Un DEP à plus de 20 000 $ pour accéder à la résidence permanente? Une spécialiste relance le débat

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SHERBROOKE — La spécialiste en francisation et en immigration Tania Longpré dénonce ce qu’elle considère comme une façon détournée d’accéder à la résidence permanente canadienne par l’entremise de certains collèges privés.

Dans une publication diffusée mercredi sur le réseau social X, elle cite l’exemple du DEP en secrétariat offert par le Collège supérieur de Montréal et le Collège supérieur de Sherbrooke.

Selon elle, un étudiant étranger doit débourser environ 20 228 $ par année pour suivre cette formation, alors que le coût serait de 10 561 $ pour un étudiant québécois.

Tania Longpré affirme que plusieurs DEP de 1 800 heures peuvent permettre à des étudiants étrangers d’accéder au Programme de l’expérience québécoise, mieux connu sous le nom de PEQ.

Le DEP en secrétariat serait particulièrement populaire et représenterait 36 % des inscriptions dans les formations concernées.

La spécialiste se demande toutefois si le Québec connaît réellement une pénurie de secrétaires. Elle souligne également que l’intelligence artificielle peut maintenant accomplir une partie importante des tâches administratives autrefois confiées aux secrétaires.

Pour être admis au PEQ, le diplôme ne serait cependant pas suffisant. Les candidats doivent notamment démontrer un niveau de français correspondant au niveau 7 à l’oral et au niveau 5 à l’écrit selon l’Échelle québécoise.

Toujours selon Tania Longpré, les étudiants peuvent avoir suivi leur formation en anglais. Ils doivent néanmoins réussir un examen de français reconnu et avoir été présents au Québec pendant au moins la moitié de leur formation.

Elle critique également la possibilité de suivre une partie des cours en ligne à partir de l’étranger.

Un modèle d’affaires basé sur l’immigration

Tania Longpré accuse certains collèges privés de vendre davantage le rêve canadien qu’une véritable formation professionnelle.

Elle estime que leur modèle d’affaires repose principalement sur les étudiants étrangers qui souhaitent éventuellement obtenir la résidence permanente.

Sa sortie survient alors que le Tribunal administratif du Québec a récemment permis au Collège supérieur de Montréal et au Collège supérieur de Sherbrooke de reprendre leurs activités d’enseignement.

Le gouvernement avait auparavant tenté d’empêcher les deux établissements de poursuivre leurs activités.

Pour Tania Longpré, cette décision revient pratiquement à leur permettre de reprendre la vente d’un accès indirect à la résidence permanente.

Elle critique également les personnes qui ont défendu le maintien du PEQ dans les derniers mois.

Selon elle, le gouvernement devra éventuellement revoir complètement le programme et mieux encadrer les collèges privés qui recrutent presque exclusivement des étudiants étrangers.

Elle conclut avec une proposition volontairement provocatrice : si le Québec souhaite continuer dans cette direction, il pourrait tout simplement fixer un prix à la résidence permanente et la vendre directement.

Ce serait, selon elle, au moins plus transparent que le système actuel.

Source : publication de Tania Longpré sur le réseau social X.

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