Cole Caufield : le petit homme des grandes occasions réécrit l’histoire du Canadien

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Montréal — À seulement 24 ans, Cole Caufield n’est plus simplement un espoir prometteur : il est devenu le symbole d’une renaissance au sein du Canadien de Montréal. En onze matchs seulement, l’ailier droit américain a déjà inscrit neuf buts, trônant au sommet des buteurs de la LNH aux côtés des plus grands. Mais au-delà des statistiques, c’est son évolution, tant sur la glace que dans l’histoire du club, qui impressionne tout le monde.

Un début de saison record

Mardi soir, à Seattle, le petit prodige du Wisconsin a encore frappé. Alors que le CH voyait le Kraken combler un déficit de trois buts, Caufield a scellé la victoire en prolongation. Son tir précis a fait exploser la foule… et les livres d’histoire. Ce but n’était pas seulement son neuvième de la saison : c’était le 11e but en prolongation de sa carrière, un record absolu dans la longue histoire du Canadien de Montréal.

Avec ce filet, Caufield a dépassé deux légendes : Max Pacioretty et Howie Morenz, des noms inscrits depuis des décennies dans la mémoire du Tricolore. « Il veut la rondelle sur son bâton en prolongation », a résumé son capitaine Nick Suzuki après le match. « Il sait qu’il peut marquer de n’importe où sur la patinoire. »

Ce n’est pas un hasard si l’Américain semble né pour ces moments : ses onze buts gagnants en prolongation représentent une prouesse d’autant plus exceptionnelle que des icônes comme Maurice Richard ou Jean Béliveau n’ont jamais eu cette opportunité, les périodes de surtemps ayant été abolies pendant quatre décennies, entre 1942 et 1982.

Du franc-tireur au joueur complet

Si Caufield s’est bâti une réputation grâce à son tir dévastateur, son jeu actuel va bien au-delà. Son entraîneur Martin St-Louis le répète : « Cole joue désormais le jeu complet. Il a compris que pour mériter les moments qu’il aime, il faut respecter les règles à toutes les zones de la patinoire. »

Cette transformation n’a pas été instantanée. À ses débuts dans la LNH, le jeune ailier vivait une période difficile : un seul but en trente matchs. St-Louis, arrivé en 2022, a d’abord cherché à réparer la confiance du joueur avant de peaufiner son jeu défensif. « Je n’ai pas commencé par lui enseigner la défense, raconte le coach. Je voulais d’abord qu’il retrouve du plaisir à jouer. »

Le pari a fonctionné. Depuis, l’élève est devenu l’un des joueurs les plus redoutés et respectés du circuit. Sa progression est linéaire : 26 buts en 2022-23, 28 l’année suivante, puis 37 la saison dernière, sa meilleure à ce jour. Et surtout, une transformation subtile mais essentielle : il est passé de −10 à +9 au différentiel, preuve d’un engagement plus constant dans les deux sens de la patinoire.

Une maturité exemplaire

Ce qui frappe chez Caufield cette saison, c’est la maturité de son jeu. Il ne se contente plus d’attendre la passe parfaite : il crée, récupère, bataille. « Je gagne plus de duels, explique-t-il. Je passe plus de temps dans la zone offensive, je touche plus la rondelle et ça crée des occasions. »

À 5 contre 5, le Canadien domine désormais : 76 occasions de marquer contre 45 lorsque Caufield est sur la glace. Une statistique qui témoigne de son influence sur la dynamique du trio.

Martin St-Louis, ancien joueur au gabarit similaire, voit en lui un prolongement de sa propre philosophie : « Il joue plus grand que sa taille. Il ne gagne pas ses batailles avec la force, mais avec le timing, le positionnement et l’intelligence. »

Une éthique de travail digne des plus grands

Chaque été, Caufield retourne s’entraîner au Michigan, où il patine avec l’élite du hockey américain : Jack et Quinn Hughes, Kyle Connor, Trevor Zegras, Jake Sanderson… Une fraternité de talents où la compétition est féroce.

« Les entraînements commencent toujours par des exercices de vitesse, de virages et de tir, raconte-t-il. On affronte Hellebuyck et Wedgewood devant le filet, alors tu ne peux pas tricher. »

S’il devait choisir un modèle, il cite Kyle Connor : « Sa façon de marquer change tout le temps. Il peut surprendre le gardien de cent façons différentes. J’ai appris beaucoup de lui, surtout sur la variété des angles de tir. »

Cette capacité d’adaptation fait partie intégrante de son identité. Petit gabarit (1,73 m pour 79 kg), Caufield sait qu’il doit compenser par la rapidité, la technique et la ténacité. « On ne gagne pas une bataille avec des baguettes chinoises, » plaisante St-Louis. « Il faut un pic et une pelle. » Et Cole les manie désormais à la perfection.

Le moteur d’une équipe en reconstruction

L’impact de Caufield dépasse ses buts. En 11 matchs, le CH affiche une fiche de 8-3-0, un bond considérable par rapport à la même période l’an dernier. Quatre de ses buts ont donné les devants, deux ont créé l’égalité et trois ont scellé des victoires en prolongation.

Autrement dit, quand Caufield marque, le Canadien gagne. Et ce n’est plus seulement grâce à son tir. Son engagement défensif, sa lecture du jeu et son leadership silencieux en font désormais un pilier de la jeune formation montréalaise.

Une étoile déjà historique

À 298 matchs joués, Cole Caufield a déjà gravé son nom dans l’histoire du Tricolore. Dans un club centenaire où les bannières racontent une dynastie, ce n’est pas rien. Il rejoint, voire surpasse, des légendes qui ont bâti la mythologie du CH.

Mais ce record n’est qu’un début. À 24 ans, Caufield incarne la nouvelle ère : celle d’un hockeyeur complet, intelligent, collectif et moderne. Une étoile née à Stevens Point, Wisconsin, qui brille désormais sur le toit du Centre Bell.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis


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