SHERBROOKE — De grands graffitis couvrent une partie de la maison Codère-Jacques, au 163-169, rue King Ouest, juste en face du monument aux Braves. La page Patrimoine urbain Sherbrooke, qui a publié une photo de Jean-Claude Aubin, signale aussi des vitres brisées dans la maison de brique rouge. Sur le même cliché, on voit des inscriptions entre les deux tourelles de l’immeuble voisin, au 175.
La photo circule à quelques jours du centenaire du cénotaphe, inauguré le 7 novembre 1926. Le lendemain de cet anniversaire, un défilé militaire passera sur la côte King à l’occasion du jour du Souvenir. Jusqu’à la fin de novembre, quatre panneaux installés par le Musée d’histoire de Sherbrooke au coin de la rue Gordon racontent l’histoire du monument.

L’ancien local de Musique Cité
Patrimoine urbain Sherbrooke situe la construction de la maison Codère-Jacques en 1888. Des photographies prises par Alphonse Larochelle en 1922 montrent déjà les maisons des 169 et 175, quatre ans avant l’inauguration du cénotaphe. On y reconnaît les deux tourelles du 175, qui a par la suite abrité le Bla-Bla de la carte sportive.
Une autre photo d’archives, prise en octobre 2002, montre les enseignes du disquaire Musique Cité et du Salon Mexicain au rez-de-chaussée du 169. La Ville a répertorié l’édifice parmi les bâtiments d’intérêt patrimonial dans la section consacrée au patrimoine commercial de son schéma d’aménagement. L’immeuble a aussi servi de maison de chambres. En septembre, le Journal de Sherbrooke avait déjà signalé que les lieux avaient été évacués, notamment en raison du risque d’incendie.
Des graffitis sur l’immeuble voisin
Selon Patrimoine urbain Sherbrooke, le 175 est habité et les graffitis sur sa façade sont récents. La page y voit un possible « effet domino » et évoque la théorie des vitres brisées, selon laquelle des dégradations laissées en place peuvent en favoriser d’autres. La chronologie des dommages aux deux adresses reste à établir.
Ce que la Ville peut exiger
À Sherbrooke, le nettoyage des graffitis sur un immeuble privé est aux frais du propriétaire. Le règlement municipal sur l’entretien des bâtiments exige aussi que les immeubles soient maintenus en bon état et que leurs accès soient sécurisés contre les intrusions. Lorsqu’un bâtiment se dégrade au point de nécessiter une intervention, le règlement prévoit un avis écrit qui précise les travaux à faire et le délai accordé. Si le propriétaire omet de les réaliser, la Ville peut demander à la Cour supérieure l’autorisation de faire les travaux et de lui en réclamer le coût.
En janvier, Sherbrooke ouvrira son programme Réno-Patrimoine aux propriétaires d’immeubles privés admissibles. Les demandes pourront être déposées du 11 au 29 janvier 2027, et le bâtiment devra notamment figurer sur la liste municipale des immeubles patrimoniaux. Pour la maison Codère-Jacques, l’admissibilité au programme et le calendrier d’une éventuelle remise en état restent à confirmer.
Sources :
- Patrimoine urbain Sherbrooke — publication Facebook reproduite dans la capture. Photo de Jean-Claude Aubin, Passion Sherbrooke.
- Musée d’histoire de Sherbrooke — photographies des maisons de la côte King en 1922.
- Musée d’histoire de Sherbrooke — Musique Cité et le Salon Mexicain au 169 en 2002, fiche 19549.
- Ville de Sherbrooke — le 163-169 dans l’annexe des bâtiments d’intérêt patrimonial.
- Journal de Sherbrooke — l’évacuation de l’ancienne maison de chambres.
- Répertoire du patrimoine culturel du Québec — inauguration du monument aux Braves, Musée d’histoire de Sherbrooke — exposition du centenaire et Ville de Sherbrooke — défilé du 8 novembre.
- Ville de Sherbrooke — responsabilité du nettoyage des graffitis, règlement no 1287 sur l’entretien des bâtiments et programme Réno-Patrimoine.

