L’Association pulmonaire du Québec demande de faire du radon une priorité de santé publique

Partagez

MONTRÉAL – À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer du poumon, soulignée le 1er août, l’Association pulmonaire du Québec a demandé au gouvernement provincial d’agir davantage contre le radon, un gaz radioactif naturel qui peut s’accumuler à l’intérieur des bâtiments.

Invisible, inodore et sans goût, le radon est considéré comme la principale cause de cancer du poumon chez les personnes qui n’ont jamais fumé. Il provient de la dégradation naturelle de l’uranium présent dans le sol et peut s’infiltrer dans les habitations, notamment par les fissures dans les fondations, les drains et les ouvertures autour des conduites.

Selon les données présentées par l’Association pulmonaire du Québec, 18 % des demeures québécoises ayant fait l’objet de mesures présentaient une concentration supérieure à 200 becquerels par mètre cube d’air, soit le seuil à partir duquel Santé Canada recommande de prendre des mesures correctives.

Puisque le radon ne peut être détecté par les sens, la seule manière de connaître sa concentration dans une résidence demeure l’utilisation d’un appareil de mesure, généralement installé pendant plusieurs mois.

« Le radon est un risque réel, mais évitable. Personne ne devrait développer un cancer du poumon parce qu’il ignorait que sa maison contenait un niveau dangereux de radon. Nous avons les connaissances et les moyens d’agir; il faut maintenant une volonté gouvernementale », a déclaré Dominique Massie, directrice générale de l’Association pulmonaire du Québec.

Trois mesures réclamées au gouvernement

L’organisme demande d’abord au gouvernement du Québec de rétablir le financement destiné au recensement du radon dans la province. Ces données permettraient notamment de maintenir à jour les outils d’information et la cartographie des concentrations disponibles pour la population.

L’Association pulmonaire réclame également la mise en place d’un programme de détection dans les résidences, mais aussi dans les écoles, les garderies et les autres bâtiments fréquentés par le public.

Enfin, l’organisme souhaite qu’une aide financière soit offerte aux ménages à faibles revenus lorsque des travaux doivent être réalisés pour réduire une concentration élevée de radon.

Ces travaux peuvent notamment comprendre l’installation d’un système permettant d’évacuer le gaz présent sous les fondations avant qu’il ne pénètre dans le bâtiment.

Un risque qui ne concerne pas seulement les fumeurs

Le tabagisme demeure le principal facteur de risque associé au cancer du poumon. L’Association pulmonaire du Québec rappelle toutefois que la maladie peut également toucher des personnes qui n’ont jamais fumé, notamment en raison d’une exposition prolongée au radon.

L’organisme encourage ainsi les Québécois à mesurer la concentration de radon dans leur résidence et demande au gouvernement d’en faire une véritable priorité de santé publique.

Source : Association pulmonaire du Québec

Nouvelles

Actualités