Éric Edelmann : la méditation au cœur du quotidien

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SHERBROOKE — Méditer mille fois par jour : la formule peut surprendre. C’est pourtant le titre de la conférence que donnera Éric Edelmann le jeudi 12 novembre, de 19 h 30 à 21 h 30, au Delta de Sherbrooke. Docteur en philosophie de la Sorbonne et élève de longue date d’Arnaud Desjardins, il proposera une réflexion sur la place de la méditation dans la vie quotidienne.

Derrière cette soirée se trouve un parcours qui relie la France, les traditions spirituelles de l’Inde et les Cantons-de-l’Est. Installé au Québec depuis 1992, Éric Edelmann anime aujourd’hui avec son épouse Sophie l’ashram Mangalam, à Frelighsburg. Un ashram est un lieu consacré à la pratique et à l’enseignement spirituels, où l’on peut notamment séjourner pour une retraite.

De la Sorbonne à la rencontre des maîtres

Éric Edelmann rencontre Arnaud Desjardins à l’âge de 22 ans. Il poursuit ses études jusqu’au doctorat en philosophie, tout en cherchant auprès de maîtres spirituels une expérience qui dépasse la compréhension intellectuelle. Sa biographie publiée par Mangalam décrit cette distance grandissante entre ce qu’il étudie à l’université et ce qu’il découvre dans ces rencontres.

Son apprentissage passe également par le bouddhisme. À Paris, il pratique assidûment le zazen, la méditation assise du zen, auprès du maître japonais Taisen Deshimaru. Il rencontre aussi plusieurs figures du bouddhisme tibétain, dont le seizième Karmapa, Kalou Rinpoché et Dudjom Rinpoché.

Arnaud Desjardins, un passeur des sagesses de l’Inde

Pour comprendre ce parcours, il faut revenir à Arnaud Desjardins, né en 1925 et décédé en 2011. Réalisateur à la télévision française, il voyage en Asie et tourne des documentaires sur les traditions spirituelles orientales. Ses rencontres le mettent notamment en présence de Mâ Anandamayi, figure importante de la spiritualité indienne.

En 1965, Desjardins rencontre Swâmi Prajnânpad, un maître du Bengale dont il devient l’élève. Pendant neuf ans, des séjours réguliers en Inde approfondissent cette relation. Il transmettra ensuite cet enseignement en France, par ses livres et par l’accompagnement d’élèves, avant que cette transmission ne prenne également racine au Québec.

Le lien avec Éric Edelmann s’inscrit dans cette continuité. Selon l’association des Amis de Hauteville, Desjardins lui confie en 2008 la deuxième place dans sa communauté de disciples. Depuis la mort de Desjardins, en 2011, l’association le présente comme le détenteur de cette lignée spirituelle.

Un héritage indien installé en Estrie

Le départ pour le Québec marque un tournant dans la vie d’Éric Edelmann. Après avoir accompagné des élèves à Paris pendant une dizaine d’années, il s’installe ici en 1992 pour développer un lieu de pratique avec l’appui d’un groupe québécois. Arnaud Desjardins lui donne le nom de Mangalam, qui signifie « bénédiction » en sanscrit.

Situé face au mont Pinacle, le centre inscrit son enseignement dans le védanta non dualiste, une tradition philosophique et spirituelle de l’Inde. L’approche qui y est transmise porte le nom d’Adhyatma Yoga, ou yoga vers le Soi. Le mot yoga désigne ici une démarche de connaissance de soi, qui fait appel à l’observation de ses pensées, de ses émotions et de ses réactions.

Selon la présentation de Mangalam, cette pratique vise à reconnaître la réalité telle qu’elle se présente et à agir avec davantage de lucidité. Accepter une situation ne signifie donc pas renoncer à la changer. Il s’agit plutôt de mieux la voir pour pouvoir y répondre, en cessant de laisser ses réactions habituelles décider de tout.

Méditer dans les gestes ordinaires

Que signifie alors méditer mille fois par jour? La conférence invite à porter attention aux occasions de présence qui se trouvent dans les activités ordinaires. Marcher, travailler, écouter quelqu’un ou reconnaître une émotion peuvent devenir des moments où l’on observe plus attentivement ce qui se passe en soi.

Cette réflexion accompagne le livre Retour à l’innocence primordiale : 21 méditations pour se rappeler qui nous sommes, publié aux Éditions L’Originel. L’auteur y examine les attentes entourant la méditation et sa récupération dans le développement personnel. Il propose ensuite 21 méditations inspirées des enseignements orientaux qui ont nourri son parcours.

L’éditeur résume cette démarche par la formule « guérir de l’ego », plutôt que « guérir l’ego ». Dans cette perspective spirituelle, l’enjeu est de desserrer l’emprise de l’image que chacun entretient de lui-même. L’ouvrage cherche ainsi à faire passer une compréhension philosophique dans une expérience vécue, avec une place accordée au corps et à l’attention.

Une rencontre ouverte aux débutants

Éric Edelmann a également raconté son cheminement dans Mangalam, un parcours auprès d’Arnaud Desjardins, paru en 2007. Sa bibliographie comprend notamment Jésus parlait araméen et La splendeur du vrai. Il a aussi signé avec Sophie Edelmann Dites-leur de viser haut!, publié en 2020.

Organisée par Productions ScenaVox, la conférence de Sherbrooke sera suivie d’une discussion. Elle s’adresse autant aux personnes qui découvrent la méditation qu’à celles qui la pratiquent déjà. La rencontre aura lieu au Delta Hotels by Marriott Sherbrooke, au 2685, rue King Ouest, et les billets sont proposés sur Eventbrite.

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