SHERBROOKE – Il est commun de souligner les 100 premiers jours d’un nouveau chef de gouvernement. À ce moment-là, on sait un peu plus sur quel pied danser et le ton qui sera donné au reste du mandat.
Par contre, concernant Christine Fréchette, on se demande bien ce que sera son mandat, qui se terminera à toutes fins pratiques en octobre 2026. Pourquoi ? Les candidats ne se pressent pas aux portes de son parti. Plusieurs de ses candidats sont du personnel politique employé par la CAQ, faute de mieux.
Alors que le Parti québécois croule sous les candidatures de qualité, on voit mal comment la CAQ, renommée pour l’occasion Équipe Christine Fréchette, pourra surmonter cette montagne.
L’actuelle première ministre est vue comme une personne dynamique, mais peu de gens peuvent nommer ses mesures phares. L’indifférence a fini par gagner la population, qui choisira visiblement entre le Parti québécois, le Parti libéral et, pour la grande région de Québec, le Parti conservateur dirigé par Éric Duhaime.
Tout peut arriver en quelques mois, surtout dans un domaine aussi volatil que la politique partisane. Mais peut-on vraiment, en trois mois, inverser une tendance aussi lourde, présente depuis plusieurs années ?
François Legault est passé du statut de premier ministre le plus apprécié au Canada à celui de l’un des plus contestés. Plusieurs raisons expliquent cela, notamment son inaction en matière de logement, où sa ministre France-Élaine Duranceau s’est même révélée être un pompier pyromane, ainsi que ses projets économiques coûteux ayant accouché d’éléphants blancs, avec son « super » ministre Pierre Fitzgibbon.
Christine Fréchette devra faire davantage que des changements esthétiques pour redorer l’image de son parti. Changer le nom est une chose, mais où est l’intérêt si l’on ne change pas l’équipe, perçue comme froide, incompétente et arrogante par une partie importante de la population québécoise ? La question se pose.
Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

