SHERBROOKE – Certaines personnes semblent questionner le Parti québécois en ce moment, à savoir pourquoi il n’a pas encore dévoilé son candidat — ou sa candidate — dans Sherbrooke. Pourtant, selon l’agrégateur électoral Qc125, la formation dirigée par Paul St-Pierre Plamondon aurait des chances de l’emporter. Ce n’est pas qu’il ne se passe rien à Sherbrooke en ce moment, mais une candidature embarrasse le parti : celle d’Évelyne Beaudin, ancienne mairesse de Sherbrooke.
Selon Pascal Cyr, auteur, historien et passionné de politique à ses heures, Évelyne Beaudin est particulièrement contestée au sein de l’association péquiste locale. Le Parti québécois souhaite bien sûr avoir des candidatures de qualité et des personnalités publiques, autant que possible. Cependant, Évelyne Beaudin étant pressentie pour représenter le parti souverainiste, plusieurs membres locaux hésitent à lui donner leur appui.
Rappelons que Mme Beaudin a connu un mandat des plus compliqués à l’hôtel de ville. De nombreuses controverses ont émaillé son mandat, au terme duquel elle a finalement décidé de ne pas en solliciter un second. Une des raisons expliquant la victoire de l’ancienne ministre libérale Marie-Claude Bibeau est le mécontentement face à l’administration Beaudin.
Accusée par les uns de ne pas être assez « à gauche » ou, à l’inverse, d’être « woke » par d’autres opposants, elle a déçu, pendant son mandat, autant les tenants d’une ligne de gauche plus radicale que ceux qui ont critiqué les conflits de personnalité impliquant la mairesse et d’autres acteurs de la politique municipale. C’est finalement Raïs Kibonge qui a représenté Sherbrooke Citoyen lors des dernières élections municipales, ne faisant élire que quelques conseillers municipaux.
Dans ce contexte, on peut comprendre pourquoi la candidature de l’ancienne mairesse crée un malaise dans les milieux péquistes sherbrookois. Beaudin a quand même quelques cordes à son arc : des études supérieures en économie, de l’expérience politique et une implication indépendantiste de longue date, qui a commencé avec Option nationale, puis s’est poursuivie avec les OUI Québec, et ce, même après son départ de la mairie de Sherbrooke. Elle s’est également impliquée pour favoriser le rôle des femmes en politique.
Cependant, un parti qui aspire à prendre le pouvoir ne peut pas se permettre, en amont, de sélectionner une candidate controversée et facilement attaquable. Surtout s’il existe déjà des divisions au sein du parti au sujet de la candidature en question. Sur Facebook, certains affirment qu’une annonce sera faite bientôt. Quoi qu’il en soit, le Parti québécois devra prendre une décision rapidement.
Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

