Candidature de Dre Mélissa Généreux : ambition ministérielle ou désaccord de fond ?

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SHERBROOKE – Dre Mélissa Généreux, connue notamment pour son rôle pendant la pandémie de COVID-19 à titre de directrice de la santé publique de l’Estrie, a finalement annoncé qu’elle ne portera pas les couleurs du Parti québécois. Deux versions contradictoires s’affrontent : d’un côté, Dre Généreux affirme que les prises de position actuelles du parti, notamment sur l’identité, ne reflètent pas vraiment ses priorités. Souhaiter se tourner davantage sur l’accès aux services publics. Tandis que, de l’autre côté, on affirme que Dre Généreux aurait exigé des garanties quant à un éventuel poste au sein d’un cabinet ministériel, ce qui ne lui a pas été accordé.

Faut-il voir là-dedans une prise de position trop « conservatrice » du Parti québécois concernant l’immigration ? Ou le projet de Dre Généreux de devenir ministre qui aurait reçu une fin de non-recevoir ?

Tout d’abord, Dre Généreux était candidate lors des dernières élections générales de 2022, sous la bannière de Québec solidaire. S’il paraît difficile de voir des atomes crochus entre solidaires et péquistes, la radicalisation de la base militante de QS, accompagnée de ses nombreuses crises internes, a fait fuir les gens plus pragmatiques vers le PQ.

Des responsables régionaux du PQ et du Bloc, interrogés au cours des derniers mois concernant l’arrivée de ces nouveaux membres « solidaires », ont indiqué que leur intégration ne se faisait pas sans heurts. Plusieurs sont jeunes et ont des valeurs très centrées sur le genre, l’antiracisme et la diversité.

Le Parti québécois a pu paraître comme un refuge : il est indépendantiste et, malgré une droitisation du discours, il demeure doté d’un socle social-démocrate très fort. Donc, il est fort probable que Dre Généreux ait voulu obtenir un poste de ministre pour peser dans un éventuel gouvernement péquiste, mais sans nécessairement vouloir défendre la ligne du parti sur des enjeux qui dérangent ces rescapés de Québec solidaire. Or, notre système parlementaire impose une ligne de parti aux députés – et les ministres – d’une même formation politique.

Il ne sert à rien de tirer des pierres à qui que ce soit. Le Parti québécois compte continuer sur sa lancée en présentant de nouvelles candidatures vedettes, notamment celle de la comédienne Isabelle Blais. En ayant remporté toutes les élections partielles jusqu’à aujourd’hui, le PQ de Paul St-Pierre Plamondon s’impose comme le meneur de la campagne électorale à venir.

Les défis qui attendent Paul St-Pierre Plamondon

Mais cet avantage pourrait se retourner contre lui : déjà, les libéraux rattrapent le PQ dans les intentions de vote, et Charles Milliard pourrait séduire ceux que le discours qualifié d’identitaire rebute. Son défi consistera à se faire connaître et à se présenter comme étant capable de défendre les intérêts du Québec, tout en faisant oublier les nombreuses controverses chez les libéraux. Ce qui n’est pas gagné d’avance en dehors de l’île de Montréal.

Quant à la CAQ, il ne faut pas pour autant la tenir pour morte : un scénario à la Mark Carney, quoique improbable, n’est pas totalement impossible non plus. François Legault semblait fatigué, et parfois, un changement de tête peut faire la différence pour un parti au pouvoir.

Finalement, pour ce qui est d’Éric Duhaime, il devra tenter de mener une campagne qui ne verse pas dans la négativité et assumer un discours cohérent et constant s’il veut convaincre au-delà de la grande région de Québec. Pour ce qui est de Québec solidaire, chaque jour semble démontrer que le parti ne fait que s’enliser davantage en raison d’une direction désorganisée face à une base militante farouchement intransigeante.

Note éditoriale: Ce texte est une chronique d’opinion. Les propos et analyses présentés sont ceux de l’auteur et n’engagent pas le Journal de Sherbrooke.

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