Centre de données à Sherbrooke : Stéphanie Vachon réclame un moratoire partout au Québec

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SHERBROOKE — La candidate de Québec solidaire dans Sherbrooke, Stéphanie Vachon, demande au gouvernement du Québec d’imposer un moratoire sur les nouveaux projets de centres de données. Elle souhaite que leur développement soit suspendu le temps de mener une réflexion à l’échelle de la province et d’adopter des règles plus claires.

Une opposition qui prend de l’ampleur à Sherbrooke

Cette sortie survient alors que le projet de Keel Infrastructure, anciennement Bitfarms, continue de soulever de l’opposition à Sherbrooke. L’entreprise veut réunir la puissance électrique de ses trois installations locales dans un seul campus de 96 mégawatts consacré à l’intelligence artificielle et au calcul de haute performance. Une pétition opposée au projet avait recueilli plus de 11 000 signatures au moment de l’annonce de Québec solidaire.

Les opposants craignent notamment les conséquences du projet sur la qualité de vie, le milieu naturel et l’utilisation des ressources. Une manifestation doit avoir lieu vendredi à Sherbrooke, en présence de Stéphanie Vachon. La candidate affirme vouloir y entendre directement les préoccupations des citoyens.

Un BAPE générique demandé

Stéphanie Vachon réclame également la tenue d’un BAPE générique sur l’ensemble de l’industrie des centres de données. Contrairement à l’examen d’un seul projet, ce type de mandat permettrait d’étudier les effets cumulatifs du développement de cette industrie au Québec et de consulter la population sur les règles qui devraient l’encadrer. Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement a pour rôle d’informer et de consulter la population, puis de conseiller le ministre responsable de l’Environnement.

« On doit absolument se pencher sur la question en tenant un BAPE générique pour baliser le déploiement de ces centres et s’assurer que notre énergie est consacrée uniquement à des projets qui répondent à nos intérêts collectifs plutôt que de servir les intérêts d’entreprises américaines », soutient la candidate solidaire.

Keel affirme ne pas demander davantage d’électricité

De son côté, Keel Infrastructure affirme que son projet ne nécessiterait aucune puissance électrique supplémentaire. Selon l’entreprise, l’entente avec Hydro-Sherbrooke permettrait plutôt de regrouper au même endroit les 96 mégawatts actuellement répartis entre ses trois sites de minage de bitcoins, soit Bunker, Léger et Garlock. La Ville aurait aussi autorisé la reclassification de cet usage électrique afin de permettre son passage vers l’intelligence artificielle et le calcul de haute performance.

Le débat ne porte donc pas uniquement sur la quantité d’électricité demandée, mais également sur l’emplacement du futur campus, ses effets sur le voisinage et l’environnement ainsi que sur l’utilisation à long terme de l’énergie québécoise. Pour Stéphanie Vachon, l’absence d’un cadre provincial suffisamment précis justifie de mettre les nouveaux projets sur pause avant qu’ils se multiplient.

Sources :

  • Québec solidaire, communiqué du 23 septembre 2026, « Centre de données à Sherbrooke : Stéphanie Vachon réclame un moratoire à l’échelle du Québec ».
  • Keel Infrastructure, communiqué du 15 juillet 2026, « Keel Infrastructure Advances Sherbrooke, Québec Data Center Project ».
  • Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, présentation du rôle et de la mission du BAPE.
  • Événement public de la manifestation contre le projet de centre de données, 25 septembre 2026.

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