Violence dans la LNH : Le hockey moderne doit-il évoluer ou rester fidèle à ses racines ?

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SHERBROOKE – Il faut se le dire… le hockey des séries, ce n’est pas pour les doux.

On ne peut pas se le cacher, l’intensité et la robustesse font partie de l’ADN du hockey. Chaque printemps, lorsque les séries éliminatoires commencent, le jeu change. Les contacts deviennent plus lourds, les émotions plus vives, et la ligne entre intensité et débordement devient parfois très mince.

Mais le débat, lui, revient inévitablement, année après année.

Jusqu’où cette violence est-elle acceptable ? Parce qu’au-delà de l’aspect physique, une question demeure : est-ce que cette réalité ne vient pas, à certains moments, brimer la beauté du sport ?

Il suffit de regarder le hockey présenté aux Jeux olympiques pour constater qu’un niveau de compétition tout aussi élevé peut exister sans cette violence parfois excessive que l’on observe dans la Ligue nationale de hockey.

Le jeu y est rapide, précis, spectaculaire. L’intensité est bien réelle mais elle s’exprime autrement. Ce contraste alimente une réflexion de fond. Le hockey a-t-il réellement besoin de cette dose de violence pour être captivant… ou s’agit-il simplement d’une tradition qui doit continuer pour ne pas dénaturaliser le sport ?

Des scènes qui alimentent le débat

Vendredi soir, au Centre Bell, la tension est montée d’un cran en troisième période alors que l’égalité persistait entre le Canadiens de Montréal et le Lightning de Tampa Bay.

Une mêlée a éclaté devant le filet de Jakub Dobeš lorsque le quatrième trio du Lightning s’est fait insistant. Le défenseur Emil Lilleberg a projeté Jake Evans dans la cage, déclenchant une réaction immédiate.

Quelques instants plus tard, les esprits se sont échauffés davantage. Phillip Danault a eu maille à partir avec Zemgus Girgensons dans une séquence confuse. L’attaquant est revenu au banc avec le nez en sang, nécessitant l’intervention du personnel médical.

Des images fortes. Mais surtout, des images qui, en séries, semblent presque normales.

IMAGE CAPTURE TVA SPORTS
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Slafkovský : une séquence révélatrice

Quelques jours plus tôt, une autre scène a marqué les esprits.

Le jeune Juraj Slafkovský a choisi de jeter les gants face à Brandon Hagel. Un geste inattendu, et surtout risqué. Le combat a été bref. Quelques secondes ont suffi pour que Slafkovský se retrouve au sol, visiblement sonné. La foule a explosé, et l’énergie du match a basculé instantanément.

Mais c’est la réaction de Hagel qui a fait réagir. Gestes provocateurs, sourire, mise en scène du moment. Une attitude que plusieurs ont jugée déplacée, au-delà du simple cadre du jeu.

Une ligne de plus en plus mince

Ces événements surviennent alors que plusieurs voix continuent à se faire entendre, dont celle du chroniqueur Stéphane Laporte qui dénonçait récemment une dérive vers une violence qu’il juge inutile. Un point de vue qui ne fait pas l’unanimité.

Pour plusieurs amateurs, cette intensité, même parfois à la limite, fait partie intégrante du hockey dans la LNH. Le hockey des séries ne changera pas du jour au lendemain. L’intensité, la robustesse et l’émotion font partie de son identité. Elles contribuent aussi à ce qui rend ce moment de l’année si unique pour les partisans.

Mais à mesure que les scènes de débordement se multiplient, le débat devient de plus en plus difficile à éviter. Le hockey peut-il être spectaculaire et robuste sans violence excessive ?. Il l’a déjà prouvé.

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