Le drapeau du Québec en berne pour les funérailles d’Oliver Jones

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QUÉBEC — Le drapeau du Québec qui flotte sur la tour centrale de l’hôtel du Parlement sera mis en berne jeudi 20 août, de l’aube au crépuscule, à l’occasion des funérailles d’Oliver Jones, l’une des grandes figures de l’histoire du jazz québécois.

La décision a été annoncée mercredi par la présidente de l’Assemblée nationale, Nathalie Roy, conjointement avec la première ministre Christine Fréchette. Le pianiste montréalais est décédé le 22 juillet dernier, à l’âge de 91 ans.

La présidente de l’Assemblée nationale a également offert ses condoléances à la famille et aux proches du musicien, ainsi qu’aux nombreux mélomanes qui l’ont suivi au cours de sa longue carrière.

Une figure majeure du jazz québécois

Né à Montréal en 1934, Oliver Jones a commencé l’apprentissage du piano dès son enfance. De 1943 à 1949, il a notamment étudié auprès de Daisy Peterson Sweeney, qui était également la sœur et professeure du célèbre pianiste montréalais Oscar Peterson. Il s’est ensuite inscrit en musique à l’Université McGill en 1950 avant de poursuivre sa formation en arrangement musical.

Avant de devenir l’un des grands noms du jazz canadien, Jones a joué dans plusieurs cabarets montréalais. Il a également passé une quinzaine d’années à Porto Rico, où il dirigeait un orchestre de style calypso. Son retour au Québec au début des années 1980 marquera véritablement le décollage de sa carrière internationale.

À partir de cette période, le pianiste multiplie les enregistrements, les festivals et les tournées. Il se produit notamment aux États-Unis, en Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande ainsi que dans plusieurs pays africains. Entre 1983 et 1993 seulement, il enregistre plusieurs albums avec l’étiquette montréalaise Justin Time Records.

Une carrière de près de 80 ans

Oliver Jones n’a pas seulement marqué le Québec par ses performances. Il a également consacré une partie importante de sa carrière à la transmission de son savoir aux nouvelles générations de musiciens.

Il a notamment enseigné à l’Université Laurentienne, qui lui a décerné un doctorat honorifique en musique en 1992. L’Ordre national du Québec souligne également son habitude de jouer avec de jeunes artistes et son rôle dans le développement de la relève jazz.

Sa carrière, qui s’est étendue sur environ 80 ans, lui a valu de nombreuses récompenses. Il a notamment remporté un prix Juno pour le meilleur enregistrement jazz en 1986, un Félix en 1989 et le prix Oscar-Peterson en 1990. Il a été fait chevalier de l’Ordre national du Québec en 1994 et officier de l’Ordre du Canada.

Il avait également reçu la Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale.

Son nom restera associé au jazz montréalais

L’influence d’Oliver Jones est particulièrement importante à Montréal, ville où il a contribué pendant plusieurs décennies à populariser le jazz auprès du grand public. L’Ordre national du Québec estime que son travail a participé à faire de cette musique un élément important de l’identité culturelle montréalaise.

Le Festival international de jazz de Montréal, où Oliver Jones s’est produit pendant plus de 30 éditions, a d’ailleurs créé en son honneur le prix Oliver-Jones. Cette distinction vise notamment à mettre en valeur des artistes issus des communautés noires qui contribuent au développement et au rayonnement du jazz.

Près d’un mois après sa disparition, l’hommage rendu jeudi à l’hôtel du Parlement viendra ainsi souligner non seulement la carrière d’un pianiste, mais celle d’un musicien devenu, au fil des décennies, l’un des grands ambassadeurs québécois et canadiens du jazz.

Sources :

  • Assemblée nationale du Québec, « Décès de M. Oliver Jones : le drapeau du Québec en berne à l’hôtel du Parlement », 19 août 2026.
  • Ordre national du Québec, biographie d’Oliver Jones.
  • Ordre national du Québec, « Oliver Jones, C.Q. (1934-2026) – Une légende du jazz s’éteint ».
  • Gouverneure générale du Canada, hommage à Oliver Jones, 23 juillet 2026.
  • Festival international de jazz de Montréal, Prix Oliver-Jones.

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