La démocratie s’apprend aussi sur les bancs d’école

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QUÉBEC — La démocratie commence bien avant le premier vote à 18 ans. Elle peut prendre forme dans une classe, à travers un conseil d’élèves et les décisions qui touchent la vie de l’école. C’est le message que rappelle Élections Québec, ce 4 novembre, près d’un mois après les élections provinciales.

Avec son programme gratuit Vox populi : ta démocratie à l’école, l’institution accompagne les établissements primaires et secondaires qui souhaitent donner une place aux jeunes dans leur milieu. Du matériel électoral et pédagogique est offert pour organiser les élections et soutenir les représentants pendant l’année. L’objectif est de permettre aux élèves de comprendre la démocratie en y participant.

Apprendre à défendre ses idées et à écouter

Choisir des activités parascolaires, proposer un aménagement ou améliorer le climat de l’école : les sujets sur lesquels les élèves peuvent s’exprimer sont nombreux. Un conseil leur permet de faire connaître leurs préoccupations à la direction et de travailler à des projets communs. Pour les jeunes élus, cela demande d’écouter leurs camarades, de présenter leurs propositions et de chercher des solutions avec les adultes.

Dans son communiqué, le directeur général des élections, Jean-François Blanchet, souligne que cet intérêt se manifeste dès le primaire. Selon lui, les jeunes savent reconnaître des problèmes dans leur école et travailler ensemble pour les résoudre. « Pour devenir des citoyennes et citoyens engagés, il faut apprendre à participer à la société qui nous entoure », affirme-t-il.

PSPP et son expérience au Danemark

Le parcours de Paul St-Pierre Plamondon donne un exemple de cet engagement précoce. Dans une rencontre au Cégep du Vieux Montréal, diffusée sur sa chaîne YouTube le 2 novembre 2024, il raconte être parti étudier au Danemark à 17 ans. Pendant cette année à l’étranger, il a appris le danois et a été élu à la présidence des élèves de son établissement, un gymnasium qu’il compare à un cégep.

Dans son récit, il explique avoir d’abord proposé d’organiser les fêtes étudiantes, alors qu’il maîtrisait encore peu la langue du pays. Son implication l’a également conduit à organiser un référendum sur le retrait de la cigarette dans l’école. Une expérience qui réunissait déjà plusieurs éléments de la vie démocratique : obtenir la confiance des autres, porter une proposition et la soumettre au vote.

Son engagement étudiant s’est aussi poursuivi au Québec. Le Collège André-Grasset rappelle, dans un compte rendu de sa visite dans son ancien établissement, qu’il a présidé l’Association générale des étudiants. L’établissement rapporte également que ses séjours au Danemark et en Suède ont nourri son intérêt pour la démocratie et l’autodétermination.

Donner une vraie place aux élèves

Pour qu’un conseil d’élèves fonctionne, la place que lui accorde l’école compte beaucoup. Dans ses ressources pédagogiques, Élections Québec invite les directions à préciser les responsabilités des représentants, les moyens disponibles et les décisions auxquelles ils pourront contribuer. Le soutien du personnel et la confiance accordée aux jeunes font partie des conditions de réussite.

Les représentants ont aussi des responsabilités envers les élèves qui les ont choisis. Ils doivent recueillir leurs idées, connaître leurs besoins et les informer des projets en cours. Des rencontres de classe, des boîtes à suggestions ou des séances ouvertes peuvent entretenir ce lien pendant toute l’année.

Cette participation permet à l’ensemble des élèves de se familiariser avec la représentation démocratique. Même ceux qui ne présentent pas leur candidature peuvent voter, proposer des changements et discuter avec les membres du conseil. Élections Québec associe également cette implication au développement de l’autonomie, de l’écoute et du sentiment d’appartenance à l’école.

Une participation prévue dans la loi

La place des élèves dans les décisions scolaires est aussi encadrée par la Loi sur l’instruction publique. Le conseil d’établissement doit consulter les élèves, ou un groupe d’élèves, au moins une fois par année scolaire sur des questions liées au fonctionnement de l’école. Cette consultation doit également leur permettre de formuler des commentaires sur les sujets de leur choix.

Pour les écoles qui offrent le deuxième cycle du secondaire, la loi prévoit la formation d’un comité des élèves en septembre. Les jeunes en déterminent le fonctionnement et en élisent les membres, tout en conservant la possibilité de confier ses fonctions à une association qui les représente ou de décider de ne pas former de comité. Deux élèves de ce cycle siègent par ailleurs au conseil d’établissement et disposent du droit de vote.

Un accompagnement pendant toute l’année

Les écoles peuvent adhérer à Vox populi qu’elles possèdent déjà un conseil d’élèves ou qu’elles souhaitent en créer un. Le programme comprend notamment un service-conseil, des formations adaptées, des webinaires et une trousse d’accompagnement. Les établissements doivent renouveler leur adhésion chaque année pour bénéficier de ces services gratuits.

Élections Québec souhaite ainsi stimuler l’intérêt des jeunes pour la démocratie et encourager leur participation citoyenne à long terme. L’apprentissage passe par des gestes accessibles : prendre la parole, écouter une proposition, voter et participer à un projet collectif. À l’échelle d’une école, ces occasions permettent déjà aux élèves d’agir sur le milieu dans lequel ils passent une bonne partie de leur quotidien.

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