Monarchie : Mathieu Bock-Côté défend PSPP et suscite des réactions contrastées

Partagez

QUÉBEC — La place de la monarchie dans les institutions québécoises continue de faire réagir. Dans une publication sur Facebook intitulée « Monarchie : la réponse des gardiens du régime », Mathieu Bock-Côté défend la volonté de Paul St-Pierre Plamondon de mettre fin à la fonction de lieutenant-gouverneur. Le chroniqueur présente cette démarche comme un geste d’affirmation nationale, tout en reconnaissant que les moyens envisagés demeurent à préciser. Sous sa publication, les commentaires consultés témoignent d’un appui marqué à cette position, mais aussi de désaccords sur sa faisabilité et son importance.

Une fonction que le chroniqueur juge dépassée

Mathieu Bock-Côté estime que la présence d’un représentant du roi au Québec contredit le principe selon lequel la souveraineté appartient au peuple québécois. Il emploie l’expression « parasite institutionnel » pour qualifier la fonction, en précisant qu’il ne vise pas la personne qui l’occupe. À ses yeux, l’obligation de faire sanctionner les lois par le représentant de Charles III illustre le maintien d’un ordre institutionnel hérité de la domination britannique.

Le chroniqueur ne présente toutefois pas cette question comme une urgence. Il reconnaît également ignorer la forme précise que prendrait l’intervention d’un gouvernement péquiste, évoquant notamment un définancement ou une abolition par la loi. Son argument porte surtout sur la portée politique du geste : une confrontation autour de la monarchie pourrait, selon lui, révéler les limites de l’autonomie du Québec au sein du Canada.

Des lecteurs qui veulent tourner la page

Dans les réactions fournies, plusieurs internautes considèrent la monarchie comme une institution dépassée et incompatible avec leurs aspirations démocratiques. Isabelle O’Brien dénonce une organisation qui, à ses yeux, permet à des personnes extrêmement riches de vivre aux dépens de la population. Pascale Lefebvre résume son souhait en quelques mots : « S’affranchir de la monarchie, j’en rêve! »

Pour d’autres, la question dépasse les dépenses publiques ou les cérémonies officielles. Daniel Hamel soutient que les symboles ont une réelle puissance politique et voit dans la fonction de lieutenant-gouverneur un rappel de la domination coloniale. Jean Phénix inscrit pour sa part cette démarche dans une tradition d’affirmation nationale qu’il associe à Jacques Parizeau. Ces lecteurs présentent le retrait des symboles monarchiques comme une étape vers une plus grande maîtrise des institutions québécoises.

Une objection : comment procéder?

Dimitris Soudas oppose une longue réponse à l’argumentaire du chroniqueur. Il souligne qu’une personne peut souhaiter l’abolition de la monarchie tout en reconnaissant les limites des pouvoirs d’un gouvernement provincial. Il reproche notamment à Mathieu Bock-Côté de qualifier les critiques de « gardiens du régime » alors que le plan précis de PSPP n’est pas connu. Pour lui, expliquer les règles constitutionnelles ne signifie pas défendre Charles III.

Cette objection repose sur une contrainte inscrite dans la Constitution canadienne. L’article 41 de la Loi constitutionnelle de 1982 soumet les modifications touchant la charge de lieutenant-gouverneur à la procédure de consentement unanime, qui exige notamment l’accord des dix assemblées législatives provinciales et de la Chambre des communes. Une abolition par une simple loi québécoise se heurterait donc au cadre constitutionnel actuel. Le souhait politique de supprimer la fonction et le pouvoir juridique de le faire sont deux questions distinctes.

La non-adhésion de 1982 au cœur du débat

Mathieu Bock-Côté insiste également sur le refus du Québec d’adhérer à l’entente constitutionnelle de 1982. Il invite à remettre en question la légitimité politique de ce cadre plutôt qu’à le traiter comme un texte intouchable. Plusieurs lecteurs reprennent cet argument et demandent pourquoi le Québec devrait respecter une entente à laquelle il n’a pas consenti.

Cette contestation politique ne soustrait toutefois pas le Québec à l’application de la Constitution canadienne. Dans son renvoi de 1982 sur l’opposition du Québec au rapatriement, la Cour suprême a conclu que la province ne disposait pas d’un droit de veto conventionnel sur les modifications en cause. Le débat sur le consentement du Québec demeure ainsi distinct de celui sur les règles de droit applicables.

Les priorités politiques divisent aussi

La pertinence de consacrer du temps à cet affrontement revient dans plusieurs commentaires critiques. Dimitris Soudas souhaite plutôt entendre parler de soins, de logement et d’emplois, tandis que Claude Demers préférerait que le capital politique soit consacré à l’application de la loi 101 aux cégeps. D’autres internautes mettent en doute l’urgence de la démarche, parfois sur un ton sarcastique. Chez les partisans de l’abolition, l’affirmation nationale apparaît au contraire comme une responsabilité politique à part entière.

Les réactions examinées montrent donc un désaccord qui porte autant sur les moyens que sur les objectifs. Elles proviennent cependant d’une sélection affichée par Facebook sous le filtre « Plus pertinents », qui peut écarter certains commentaires. Elles donnent un aperçu des échanges sous cette publication, sans constituer un sondage représentatif de la population québécoise.

Sources :

Nouvelles

Actualités