SAINT-DENIS-DE-BROMPTON — En novembre, un membre de l’équipe de la MRC du Val-Saint-François photographiera certains bâtiments construits avant 1940 à Saint-Denis-de-Brompton. Les immeubles visés ont déjà été repérés dans les archives régionales. Les prises de vue se feront uniquement à l’extérieur et aideront la MRC à déterminer quels bâtiments retenir dans son inventaire du patrimoine bâti.
Des photos prises surtout depuis la rue
La MRC prévoit photographier principalement la façade avant et les côtés des bâtiments. La plupart du temps, la personne chargée des photos pourra travailler depuis la rue. Elle pourrait toutefois devoir s’avancer sur un terrain si des arbres cachent la façade ou si le bâtiment est trop loin du chemin. Dans certains cas, notamment lorsqu’un immeuble tourne le dos à la rue, elle pourrait aussi passer par la cour arrière.
Les photos serviront à l’analyse des immeubles, qui précède leur éventuelle inscription. La MRC utilise une grille de 19 critères pour évaluer, entre autres, la place d’un bâtiment dans l’histoire locale et sa façon d’illustrer un style architectural. Une maison, une grange ou un ancien commerce peuvent ainsi présenter un intérêt pour des raisons différentes. Les photos des immeubles retenus accompagneront les fiches d’inventaire que le public pourra consulter.
Ce que l’inventaire change pour les propriétaires
La Loi sur le patrimoine culturel oblige les MRC à tenir un inventaire des immeubles d’avant 1940 qui présentent une valeur patrimoniale. Elle leur permet aussi d’y ajouter des bâtiments plus récents. Dans le Val-Saint-François, une partie du travail préparatoire, dont la création de fiches descriptives et d’une grille d’évaluation, a été réalisée avec les MRC de Memphrémagog, des Sources et du Haut-Saint-François.
À Saint-Denis-de-Brompton, les travaux d’entretien d’un immeuble inscrit doivent respecter son caractère patrimonial. Si un propriétaire demande à démolir un bâtiment qui figure à l’inventaire, le comité municipal doit tenir une audience publique avant de se prononcer. Si la Municipalité autorise la démolition, la MRC dispose de 90 jours suivant la réception de l’avis de décision pour s’y opposer. Le classement d’un immeuble par Québec relève d’une démarche distincte.
Avant la municipalité, il y avait déjà une école
Quand Saint-Denis-de-Brompton est devenue une municipalité en 1935, les enfants du village fréquentaient déjà une école depuis douze ans. Construite à la fin de l’été 1923 pour 1 700 $, la première école accueillait des institutrices laïques. Elle a servi jusqu’en 1955, quand l’école Notre-Dame-des-Lacs a pris le relais.
Le 4 novembre, le Comité culturel a annoncé la mise en ligne de trois capsules d’Avant Saint-Denis, il était une fois…, consacrées à l’histoire du territoire avant la création de la municipalité. L’exposition présentée l’été dernier réunissait notamment un acte d’achat de terres par Ferdinand Bouffard et une carte du territoire des Abénakis avant l’arrivée des Européens. Le Comité évoque aussi un projet de balado qui raconterait l’histoire de lieux comme la Grange rouge et le garage Pruneau, à l’approche du centenaire de la municipalité en 2035.
Ce que racontent les bâtiments du Val-Saint-François
À Kingsbury, plusieurs maisons ont encore leur toit d’ardoise. Ce détail rappelle l’époque où le village était un centre d’extraction et de transformation de cette pierre, jusqu’au début du XXe siècle. À Richmond, le Musée de l’ardoise occupe une ancienne église presbytérienne de 1889 dont la toiture et la flèche sont elles-mêmes couvertes d’ardoise.
À Ulverton, les cultivateurs apportaient leur laine au moulin pour la faire carder, filer ou teindre avant qu’elle soit tissée à la maison. En 1849, William Read Dunkerley y a aménagé une manufacture dans un bâtiment qui servait déjà à scier le bois et à carder la laine. Les nombreuses fenêtres fournissaient la lumière nécessaire au travail. Le moulin, aujourd’hui classé, abrite un centre d’interprétation consacré à la transformation de la laine.
À Windsor, l’ancien atelier de menuiserie de la Poudrière servait à fabriquer les barils dans lesquels on mettait la poudre noire. L’usine, ouverte en 1864 sur les bords de la rivière Watopeka, comptait 56 bâtiments en 1918, dont une forge, des entrepôts et une centrale électrique. L’atelier de briques sert aujourd’hui de pavillon d’accueil sur le site patrimonial, où subsistent aussi des fondations et d’autres vestiges de l’usine.
Un autre bâtiment du Val-Saint-François a voyagé beaucoup plus loin, du moins en image. L’église presbytérienne St-Andrew’s, ouverte au culte en 1842 dans le canton de Melbourne, apparaît au verso du billet canadien de 2 $ de la série de 1954. On la distingue au milieu des champs, dans un paysage de la vallée de la Saint-François.
Sources :
- Municipalité de Saint-Denis-de-Brompton — Avis sur les visites de novembre, publié sur sa page Facebook.
- MRC du Val-Saint-François — Inventaire du patrimoine immobilier et déroulement des visites et rapport annuel 2025.
- Gouvernement du Québec — Loi sur le patrimoine culturel, article 120 et règles de démolition des immeubles patrimoniaux.
- Municipalité de Saint-Denis-de-Brompton — Règlement sur l’occupation et l’entretien des bâtiments.
- Commission de toponymie du Québec et Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke — Origines de la municipalité et histoire de la première école.
- Comité culturel de Saint-Denis-de-Brompton — Présentation du projet historique et capsules à visionner.
- MRC du Val-Saint-François et Ville de Richmond — Histoire de l’ardoise à Kingsbury et Musée de l’ardoise.
- Répertoire du patrimoine culturel du Québec — Moulin à laine d’Ulverton, Poudrière de Windsor et église St-Andrew’s.
- Musée de la Banque du Canada — Billet de 2 $ de la série de 1954.

