ORFORD — Il faudra regarder où l’on met les pieds au parc national du Mont-Orford au cours des prochaines semaines. Les jeunes tortues serpentines de 2026 commencent à sortir de leur nid, notamment dans le secteur du Centre de découverte et de services Le Cerisier. Minuscules et particulièrement bien camouflées dans le gravier, elles entreprennent maintenant leur premier voyage vers l’eau.
Une course vers l’eau dès la naissance
Chez la tortue serpentine, les œufs sont généralement pondus entre la fin mai et la fin juin au Canada, souvent dans du sable, du gravier ou un sol facile à creuser. L’incubation dure généralement de 65 à 95 jours, ce qui explique pourquoi les jeunes commencent à émerger de la fin août jusqu’à l’automne. Une fois sorties du nid, les petites tortues se dirigent instinctivement vers un plan d’eau.
Le parc national du Mont-Orford indique que les nouveau-nés sont actuellement visibles près du pavillon Le Cerisier et invite les visiteurs à surveiller leurs pas. Leur petite taille et leur couleur sombre les rendent difficiles à distinguer du gravier et du sol. À ce stade de leur vie, leur carapace peut être à peine plus grande qu’une pièce de deux dollars.
Une espèce bien présente au Mont-Orford
La présence de la tortue serpentine, Chelydra serpentina, est documentée dans le parc national du Mont-Orford. Il s’agit de la plus grosse espèce de tortue d’eau douce du Canada, même si les individus qui émergent actuellement n’ont évidemment rien de l’imposante silhouette des adultes. L’espèce fréquente surtout les étangs, marais, lacs et cours d’eau calmes comportant des fonds vaseux ou sablonneux.
La tortue serpentine est par ailleurs désignée « préoccupante » en vertu de la Loi sur les espèces en péril au Canada. Sa stratégie de reproduction la rend particulièrement vulnérable : les tortues atteignent leur maturité relativement tard et une grande proportion des œufs et des nouveau-nés ne survivront pas jusqu’à l’âge adulte. Les collisions routières, la perte de milieux humides et la mortalité accrue des adultes peuvent donc avoir des conséquences importantes sur les populations.
Regarder avant de poser la bottine
Pour les visiteurs du Mont-Orford, la consigne est finalement très simple : ouvrir l’œil, particulièrement dans les zones de gravier autour du Centre Le Cerisier. Ces petites tortues qui peuvent facilement passer inaperçues n’ont que quelques mètres ou dizaines de mètres à parcourir, mais cette première traversée constitue déjà une étape risquée de leur existence. Le parc demande donc aux marcheurs de leur laisser le passage et, surtout, d’éviter de les piétiner accidentellement.
Sources :
- Parc national du Mont-Orford — publication publique du 9 septembre 2026 sur l’émergence des jeunes tortues serpentines près du Centre Le Cerisier.
- Gouvernement du Québec — documentation sur la faune du parc national du Mont-Orford et présence de la tortue serpentine.
- Environnement et Changement climatique Canada — Plan de gestion de la tortue serpentine au Canada.
- Parcs Canada — renseignements sur la tortue serpentine et les jeunes tortues.

