SHERBROOKE – Il faut pouvoir saluer les efforts qui sont faits pour revitaliser le centre-ville de Sherbrooke. Il se passe des choses en ce moment qu’il faut célébrer, entre autres la nouvelle politique concernant la tarification des places de stationnement. Mais aussi, pour le mois de septembre, les Mardis du Centro. Cependant, notre « centro », comme on aime l’appeler, demeure marqué de nombreuses cicatrices. Des cicatrices honteuses qui devraient être effacées, dans un grand effort de fierté collective.

Le cénotaphe mérite mieux
La côte King Ouest, où l’on trouve le cénotaphe de la Première Guerre mondiale, est l’emblème de Sherbrooke. À chaque fois que l’on demande des images de Sherbrooke sur Google, on retrouve inévitablement le Monument aux Braves. Mais aussi son environnement immédiat : l’église Saint-Patrick, la Mare au Diable, le café Bla-Bla, l’ancien Presse Café.
Mais une chose demeure : cette ancienne auberge, devenue pendant des années une maison de chambres, qui sera évacuée, entre autres, pour les dangers qu’elle faisait peser sur ses occupants en raison du risque d’incendie. Pourtant, rien n’a changé. Le bâtiment est toujours là, mais avec plus de graffitis que jamais.
Les bâtiments aux alentours sont également couverts de graffitis et la cour arrière est pleine de déchets. Ce qui est un comble pour l’image de carte postale que l’on veut donner à la ville.
D’autres bâtiments le long de la rue King Ouest, et de l’autre côté du pont sur King Est, semblent avoir été laissés à l’abandon par leurs propriétaires. On parle bien sûr de l’ancien Presse Café, qui était jadis une banque. Un des beaux bâtiments du centre-ville. Pourtant, on y a cru pendant longtemps : un café allait ouvrir un jour. Et il a ouvert. Pour fermer seulement après quelques mois.
Sur la rue Wellington Nord et Sud, de nombreux commerces sont fermés depuis des années. Pensons à l’ancien Tourne-Livre, avant son déménagement dans un local plus petit. L’endroit, avec ses grandes vitrines, n’a jamais accueilli d’autres commerces.
Et si l’on prend la peine de traverser le pont, on y trouvera d’autres bâtiments négligés et à l’abandon. Des maisons en ruines, et bien sûr le non moins célèbre — et controversé — Hôtel Albert.

Sherbrooke doit faire quelque chose
Ces bâtiments en ruines sont la honte de notre ville. Des publications ont circulé à travers le Québec concernant le déclin du centre-ville. C’est comme si nous n’avions pas la fierté suffisante pour au moins redorer ses lettres de noblesse à l’endroit emblématique de la ville. Et de son histoire. Le cénotaphe est un très beau monument, qui est un point de repère pour tous les Sherbrookois d’origine et d’adoption. C’est aussi un lieu marquant de notre histoire locale.
Le minimum serait soit de rénover ces bâtiments, soit de les mettre à terre. Pas nécessairement pour faire une nouvelle tour à condos hors de prix, mais du logement social, fonctionnel, propre. Un peu comme le succès de la reconversion d’une partie de l’ancienne usine Patton.
Qu’est-ce qu’on attend ?
Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

