Le monument aux Braves au cœur du Jour du Souvenir

Partagez

SHERBROOKE — Un siècle après son inauguration, le monument aux Braves sera au cœur des commémorations du Jour du Souvenir à Sherbrooke. La population est invitée à se réunir le dimanche 8 novembre 2026, à 14 h, à la basilique-cathédrale Saint-Michel. Annoncée par Les Fusiliers de Sherbrooke, cette cérémonie gratuite soulignera le 100e anniversaire de ce monument devenu indissociable de la côte King.

Après la cérémonie à la basilique-cathédrale, les troupes se déplaceront vers le cénotaphe de la rue King Ouest, à l’intersection de la rue Gordon. On y procédera au dépôt des couronnes en hommage aux disparus. Ce rassemblement se déroulera au lendemain de la date anniversaire de l’inauguration du monument, dévoilé le 7 novembre 1926.

Un projet né après la Première Guerre mondiale

L’histoire du monument commence en 1923, lorsqu’un comité de citoyens demande qu’un mémorial soit érigé pour honorer les Sherbrookois ayant combattu durant la Première Guerre mondiale. La Ville entreprend alors les démarches pour donner suite au projet. Trois ans plus tard, le maire James Keith Edwards inaugure le monument devant plus de 6 000 personnes.

La création de ces lieux de mémoire répond alors à un besoin bien concret. De nombreuses familles ont perdu un proche dont la sépulture se trouve à l’étranger, loin de leur communauté. À Sherbrooke comme ailleurs au Québec, le monument permet de rappeler leur souvenir dans la ville qu’ils ont quittée.

Une œuvre signée George William Hill

Le monument est l’œuvre du sculpteur George William Hill, originaire de Shipton, aujourd’hui Danville, dans les Cantons-de-l’Est. Formé à Paris, l’artiste a réalisé plusieurs monuments commémoratifs militaires. Celui de Sherbrooke est considéré par Anciens Combattants Canada comme le plus élaboré de ses monuments de guerre.

Les trois soldats de bronze représentent des combattants canadiens dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. Au-dessus d’eux se dresse l’ange de la Victoire, les ailes déployées, tenant une couronne de laurier. Les sculptures ont été coulées en Belgique, tandis que le granit du socle provient des carrières de Stanstead.

334 noms pour rappeler les disparus

Derrière les personnages que les passants aperçoivent depuis la rue King, les plaques donnent toute sa portée au monument. La première porte les noms de 249 soldats sherbrookois morts pendant la Première Guerre mondiale. En novembre 1948, une seconde plaque est ajoutée à la mémoire des citoyens morts au cours de la Seconde Guerre mondiale, avec 85 noms supplémentaires.

L’ensemble atteint près de huit mètres de hauteur. Son importance historique, artistique et symbolique lui a valu un classement comme immeuble patrimonial le 9 novembre 2017. Cette protection porte sur l’ensemble du monument, qui demeure à la fois un lieu de recueillement et un repère dans le paysage sherbrookois.

Une exposition pour redécouvrir son histoire

Le centenaire donne également l’occasion de s’arrêter au pied du monument pour mieux connaître son histoire. Le Musée d’histoire de Sherbrooke y présente, jusqu’à la fin novembre, une exposition extérieure composée de quatre grands panneaux. On y retrace la création du cénotaphe ainsi que la contribution des militaires sherbrookois aux grands conflits du XXe siècle.

Réalisée avec la participation de la Légion de Sherbrooke et de la Ville, et le soutien financier du ministère de la Culture et des Communications, cette exposition accompagne les activités du centenaire. Elle permet de replacer le monument dans l’histoire des familles et de la communauté. La cérémonie du 8 novembre sera une autre occasion de se rassembler autour de ce lieu de mémoire, cent ans après son inauguration.

Sources :

Nouvelles

Actualités