SHERBROOKE – Une publication de l’essayiste et chroniqueur québécois Mathieu Bock-Côté sur le droit d’asile circule abondamment sur les réseaux sociaux. Partagé des centaines de fois, son texte remet en question la manière dont les pays occidentaux appliquent aujourd’hui ce principe de protection et relance un débat particulièrement sensible au Québec comme ailleurs.
Dès les premières lignes, Mathieu Bock-Côté affirme que le droit d’asile aurait été conçu pour répondre à des situations rares et individuelles.
« Le droit d’asile a été pensé dans un tout autre contexte historique. Il était exceptionnel, absolument exceptionnel, réservé à des cas individuels », écrit-il.
Selon sa lecture, ce mécanisme avait notamment pour objectif de protéger les dissidents qui fuyaient les régimes communistes et cherchaient refuge en Occident. Il estime cependant que le système a progressivement changé de nature et qu’il sert désormais, dans certains cas, de voie d’entrée migratoire à part entière.
« Le droit d’asile a été complètement détourné. Il est devenu une filière migratoire à part entière », soutient-il.
Mathieu Bock-Côté considère que l’application actuelle du droit d’asile ne tient pas suffisamment compte de la capacité d’accueil des sociétés occidentales. Il insiste également sur le droit des populations à décider démocratiquement du nombre de personnes qu’elles souhaitent accueillir et des conditions entourant leur installation.
Dans un passage particulièrement tranché, le chroniqueur affirme que le droit d’asile « n’avait pas pour vocation de permettre à des peuples entiers de migrer d’un continent à l’autre », ni de permettre « à une civilisation de s’installer chez une autre sous prétexte humanitaire ».
Ces propos risquent de susciter de vives réactions. Les demandes d’asile demeurent, en principe, évaluées individuellement, et les personnes qui les présentent doivent démontrer qu’elles ont besoin d’une protection contre des risques comme la persécution, la torture ou des traitements cruels. Les critiques du système soutiennent toutefois que l’ampleur des demandes et la lenteur des procédures peuvent transformer temporairement ou durablement l’asile en phénomène migratoire collectif.
Dans sa publication, Mathieu Bock-Côté lie aussi directement la question de l’asile à celle des finances publiques et de la pression exercée sur les services gouvernementaux.
« Ce système d’immigration détourné nous ruine financièrement et déstructure, à travers une pression démographique insoutenable, nos systèmes sociaux », affirme-t-il.
Il ne fournit toutefois pas, dans ce texte, de données précises permettant de mesurer l’effet particulier des demandeurs d’asile sur l’ensemble des finances publiques. Son intervention s’inscrit davantage dans une critique générale de l’augmentation rapide de la population et de ses conséquences sur le logement, les services sociaux, les infrastructures et la capacité d’intégration du Québec.
Pour l’essayiste, la solution passerait par une réforme profonde.
« Alors, il nous faut redéfinir le droit d’asile. Le ramener à sa définition originelle. Sans la moindre gêne », écrit-il, ajoutant qu’il s’agirait d’« une question de survie » pour les sociétés occidentales et, plus particulièrement, pour la société québécoise.
Mathieu Bock-Côté élargit ensuite son propos à l’ensemble de la politique migratoire. Il affirme que « l’immigration massive n’a jamais été une fatalité » et que les citoyens seraient en droit d’y mettre un terme.
Il s’en prend également aux entreprises qui réclament davantage de travailleurs étrangers afin de répondre à leurs besoins de main-d’œuvre. Selon lui, une partie du patronat chercherait avant tout du « cheap labor », c’est-à-dire une main-d’œuvre moins coûteuse, sans se préoccuper suffisamment des effets sociaux, culturels et identitaires d’une croissance démographique accélérée.
Cette critique rejoint un débat déjà bien présent au Québec. D’un côté, plusieurs employeurs soutiennent que l’immigration est nécessaire pour combler les postes vacants, soutenir l’économie et répondre au vieillissement de la population. De l’autre, des voix de plus en plus nombreuses réclament une réduction des seuils afin de limiter la pression sur le logement, les écoles, le réseau de la santé et les services publics.
En étant partagée des centaines de fois, la publication de Mathieu Bock-Côté montre que la question dépasse largement les débats juridiques et administratifs. Elle touche à des préoccupations concrètes concernant le logement, les finances publiques, l’identité collective, l’intégration et le pouvoir des citoyens de déterminer leur politique migratoire.
Et vous, partagez-vous l’analyse de Mathieu Bock-Côté? Le droit d’asile devrait-il être resserré et redéfini, ou faut-il préserver son fonctionnement actuel afin de continuer à protéger les personnes qui fuient la persécution?

