties supervisées.

Cette recommandation rejoint celle du gouvernement du Québec. Dans sa fiche consacrée au chat domestique, Québec recommande de garder les chats à l’intérieur. La mesure protège la faune, mais réduit également pour le chat les risques d’être frappé par un véhicule ou de contracter certaines maladies.

Pas question pour autant de présenter le pékan comme un animal à éliminer. Plusieurs personnes l’ont aussi rappelé dans les commentaires : le pékan est une espèce sauvage indigène qui occupe naturellement les forêts et les secteurs agroforestiers de l’Estrie.

Dans un territoire où les quartiers résidentiels, les terres agricoles et les boisés se côtoient, les rencontres entre animaux domestiques et faune sauvage sont pratiquement inévitables. La meilleure protection demeure donc de réduire les occasions où un chat se retrouve seul devant un pékan, un coyote ou un autre animal sauvage.

Dans le cas rapporté près de Windsor, le chat aura au moins eu de la chance : malgré ses blessures, il a survécu et récupère maintenant à l’intérieur.

Sources :

  • Publication de Vicky Bouchard dans le groupe public Animaux perdus / trouvés Sherbrooke et tout l’ESTRIE, ainsi que les commentaires publics associés.
  • Gouvernement du Québec, « Pékan », ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
  • Gouvernement du Québec, « Chat domestique », ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
  • Massachusetts Division of Fisheries and Wildlife, « Fishers: fact vs. fiction » et « Learn about fishers ».

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