SHERBROOKE – Une photographie montrant un îlot de béton installé à une intersection a provoqué de nombreuses réactions dans un groupe Facebook consacré à la politique municipale sherbrookoise. Entre les inquiétudes légitimes et les attaques personnelles, le débat a rapidement dépassé la simple question de l’aménagement routier.
Il aura suffi d’une bordure de béton surmontée d’une balise orange et noire pour relancer le débat sur le partage de la rue entre les automobilistes et les cyclistes.
La photo, publiée dans le groupe Facebook public Sherbrooke | Discussion de politique municipale et d’actualité, était accompagnée d’un commentaire ironique sur les pistes cyclables et la « guerre à l’auto ». Stéphane Bernard l’a ensuite repartagée en affirmant que les citoyens avaient le droit de s’interroger sur les aménagements financés par les fonds publics.
Plusieurs participants ont soulevé des questions concrètes. La principale concerne le déneigement. Certains se demandent comment les chasse-neige pourront contourner la structure et si celle-ci demeurera suffisamment visible lorsqu’elle sera entourée de neige.
Une personne demande ainsi comment la voirie pourra « ouvrir les rues cet hiver avec ce bloc de béton ». D’autres craignent que l’îlot complique les virages à droite ou cause des dommages aux véhicules.
Ces inquiétudes ne prouvent pas que l’aménagement est dangereux. Elles montrent toutefois que sa fonction et son entretien hivernal devraient être mieux expliqués par la Ville.

Une protection pour les cyclistes
D’autres citoyens ont défendu l’installation. Une participante rappelle que la bordure vise à empêcher les automobilistes effectuant un virage à droite de couper la trajectoire d’un cycliste.
Selon elle, l’aménagement peut sembler inutile à une personne qui ne circule jamais à vélo, mais il permet de protéger les cyclistes à une intersection où les trajectoires se croisent.
La Ville de Sherbrooke avait déjà annoncé son intention de tester des îlots de béton et des délinéateurs à certaines intersections afin de mieux séparer les voies cyclables de la circulation automobile. Ces projets avaient commencé à être planifiés avant l’arrivée de Marie-Claude Bibeau à la mairie.
Il est donc simpliste d’attribuer personnellement chaque structure à la nouvelle mairesse. Les projets municipaux passent généralement par les services techniques, le comité exécutif et le conseil municipal avant d’être réalisés.
L’administration actuelle demeure néanmoins responsable de leur mise en œuvre et devra répondre aux préoccupations de la population.
Des critiques qui dérapent
La discussion a rapidement glissé vers les insultes. Certains commentaires s’en prennent directement à l’intelligence, à l’apparence ou au sexe de la mairesse. D’autres y vont de théories diverses pour expliquer cet aménagement.
Les défenseurs des pistes cyclables ne sont pas toujours plus modérés. Quelques-uns ridiculisent les automobilistes et présentent toute inquiétude comme un refus de partager la route.
Un participant résume le malaise en rappelant que le groupe est censé être un lieu de « discussion de politique municipale », alors que plusieurs interventions se limitent à des insultes.
Les commentaires mentionnés dans cet article ont été anonymisés, même s’ils ont été publiés dans un groupe Facebook public.
Un projet à évaluer sur le terrain
Les citoyens ont raison de poser des questions sur le coût, le déneigement et la sécurité. Défendre le vélo ne signifie pas que chaque aménagement est automatiquement bien conçu. À l’inverse, une structure inhabituelle n’est pas nécessairement un gaspillage ou une déclaration de guerre aux automobilistes.
Puisqu’il s’agit d’un projet pilote, la Ville devra observer son fonctionnement, particulièrement pendant l’hiver. Si l’îlot améliore la sécurité sans compliquer inutilement la circulation et l’entretien des rues, il aura rempli son objectif. Si des problèmes apparaissent, il devra être modifié.
Le débat devrait donc porter sur les résultats plutôt que sur les insultes. Un morceau de béton peut être critiqué, défendu ou corrigé sans transformer chaque intersection en champ de bataille politique.
Sources
- Ville de Sherbrooke, communiqué du 12 mars 2025 sur la sécurisation et la connectivité du réseau cyclable.
- Ville de Sherbrooke, procès-verbal du conseil municipal du 2 juin 2026.
- Publication et commentaires publics du groupe Facebook Sherbrooke | Discussion de politique municipale et d’actualité.

