« J’étais en prison au Canada » : le récit choc d’un travailleur étranger chez McDonald’s

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SHERBROOKE – Sur les réseaux sociaux, un créateur de contenu d’origine française a partagé son témoignage comme travailleur étranger chez McDonald’s. Dans une série de vidéos, il revient sur son parcours qui l’a poussé à accepter un emploi de responsable dans un restaurant de la chaîne. Or, les choses ne se sont pas déroulées comme il l’avait prévu.

Trop beau pour être vrai

Jonathan H., connu sous le pseudonyme @dadinho.prod sur Instagram, est originaire de la région parisienne. Il a postulé en ligne pour venir travailler au Québec. Après une entrevue virtuelle, il signe un contrat de travail et s’envole pour Montréal. Or, selon ses dires, la rémunération serait bien inférieure à ce qu’il avait anticipé. Il pensait gagner 4 000 $ par mois, alors qu’après impôts, son revenu s’élèverait plutôt à 2 200 $.

De plus, il explique que pour sa colocation, qu’il partage avec cinq autres travailleurs étrangers, il doit payer 800 $ par mois pour une chambre, incluant le Wi-Fi. Ainsi, une fois les impôts et le loyer payés, il lui resterait environ 1 400 $ par mois. Au-delà d’un salaire jugé peu compétitif, il affirme également verser son loyer à son employeur, qu’il soupçonne de réaliser un profit de 100 à 200 $ mensuellement par employé.

Dans ses vidéos au ton caustique, il dénonce aussi le principe des permis de travail fermés. Il donne cet exemple : il est lié au propriétaire d’une franchise pour une durée de deux à trois ans et ne peut donc pas travailler pour un autre McDonald’s, même si les conditions de travail sont médiocres ou si son contrat est revu à la baisse.

« J’étais en prison au Canada »

Cette situation amène plusieurs intervenants, notamment des défenseurs des droits des travailleurs migrants, à affirmer que le Canada tolère une forme d’« esclavage moderne », et ce, en toute légalité. Dans une vidéo intitulée « J’étais en prison au Canada », il établit un parallèle entre l’univers carcéral et son emploi de gestionnaire chez McDonald’s.

Il y raconte notamment qu’une personne des ressources humaines vient inspecter l’appartement, ce qu’il compare à la visite d’un « maton » en prison. Il précise toutefois qu’il n’en veut ni aux Canadiens ni aux Québécois, affirmant comprendre que peu de gens souhaitent travailler dans de telles conditions.

Sa vidéo « J’étais en prison au Canada » a généré plus de 20 000 réactions sur Instagram et Facebook. Les commentaires sont partagés : certains affirment avoir vécu une expérience similaire et dénoncent une forme d’exploitation, tandis que d’autres proposent des conseils pour obtenir un permis de travail ouvert. Quelques internautes soutiennent toutefois qu’il connaissait les règles entourant les permis de travail au Canada et jugent sa sortie injustifiée.

Un débat collectif à avoir

Quoi qu’il en soit, la viralité de ses vidéos relance le débat sur le modèle d’embauche de certains employeurs qui réclament davantage de travailleurs étrangers. Faut-il restreindre le recours à cette main-d’œuvre dans certains secteurs ? Ou, au contraire, assouplir les règles afin de permettre aux travailleurs de changer d’employeur en cas de conditions abusives ? Cependant, une chose est certaine : derrière les chiffres de l’immigration temporaire, des réalités humaines bien concrètes refont surface.

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