MAGOG – À Magog, il existe un dojo où le judo se vit bien au-delà du sport. On y apprend à tomber, à se relever, à respecter l’autre et à progresser, pas seulement sur le tatami, mais aussi dans la vie de tous les jours. Depuis 2015, le Club de judo Magog est devenu un lieu de transmission, de discipline et d’entraide, porté par une famille passionnée et profondément attachée à l’Estrie.
L’histoire commence en janvier 2015, à l’école Montessori de Magog. À l’époque, il n’y avait plus de judo à Magog depuis quelques années, et Yannick Degasne a voulu redonner vie à cette discipline dans la région. Ils étaient seulement trois sur le tatami au départ; aujourd’hui, le club compte plus d’une centaine de membres.

Une passion arrivée de France et enracinée en Estrie
Yannick Degasne, président et directeur technique du Club de judo Magog, est arrivé de France en 2012 avec sa famille. Comme bien d’autres avant lui, il est tombé en amour avec l’Estrie, ses paysages, ses villages, son rythme de vie et cette proximité humaine qui donne envie de s’impliquer. Quelques années plus tard, cette terre d’accueil est devenue le point de départ d’un projet sportif et communautaire.
Pour Yannick, le judo n’a jamais été seulement une question de performance. Ceinture noire, plusieurs fois médaillé aux championnats canadiens et représentant de la France à deux championnats du monde vétérans, à Las Vegas et à Paris, il voit dans cette discipline une véritable école de vie. En fondant le club, il voulait offrir aux jeunes un milieu où apprendre le respect, développer leur confiance et découvrir la force tranquille de l’effort.
Un dojo qui grandit avec ses jeunes
Le Club de judo Magog propose des cours à partir de 4 ans, autant pour les jeunes qui veulent pratiquer par plaisir que pour ceux qui souhaitent se diriger vers la compétition. Les cours ont lieu quatre fois par semaine, notamment le lundi, le jeudi et le vendredi à Magog, ainsi que le mercredi à Eastman. Le club offre aussi des activités parascolaires à l’école Montessori primaire de Magog, où plusieurs enfants découvrent leurs premiers mouvements de judo.
Au fil des années, le dojo est devenu un groupe soudé. On y retrouve des enfants, des adolescents, des adultes, des familles et des bénévoles qui partagent le même esprit d’entraide. Dans un monde où les jeunes sont parfois happés par les écrans et la pression du quotidien, le judo leur offre un espace concret pour bouger, se concentrer et apprendre à canaliser leur énergie.
Une histoire de transmission avec Marie-Garance
Aux côtés de Yannick, sa fille Marie-Garance poursuit aujourd’hui cette mission avec naturel et conviction. Elle aussi originaire de France, elle vient d’une famille profondément enracinée dans le judo, avec un oncle 6e Dan et des cousins également judokas. Chez les Degasne, le judo n’est pas qu’une activité : c’est une culture familiale, une manière d’être et de transmettre.
Ceinture noire, ancienne arbitre nationale et participante à plusieurs championnats canadiens, Marie-Garance a connu presque toutes les facettes de ce sport. Son parcours aux Jeux du Québec est particulièrement complet : elle y a été athlète, bénévole à plusieurs reprises, arbitre, puis entraîneuse à deux reprises. Elle siège également au comité féminin de Judo Québec, où elle contribue au développement et au rayonnement du judo féminin.

Le code moral au cœur de l’enseignement
Ce qui distingue le Club de judo Magog, c’est cette volonté de placer l’humain avant les médailles. Bien sûr, plusieurs athlètes du club obtiennent des résultats nationaux et certains ont même participé à des compétitions internationales. Mais derrière ces réussites, il y a surtout un travail patient, des encouragements, des bénévoles et une philosophie qui accompagne les jeunes dans leur développement.
Le club s’appuie sur le code moral du judo, composé de huit valeurs fondamentales : la politesse, le courage, la sincérité, l’honneur, la modestie, le respect, le contrôle de soi et l’amitié. Ces principes suivent les judokas sur le tatami, mais aussi à l’école, à la maison et dans leurs relations avec les autres. C’est cette dimension éducative qui donne au club son caractère profondément familial et communautaire.
Une croissance qui rend fier
Comme toute organisation sportive locale, le Club de judo Magog a dû relever des défis. Trouver une salle pour enseigner le judo, obtenir de l’aide, convaincre les municipalités et les écoles de l’importance du projet : rien n’a été automatique. Mais la persévérance a fini par porter ses fruits.
L’une des grandes fiertés du club est sa croissance récente. En seulement deux ans, il est passé de 45 licenciés à plus de 100, un signe clair que le judo répond à un besoin dans la région. Le club compte aussi environ 30 % de participantes féminines, une donnée importante pour une discipline que l’on souhaite rendre accessible, accueillante et représentative de toute la communauté.
Des bénévoles qui donnent sans compter
Le Club de judo Magog fonctionne entièrement grâce à l’engagement bénévole. Derrière chaque cours, chaque déplacement, chaque compétition et chaque jeune accompagné, il y a des gens qui donnent de leur temps par passion. Cette réalité dit beaucoup sur l’esprit du club : on n’y vient pas seulement pour enseigner une technique, mais pour contribuer à quelque chose de plus grand que soi.
Yannick et Marie-Garance seront d’ailleurs les entraîneurs de l’Estrie aux Jeux du Québec, une reconnaissance importante pour leur implication régionale. Leur travail dépasse les murs du dojo, puisqu’ils participent activement au développement des athlètes estriens. Pour les jeunes judokas, voir leurs entraîneurs rayonner à ce niveau devient aussi une source de motivation et de fierté.

Une offre concrète pour la communauté
Le Club de judo Magog offre des cours de judo pour tous à partir de 4 ans, autant en loisir qu’en compétition. Les familles qui cherchent une activité structurante, dynamique et porteuse de valeurs y trouvent un milieu accueillant, où chaque enfant peut progresser à son rythme. Le club accueille autant les débutants que les jeunes plus avancés qui souhaitent aller plus loin dans leur parcours sportif.
Dans les prochaines années, l’organisation souhaite continuer à progresser et développer plusieurs projets. Parmi les ambitions évoquées, on retrouve l’ouverture d’un programme sport-études, ainsi que des cours axés sur la prévention des chutes. Cette dernière idée montre bien que le judo peut aussi servir la communauté autrement, notamment en aidant les gens à mieux bouger, à mieux réagir et à préserver leur autonomie.
Un dojo qui fait bouger l’Estrie
À Magog, Eastman et dans les environs, le Club de judo Magog contribue à faire bouger les gens, mais aussi à transmettre des repères. Dans une société où l’on cherche souvent des activités capables de former autant le corps que le caractère, le judo occupe une place particulière. Il enseigne la discipline sans dureté, la force sans arrogance et la confiance sans individualisme.
De trois personnes sur le tatami à plus d’une centaine de membres, le chemin parcouru depuis 2015 est impressionnant. Mais ce qui frappe le plus, c’est peut-être la simplicité de l’histoire : une famille passionnée, une région d’adoption, des enfants qui grandissent et une communauté qui se rassemble autour d’un dojo. À travers le Club de judo Magog, Yannick et Marie-Garance Degasne montrent qu’un sport peut devenir un véritable lieu de vie.

Club de judo Magog
Adresse : 344 rue Principale, Magog
Téléphone : (819) 434-7275
Site web : http://judomagog.com

